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  • [EN BREF] La danza de la realidad / Jimmy P. / Gibraltar
    larme Le cinéma d Arnaud Desplechin ce n est pas rien Loin d un auteur avec un grand A qui se prévaudrait d un regard hautain sur les gens qu il filme Desplechin est plutôt de ceux qui aiment jouer avec les gens casser les images figées et louvoyer d une idée à une autre d une émotion à une autre Et si sa culture impressionnante se ressent parfois au travers de certains dérapages intellos qui s incrustaient jusque là dans chacun de ses films sa patte de scénariste et sa subtilité de metteur en scène justifiaient pleinement sa reconnaissance critique et publique Après deux films bouleversants à plus d un titre Rois reine et Un conte de Noël le cinéaste s en est allé chez l Oncle Sam pour y adapter un livre publié par l ethnopsychanalyste Georges Deveraux qui relate la psychanalyse d un indien après la 2ème Guerre Mondiale Drôle de sujet pour Desplechin Et dès les premières scènes on s intrigue d avoir l air de se retrouver dans un ersatz de film indépendant américain tourné avec une vraie rigueur de fabrication dans le cadre comme dans la mise en espace et limité à l illustration plate de son sujet D autant qu en définitive Jimmy P se concentre sur de lents bavardages étirés sur plus de deux heures de métrage à la manière d une longue séance de psychanalyse sans que le cinéaste ne puisse y intégrer une énergie ou une richesse intrinsèque Même les acteurs ne sont pas à leur aise si Benicio Del Toro s en sort à peu près par un jeu à mi chemin entre mutisme et nonchalance Mathieu Amalric confirme être un peu à côté de la plaque dès qu il s agit pour lui de s exprimer en langue anglaise Les quelques rares instants où Desplechin tente quelque chose c est pour nous ressortir sa palette stylistique du filmage en iris jusqu à la lettre récitée en off par un acteur face caméra ici pas à sa place et plaquée sur la mise en scène sans grande nécessité Voilà bien ce qui entérine notre déception sur ce film l impression de voir un grand cinéaste désireux de poser sa patte dans un sujet de cinéma qui à bien n y réfléchir n était peut être pas à sa taille On ne peut pas dire qu on attendait Gibraltar avec une impatience des plus fortes Déjà que le passé de son réalisateur Julien Leclercq avait tout pour renvoyer nos espoirs au frigo Chrysalis et L assaut deux gros échecs mais en plus avec un sujet aussi risqué et une bande annonce qui sentait un peu trop le formatage EuropaCorp on pouvait surtout craindre le pire Heureusement un heureux rouage s est invité dans le mécanisme Abdel Raouf Dafri talentueux scénariste de Mesrine et d Un prophète habité par un vrai désir de réalisme et la volonté d investir de nouveaux territoires comme le ferait un agent undercover Sa patte se

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  • Critique : The Dark Knight Rises
    réduire en poussière un redoutable mercenaire du nom de Bane Tom Hardy d une force impressionnante et coiffé d un masque respiratoire qui le maintient en vie semble avoir pris en main l héritage de la fameuse Ligue des Ombres avec la ferme intention de concrétiser le plan de son mentor Ra s al Ghul Liam Neeson et de réduire Gotham City en cendres La ville étant de nouveau menacée de destruction Bruce Wayne n a plus d autre choix que de ressortir le costume de l homme chauve souris pour affronter Bane Seulement voilà après huit ans d absence et une fatigue qui a pris le dessus Batman n est plus ce qu il était autrefois d autant que Bane se révèle particulièrement coriace et obstiné Sans compter qu une mystérieuse femme chat derrière laquelle se cache une certaine Selina Kyle Anne Hathaway aura vite fait de compliquer les choses La première audace du traitement adopté par Nolan et ses coscénaristes a été d accentuer l échec de la figure super héroïque de la fragiliser jusqu à faire de ses souffrances la vraie moelle scénaristique de son récit Ce que l on entendait très clairement dans Batman begins prend alors tout son sens tomber pour mieux se relever Mais ici plus question d affronter ses peurs intimes ou de se livrer simplement à une énième guerre impitoyable contre le Mal La tâche sera plus difficile pour Batman affronter l échec irrémédiable qui le guette à l horizon côtoyer cette pulsion de mort que ce costume de chevalier noir tend à vouloir symboliser chez Bruce Wayne D autant que le personnage est au cœur d un dilemme qui ne lui laisse quasiment aucune porte de sortie Jugez plutôt à trop vouloir être justicier d un côté et milliardaire de l autre Wayne en oublie presque que sa richesse contribue à creuser les inégalités sociales et que Bane derrière son apparence de terroriste dénué de logique a précisément pour ambition de faire plonger Gotham City dans l anarchie en amplifiant la haine des classes aisées et en poussant le peuple à rejeter toute forme d autorité Dès lors à la suite d une lourde série d attentats la ville se retrouve coupée du reste du monde une île urbaine à la New York 1997 sans ramification vers le continent les ponts sont détruits Frappé de plein fouet par Bane qui aura tôt fait de le briser dans tous les sens du terme et autant être clair ça va parfois assez loin Wayne contemple alors le désastre qu il semble incapable d empêcher et rongé par la culpabilité s enfonce encore plus dans sa figure de martyr Le soulèvement du Mal contre le Bien a eu lieu il est temps pour lui de renverser la marche du monde On peut le dire sans avoir peur de l hyperbole Nolan envoie du très lourd avec ce troisième épisode ne serait ce qu en terme d ambition Le plus fort c est qu il gagne sur tous les tableaux bouclant la boucle avec une attention de métronome suite aux pistes narratives introduites dans les deux précédents épisodes et assurant ainsi à la saga Batman une cohérence que l on ne soupçonnait pas jusque là A force d injecter massivement du réalisme au sein d un matériau de comics propice à tous les excès le désastreux Batman Robin n est plus qu un lointain souvenir de concentrer toute son attention sur l apprentissage du statut de justicier de plaquer sur ce postulat des réflexions éthiques et sociales qui placent le spectateur dans une position délicate et de convoquer une imagerie propre aux pages les plus sombres de l actualité la patte Nolan confère à la figure de Batman tout ce dont elle avait été jusque là privée sur grand écran un ancrage définitif dans le présent une complexité qui ne se limite pas à la simple mélancolie de l existence sur ce point là Tim Burton en faisait peut être un peu trop et une mythologie qui s étend désormais vers les recoins les plus forts de la mémoire cinéphile Preuve en est les nombreuses scènes de foule où la lutte des classes puise son énergie et où le spectre du Metropolis de Fritz Lang hante de nombreux plans surtout celui d une rue où les flics désarmés avancent face à l ennemi dans un mouvement quasi mécanique Plus encore Nolan n a pas peur de déranger son audience au delà de la violence inouïe de certaines scènes The Dark Knight Rises enfonce le clou de l ambiguïté relative au précédent volet qu un certain nombre de critiques n avaient pas hésité à taxer d œuvre fasciste en raison de son final et de l obsession sécuritaire qu il mettait en scène on se souvient qu un Patriot Act on line avait servi à stopper les agissements d un Joker nihiliste Ne pas croire que l ambiguïté va être levée c est même tout le contraire aidée par un scénario qui abuse des tournures et des ruptures avec un brio rarissime elle en sort renforcée à la seule différence de taille que le spectateur ne sait plus à quoi se raccrocher Toutes les frontières qu elles soient morales politiques ou sociales sont en train de s embraser ce qui témoigne davantage d une réelle vision auteuriste que d un énième point de vue engagé d un côté ou de l autre On le soulignait déjà à l époque du génial Memento et cela se confirme au centuple avec ce nouveau film Nolan n aime rien d autre que les êtres torturés taraudés par une obsession qui les hante et les affaiblit et qui doivent désormais briser la glace la signification du tout premier plan du film et dépasser leurs limites pour remonter vers la lumière Histoire de compliquer encore les choses les scénaristes ont réservé ce traitement pour la totalité du casting tous les personnages du film se révèlent à triple sens leurs zones d

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  • Critique : Dark Shadows (Tim Burton)
    prendre en compte cette pression identitaire de manière inattendue Dark Shadows tente ainsi de se structurer autour de multiples déchirements mentaux La différence son acceptation au monde et surtout l acceptation de soi même traversent l œuvre de Burton Les thèmes répondent présent ici et marquent clairement la filiation avec l auteur d Edward Aux Mains D Argent Ecrit par Seth Grahame Smith auteur d Orgueil Préjugés Et Zombies ou Abraham Lincoln Chasseur De Vampires le script empile les personnages touchant aux notions d apparence et de refoulement de soi Il en va naturellement du héros Barnabas Collins gentilhomme du XVIIIème transformé en vampire par un maléfice Enterré vivant pendant deux siècles il retrouve une famille au bord du gouffre et va essayer de la sauver de la ruine Une mission qu il s assigne avec l obligation d exempter son caractère monstrueux Le souci de Dark Shadows est que cette ligne narrative si simple n arrive même pas être respectée Complètement bloqué dans ses manières antédiluviennes Barnabas est juste incapable de donner le change Grahame Smith semble trop apprécier d utiliser ce mécanisme d humour anachronique pour se brider en la matière Or cet humour bien qu efficace ne fait que semer un grain de sable dans des rouages si prometteurs Par cette fixation sur l aspect comique l exploration de la personnalité de Barnabas devient tout de suite plus précaire Le concept du personnage refoulant sa nature pour s assurer la réussite se perd ainsi en route et une partie de la saveur du film s évanouit avec lui Alors certes Burton nous épargne les manœuvres pour renier la nature du vampire Point donc de tour de passe passe scénaristique façon prédateur végétarien La seule tentative pour éluder définitivement le problème se solde même par un monumental échec Mais malgré cela on ne verra jamais vraiment le déchirement d un personnage partagé entre différents instincts Barnabas s excuse bien auprès de ses victimes et déclame que chacun de ses meurtres porte atteinte à son âme Toutefois tout ceci est exclamé avec la même inflexion que les élucubrations comiques Déjà que traduire des états d âme de cette manière est un procédé ingrat ce ton maladroit empêche le propos de fonctionner pleinement Un souci d épanouissement s étendant logiquement à tout le reste des personnages Car à l exception de l innocent enfant aucun ne se montre apte à assumer sa part sombre D une psychiatre incapable de résoudre ses propres angoisses à un père indigne et cupide le film dépeint des êtres qui au contact de Barnabas quittent leurs archétypes pour exprimer ce qu ils sont au fond d eux Un processus intéressant et assurant le respect à la forme épisodique du soap d origine mais qui se montre phénoménalement expéditif Enjeux et choix sont bazardés sans ménagement assurant au film son côté inachevé Difficile ainsi de sentir que le personnage de Michelle Pfeiffer a des pulsions meurtrières dignes de son aïeul Prête à tuer Barnabas lorsqu elle

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  • Critique : Dark Star (John Carpenter)
    âneries Pour ne rien arranger on constate même que la technologie est loin d être au point en effet les instruments du vaisseau tombent très souvent en panne y compris ceux qui servent à maintenir le corps du commandant mourant en cryogénisation et que les bombes parlantes non ceci n est pas une erreur de frappe ont tendance à jouer les têtes de mule quand on leur demande d exploser avant l heure initialement prévue On s en doute bien cette folle histoire de l espace ne sera pas empreinte d une tonalité dépressive mais d un authentique humour de potache Mais autant l avouer on sera pris d emblée d un gros doute en redécouvrant aujourd hui ce premier film de John Carpenter l humour provient il du contenu parodique d un scénario qui tend à démythifier les voyages intersidéraux ou du look bricolé d un long métrage fabriqué avec des bouts de ficelles Un peu des deux à vrai dire Si le film se révèle gavé de clins d œil l influence de Kubrick période Docteur Folamour et 2001 se fait clairement ressentir au détour de plusieurs scènes la plus évocatrice étant celle où un robot bombe récalcitrant interrogé par l un des astronautes sur le sens de son existence bon la réflexion métaphysique n ira pas non plus très loin se met à citer Descartes alors que son compte à rebours menace de faire exploser tout le vaisseau Même chose lorsqu un membre de l équipage coincé dans un ascenseur tape sur un bouton d appel à l aide et se retrouve avec du Gioacchino Rossini en fond sonore ou lorsque le commandant de bord bien que congelé évoque le souvenir de l équipe de base ball de Brooklyn en pleine situation d urgence Ce vaste théâtre de l absurde tend parfois à évoquer les œuvres d Ionesco ou de Beckett on pense parfois à un dérivé spatial du célèbre En attendant Godot mais comme on l évoquait plus haut le décalage qui le parcourt du début à la fin impose un double niveau de lecture Il est certes permis de dénicher une dose aiguë de burlesque et de tragédie dans cette vision inédite des héros de l espace ici réduits à une poignée de prolétaires à la dérive lâchés dans le vide spatial par leurs employeurs exposés à un matériel potentiellement dangereux et chargés de nettoyer l espace en atomisant des planètes jugées instables cette notion n est ici pas très bien définie d ailleurs Mais c est dans sa fabrication même que Dark Star expose bien qu involontairement tout son cachet parodique et artisanal lequel se révèle parfaitement adapté à la situation précaire et peu probante des protagonistes Témoignages à l appui le documentaire Let there be light présent sur le Blu Ray revient avec précision sur l aventure du tournage prévu pour une poignée de semaines et finalement étiré sur quatre années mais aussi sur le talent de l équipe à avoir su transcender

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  • Critique : The Deep Blue Sea
    de leurs cuisses nues les unes contre les autres audible malgré la musique qui continue et déjà au delà de l instant déjà dans la nostalgie d un amour dont on nous a laissé entendre très tôt qu il connaîtrait de graves tumultes C est dans cette légère distanciation que tient la manifestation de la présence du cinéaste comme organisateur du drame à y bien réfléchir The deep blue Sea comporte beaucoup de longues scènes empreintes d une sécheresse peu répandue dans le traitement de ce genre d histoires sentimentales Dans l économie des plans la largeur des cadrages qui isolent les corps des amants on perçoit l omniscience du raconteur qui sait la relation sans lendemain La séquence où Freddie revient d un week end de golf et retrouve une Hester à peine remise de sa tentative de suicide dont il ne sait encore rien est d une intensité admirable et offre un grand moment d émotion terrible à seulement un tiers du métrage C est dans de tels blocs émotionnels dans de pareilles scènes en temps réel que l on saisit à quel point tout n est affaire ici que de mouvements intérieurs Des mouvements de l âme perceptibles avec une clarté inhabituelle au sein de cette séquence du retour de Freddie ils sont au moins au nombre de trois chez Hester Parce que Freddie a oublié de lui souhaiter son anniversaire pendant son absence quelque chose s est brisé en elle et la mélancolie la conscience de la finitude de leur relation a pris le dessus Lorsqu il l étreint devant la fenêtre voilà qu elle s abandonne à nouveau à lui paraît tout oublier Mais il suffit qu il trouve une lettre d adieux qu elle avait rédigée avant la tentative de suicide pour que l on change à nouveau de registre au sein de la même séquence pour qu un nouveau mouvement de l âme s esquisse La restitution de l altération des perceptions par le trouble amoureux justifie également la temporalité ambiguë du film celui ci s ouvre sur la tentative de suicide d Hester alors qu elle vit déjà chez Freddie puis revient à une scène chez Sir William pour en venir au soir qui semble être celui de la rencontre avec Freddie et où pourtant les amants ont déjà une conversation passionnée qui laisse entendre que la relation dure déjà depuis un moment La perte de repères de l héroïne trouve une expression narrative dans la succession pêle mêle de courtes scènes que l on ne sait tout à fait remettre dans l ordre chronologique si tant est qu il le faille la recherche du soutien d un prêtre les souvenirs d une belle mère perspicace et jugeante qui la poussait à bout lorsqu elle pensait à quitter son mari Le point auquel on revient à plusieurs reprises est en quelque sorte le plus bas de la trajectoire d Hester celui où son statut de femme divorcée dans l après guerre avec les difficultés financières et le logement modeste qui vont avec et son spleen sont plus frappants que jamais Ce moment où Hester est au bord du gouffre résolue à mourir semble figurer la mélancolie qui aspire tout ce qui l a précédée et suivie comme un tourbillon et la fait plonger dans la mer bleue et profonde du titre l expression between the Devil and the deep blue sea faisant référence à une situation de dilemme insurmontable Cette abysse intérieure était d ailleurs magnifiquement représentée dans les premières images du film qui montraient une mystérieuse forme bleue tandis que la voix off d Hester confiait son envie de mourir presque en un murmure On n est pas loin des voix off inquiètes et sublimes du Tree of Life de Malick 2011 Quant à la mélancolie elle ne souffre pas d un manque de désir mais d une trop grande lucidité comme le rappelait très bien Lars Von Trier dans Melancholia 2011 Dans le simple fait qu il ait oublié de lui souhaiter son anniversaire Hester perçoit tout d un coup ce qui coince dans sa relation avec Freddie l amour qu ils éprouvent l un pour l autre est inégal Elle est désormais consciente du fait qu il y aura toujours entre eux même dans l étreinte la plus passionnée un gouffre auquel elle ne pourra rien tout simplement parce qu il faudra pour ça qu il l aime plus ou qu elle l aime moins Impossible Comme elle le dira plus tard à son ex mari Freddie est tout pour elle le sommet de la vie mais aussi de la mort Freddie n a lui que lui même à lui offrir comme il lui expliquera sa présence son corps en quelque sorte vidé d un esprit qui semble perdu dans ses souvenirs encore si intenses de la guerre Le cadre historique est justement une autre dimension qui détermine la nature des rapports entre les trois personnages centraux On a déjà évoqué la rigidité des mœurs qui étouffe Hester mais le spectre de la guerre est encore bien présent Ancien pilote de la Royal Air Force Freddie est un esprit libre qui vit au présent sans censurer ses émotions et qui refuse dit il à Hester d être prisonnier des sentiments des autres Fatalement le geste désespéré de son amante le prend au dépourvu le confronte à une expérience émotionnelle trop forte pour lui trop proche de celle de la guerre Plus grave encore elle le choque par le peu de valeur qu Hester semble accorder à la vie en voulant de la retirer bien des amis à lui sont morts à la guerre sans l avoir décidé eux Pour Hester aussi la guerre est peut être demeurée une période encore proche où tout pouvait prendre fin d un jour à l autre C est du moins ce que suggère la belle séquence dans le métro où l espace temps se voit autant troublé que le personnage on revient pendant

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  • Critique : Deep end (Jerzy Skolimowski)
    y déceler comme il se doit le motif essentiel qui caractérise cette fin des années 1960 et ces seventies qui commencent tout juste la jeunesse en bute à l ordre social établi Skolimowski aura la décence de ne pas enfoncer le clou tout au long du métrage En vrai plasticien il n aura pas à le faire la forme toute entière de son œuvre exprime à elle seule la rage de la jeunesse la volonté de fuir un réel trop morne et l excès d un désir pourtant à peine naissant Le jeune homme est tout juste présenté au gérant des bains publics de l East End londonien dans lesquels il est embauché que voilà déjà des couleurs vives qui viennent barioler l écran monopoliser son attention et la nôtre Pour le moment celles ci ne doivent qu aux seuls cheveux plus oranges que roux de Jane Asher alors connue du grand public pour être la compagne de Paul McCartney à la ville qui prête ses traits à Susan la nouvelle collègue de Mike A mesure que l adolescent réservé nourrira une passion pour la jeune femme libérée à la fois provocante et fuyante les excès visuels se feront toujours plus étourdissants Et ce sont bien les rêveries de Mike qui dénotent de manière toujours plus certaine une obsession dévorante bien éloignée des émois naïfs que l on prêterait à quelqu un de son âge qui nous offriront les plus beaux moments de poésie visuelle du film Ainsi celui ci allie sans problème la liberté les excès passionnés des mœurs de son jeune protagoniste et la maîtrise avec laquelle le cinéaste les retranscrit en une forme visuelle fascinante et souveraine Si la forme colle autant au fond c est qu elle saisit un décor qui paraît lui même refléter les émotions du personnage Le cadre en question est presque uniquement réduit à ces bains publics dans lesquels Mike et Susan tiennent les cabines privées où des clients viennent faire leur toilette Ce n est pas vraiment prévu dans le règlement mais Susan le pose comme acquis dès qu elle explique le fonctionnement de la maison à Mike apporter à un e client e une serviette ou tel shampoing peut être propice à quelques minutes de plaisir et permettre d empocher un pourboire Bien vite les bains prennent des allures de maison close de fortune Et chaque porte paraît renfermer pour l adolescent une nouvelle expérimentation une nouvelle étape dans sa découverte plus ou moins facile du désir pas forcément le sien celui des autres aussi On pense à Fellini et en particulier à Amarcord 1974 lorsque surgit une cinquantenaire peroxydée aux formes plus que généreuses Diana Dors qui à la faveur de l atmosphère surchauffée brutalise Mike en s abandonnant à ses fantasmes criant des noms de joueurs de football pour se croire dans un vestiaire Skolimowski nous offrira d autres scènes mémorables au parfum de scandale face auxquelles nous nous trouveront déstabilisé partagé entre l amusement et la gêne

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  • Critique : Demolition Man
    de rediffusions sur la TNT dont la majorité des répliques et des scènes restent gravés dans les mémoires de tous ceux qui ont précieusement conservé leurs neurones d enfant dans un caisson cryogénique Un caisson dans lequel finissent donc les deux plus grands dangers des années 90 d un côté John Spartan Sylvester Stallone flic bourrin et adepte de la méthode forte davantage porté sur le langage fleuri que sur le débat constructif et de l autre Simon Phoenix Wesley Snipes psychopathe peroxydé et impitoyable pour qui la seule règle semble être de foutre la merde partout où ça lui chante dans la joie et la bonne humeur A l issue d une scène d ouverture musclée au cœur d un Hollywood dévoré par les flammes et les graffitis le deuxième est arrêté pour être condamné à finir le restant de ses jours dans un congélateur mais vu que le premier a fait une petite bourde oh rien de bien grave une trentaine de civils innocents sont morts par sa faute il va devenir son glaçon de compagnie Et quand les deux se réveillent dans un futur où la violence a laissé place à la gentillesse la plus vomitive que l on puisse imaginer on imagine déjà les dégâts que ces deux éléphants vont produire dans ce paisible magasin de porcelaine Car oui dans un univers futuriste où l agressivité physique est désormais bannie et incontrôlable il faut y voir un flic énoncer ne pas être formé pour faire face à ce genre de violence et où dire le mot de Cambronne est encore plus grave que de griller un feu rouge il n y a rien à attendre sinon le retour au chaos total seul rempart au puritanisme ambiant ici personnifié par un scientifique aux allures de gourou évangéliste Avec tout cela on pouvait attendre un actionner fun à la sauce Joel Silver lequel n est autre que le producteur de la chose voire même un film d anticipation enragé et bien virulent à la sauce George Orwell lequel est d ailleurs cité plus d une fois Au lieu de quoi on ne saura jamais trop pourquoi il a sans doute dû se passer la même chose que dans Brazil un cafard est très certainement tombé dans la machine à écrire du scénariste ce qui a transformé le mot actionner en déconneur Ainsi donc si Demolition Man prend soin de débuter comme n importe quel actionner manichéen dopé à la testostétone une scène d ouverture sans grande originalité il se détourne très vite de sa voie d origine pour virer dans la satire socioculturelle la plus décontractée certes moins trash et provocatrice que du Verhoeven mais tout aussi fendarde D ailleurs en regardant le générique de début nul doute que l on doit cette approche décalée et originale au scénariste Daniel Waters un type détesté des critiques pour son mauvais goût récurrent dans un grand nombre de productions de l époque on lui doit le script de Ford Farlane

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  • Critique : Le dernier rempart (Kim Jee-Woon)
    fidèle à son instinct pour s entourer de réalisateurs apte à le mettre en valeur En l occurrence il ne pouvait rêver mieux que le cinéaste coréen Kim Jee Woon Pourtant le choix de ce brillant cinéaste évoque une ombre du passé assez douloureuse En soit le projet est rêvé pour Kim Jee Woon Le Dernier Rempart équivaut à un pur western moderne Schwarzenegger est le shérif d une petite ville frontalière Un trafiquant de drogue en fuite va passer par sa ville pour rejoindre le Mexique Schwarzy et son équipe d adjoints sont les seuls à pouvoir l arrêter Son affection pour le western Jee Woon l a déclamé avec Le Bon La Brute Et Le Cinglé Investir le territoire américain avec Le Dernier Rempart est donc une aubaine puisqu il lui permet de s approprier directement à la source cette imagerie du genre Un génial réalisateur asiatique débarquant sur le sol américain pour tourner une version contemporaine des westerns nourrissant sa passion cela rappelle John Woo et son Broken Arrow La démarche de Kim Jee Woon n est en effet pas bien différente de celle de Woo Vu comment ce dernier se cassa les dents sur ce film il y avait des craintes de voir le même schéma se reproduire Le souci de Broken Arrow provenait justement de son ambition et de sa difficulté à justifier la résurrection des codes du western Dans un monde moderne où règne la haute technologie il est en effet inconcevable de reproduire telles quelles certaines ficelles narratives liées à une époque révolue Le résultat donnait lieu à un scénario laborieux dans son exécution et gangréné de scènes plombantes justifiant chaque situation Et ce même constat s impose sur Le Dernier Rempart heureusement dans une moindre mesure La problématique se concentre sur la sous intrigue avec le baron de la drogue incarné par Eduardo Noriega Celle ci concentre toutes les explications inhérentes à l accomplissement de la partie western On le verra donc à bord de son super bolide semer les cadors du FBI et leur arsenal de surveillance high tech Une poursuite décortiquant avec détails pourquoi la modernité va devoir céder la place à la méthode old school Fidèle à la mode actuelle cette partie va donc apporter une raison d être au moindre élément le plus insignifiant soit il et ajouter au passage une complexité absolument inutile la présence de l agent véreux En soit l importance accordée à cet angle de l histoire n est pas complètement dénué de raison Il s agit bien sûr de donner un minimum de présence à ce méchant peu exceptionnel il faut l admettre et de faire ressentir le danger qu il incarne Ce désir d amplifier une menace annoncée façon Le Train Sifflera Trois Fois prend néanmoins une place exagérée et démolit une grande part du rythme Mais lorsque le western est pleinement investit le bonheur n est pas loin Même sur ce point néanmoins on pourrait trouver des choses à redire Il

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