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  • Analyse : Dragons : L'Amitié Interdite
    hors champ pour s intéresser à la réaction du dragon Celui ci change alors totalement d attitude les yeux menaçant se font ronds les oreilles se redressent il s assoit et observe Harold Deuxième tentative pour Harold qui tend une nouvelle fois le poisson vers Toothless Les animateurs choisissent cette fois un geste plus assuré plus calme car effectué avec les deux mains tel un cadeau qu Harold s apprête à offrir Toujours méfiant le dragon s approche Pour la première fois Harold et Toothless sont réunis dans une entente cordiale le cadre est large la caméra observe de manière encore distante ce premier contact entre les deux personnages imprimant à peine la marche du dragon au gré d un très léger pano vers la gauche Il s agit là de traduire un premier accomplissement dans l amitié naissante du duo tout en évoquant le chemin restant à faire pour la concrétiser Toothless est proche du poisson ouvre une gueule ne laissant apparaître aucune dent ce qui surprend Harold Après tout la furie nocturne c est la race à laquelle il appartient est censée être un dragon surpuissant et extrêmement dangereux pour les vikings Toothless finira certes par dévorer le poisson à vitesse grand V après avoir sorti les canines qu il possédait il y a là une dualité qui était à la fois inconnue des humains de la diégèse et de nous mêmes Tout ce que l on croyait pour acquis est donc à remettre en cause par Harold le premier Toothless repousse Harold jusqu à ce qu un rocher le bloque C est sa seule option face à une apparente menace contre laquelle il n a plus la moindre possibilité de défense Les cadres se resserrent la caméra emboîte le pas des personnages en se déplaçant continuellement de la droite vers la gauche Légère contre plongée lorsqu Harold notre référent fait face à son opposant légère plongée quand il devient la victime potentielle Une impression de prédateur face à sa proie qui se révèle très vite faussée par un Toothless dont la seule intention était donc de régurgiter une partie de son repas Là aussi le dragon nous surprend et nous rappelle que nous ne comprenons pas encore totalement l animal Autre accomplissement une nouvelle fois le découpage fait intervenir un plan neutre réunissant les deux personnages bien que l un soit clairement observé par l autre 1 Une différence notable le cadre est plus serré que dans le précédent cas On se rapproche de la finalité de la séquence et le comportement de Toothless le prouve Outre un recul indiquant à Harold qu il ne désire pas lui faire du mal les animateurs ont eu l excellente idée de lui faire adopter une position assise qui d une part humanise l animal par effet d anthropomorphisme d autre part le place en position d observateur du fait de sa taille imposante en opposition à la position allongée et recroquevillée de son vis à vis Un observateur qui visiblement attend quelque chose de précis Ce que la mise en scène nous fait comprendre Harold ne le perçoit pas instantanément Il lui faut un geste du dragon pour interpréter ce que ce dernier attend de lui Pendant près d une minute vont se succéder des champ contrechamps qui épousent l angle de vision des deux protagonistes les séparant autant à l image qu ils semblent prêt à se réunir à tout instant C est là tout l enjeu de la séquence l unification Une thématique fondamentale du film puisque sur elle reposent entre autres la relation entre Harold et son père ainsi que la résolution du combat final sans l aide de dragons domestiqués la défaite est inévitable A la manière de cette demande Harold doit apprendre à saisir ce que veut Toothless pour arriver à ses fins Dans un premier temps comprendre qu il doit manger le poisson 2 et 3 puis avaler sa bouchée 4 Chose qui semble plaire à Toothless qui tente de reproduire le sourire d Harold 5 comme pour afficher sa satisfaction à la manière du jeune garçon On peut déduire ici que si ce dernier ne se révèle pas très clairvoyant quant aux envies de Toothless une nouvelle fois sa main tendue se soldera par la colère du dragon lui au contraire affiche sa connaissance de l humain Une nouvelle facette de l animal qui souvenons nous en voyait la mort approcher sitôt l arrivée d Harold lorsqu il était encore coincé dans ses filets En colère Toothless s éloigne significativement d Harold en rejoignant l extrémité droite du cadre à l arrière plan brûle le sol pour se faire un endroit qu il juge vraisemblablement plus confortable ainsi bien que ces flammes puissent aussi traduire une certaine frustration Le son qu émet Toothless à cet instant là tout comme son regard corroborent cela Pour la première fois le dragon est positionné sur le côté gauche du cadre A droite le point condamne la bête au flou et met en évidence un oiseau dont le son capte l attention de Toothless Bascule de point l oiseau s envole effectue une sortie de champ par la gauche du cadre Oreilles levées et yeux ronds Toothless est pris d attention pour l oisillon dont l envolée ne lui évoque rien d autre que cette liberté qui lui a été enlevée Pour rappel sa queue a été littéralement coupée en deux suite à sa lourde chute en début de métrage Une nouvelle fois Toothless est contrarié par la présence d Harold ce que les cinéastes traduisent par un plan réunissant encore de façon soudaine et imprévisible les deux personnages Là ou une entrée de champ d Harold aurait peut être eu moins d impact en ce sens Toothless est blasé et n a même plus envie de s éloigner de nouveau du garçon Si celui ci ne le comprend pas il n est de toute façon pas dangereux Une énième fois Harold fait une tentative d

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  • Critique / Test Blu-Ray : Dreamscape (Joseph Ruben)
    s oriente autour d un petit génie de la télépathie Dennis Quaid sollicité par deux hommes désireux d utiliser ses pouvoirs à des fins très opposées d un côté un scientifique bienveillant Max von Sydow qui souhaite aider des patients dérangés par des rêves menaçants de l autre un technocrate vicieux Christopher Plummer qui organise un complot visant un Président américain victime de terribles cauchemars Si l on ajoute à cela les prémices d une love story avec une jolie doctoresse Kate Capshaw et un parti pris de scénario qui lorgne ouvertement du côté des Griffes de la nuit notons que l un des scénaristes Chuck Russell sera le futur réalisateur du troisième film sur Freddy Krueger on se rend vite compte que le film brasse trop d éléments disparates pour privilégier l approche onirique de son sujet Pour le coup s immerger au cœur des rêves promis par le synopsis et l affiche ne représentera ici qu un petit quart d heure sur tout le métrage le tout débordant d une audace graphique plus que limitée Par exemple si l on peut sauver un cauchemar enfantin qui évoque parfois un sous Poltergeist et un rêve final qui multiplie à loisir les ambiances colorimétriques le reste pue le standard vieillot du psychédélisme en terme de mise en scène cette dernière se limitant à enchaîner les transparences hideuses à donner au synthétiseur de Maurice Jarre le statut de terroriste de la bande son et à abuser des courtes focales mal fichues avec effet de floutage sur les bords de l image excusez du peu Le summum sera atteint avec la très célèbre scène de rêve érotique dans le compartiment d un train qui plus est shootée comme du David Hamilton avec un petit solo de saxophone pour faire joli Face à un univers aussi kitsch qui a pris un vilain coup de vieux même le simple fait d entendre Dennis Quaid sortir d un rêve en hurlant C était si réel ne réussit désormais plus qu à nous dérider les zygomatiques Le reste du film entre un Christopher Plummer qui surjoue le salaud de service regard perçant posture robotisée voix menaçante et petit sourire narquois une poursuite à moto complètement hors sujet et des références pompières pré glasnost se mange le mur à chaque nouvelle tentative barrée par manque de maîtrise et de cohérence Aussi improbable qu inévitablement vieillot Dreamscape se revisionne aujourd hui comme un film pop corn atrocement ban c al surchargé d acteurs cabotins et de promesses non tenues Toutefois on pourra lui reconnaître une aura de plaisir coupable chez les ados geeks de l époque ne serait ce que pour voir un Dennis Quaid encore jeunot derrière son sourire Colgate il venait tout juste de finir Les dents de la mer 3 et une sublime Kate Capshaw qui dévoilait ses charmes peu avant de dragouiller Indiana Jones et d occuper le poste permanent d épouse de Steven Spielberg Sans parler d une version française assez hilarante au

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  • Critique : Drive (Nicolas Winding Refn)
    un océan aux vagues déchaînées la lumière d un phare qui fait presque figure de sonar sur un décor ressemblant à un terrain de chasse une caméra HD qui capte de façon sidérante les variations d ombre et de lumière Et enfin dès que le héros passe un ultime coup de fil déterminant à jamais son destin Refn se contente de le cadrer de dos totalement immobile face à un vaste parking aux étages superposés où plusieurs voitures se confrontent dans des sens opposés Une façon d exprimer la multiplicité des possibilités qui s offrent à lui même si au fond de lui la route à prendre est désormais choisie et invariable Le protagoniste de Drive est à lui seul un livre ouvert et fermé une opacité à part entière que l époustouflant Ryan Gosling déjà considéré il y a quelques années comme l un des plus grands espoirs du cinéma hollywoodien épouse avec une aisance quasi surnaturelle Son personnage est donc empreint d une puissante dualité jeune garagiste au nom inconnu accessoirement cascadeur pour le cinéma en raison de ses incroyables facultés de conducteur il est aussi un pilote monnayant ses services à la mafia pour des opérations nocturnes à très gros risque Le temps d une séquence d ouverture absolument inoubliable où se déroule un entrepôt par deux malfrats ainsi que leur fuite dans la voiture du pilote les règles sont fixées une fenêtre de cinq minutes d attente durant le casse puis une démonstration de furtivité assez sidérante pour échapper aux forces de police lâchées à ses trousses Par le biais d une remarquable idée de mise en scène une fuite en voiture avec en fond sonore le déroulement d un match sportif qui conditionne chaque improvisation sur le trajet et d un cadre qui isole le protagoniste dans la maîtrise absolue de son élément dans sa voiture il est toujours filmé soit de profil soit à travers le rétroviseur interne le cinéaste filme avant tout un être qui utilise les éléments qui s offrent à lui pour défier le cours des choses Avec si l on observe bien une caractérisation au delà du mystérieux ne laissant filtrer que peu d indications sur son passé et son avenir Un dialogue nous met d ailleurs au parfum sur ses débuts de garagiste tout comme l indique son mentor Shannon joué par Bryan Cranston héros de la série Breaking bad il semble qu il ait débarqué d un seul coup comme ça sans que l on sache d où il venait exactement comme One Eye personnage mutique et central de Valhalla Rising débarquait dans le récit sans aucune explication tel un mystère fascinant En définitive à la manière du Samouraï ce protagoniste se révèle éminemment melvillien à la fois mutique dans ses expressions et schizophrène dans son mode de fonctionnement quasiment autiste à tout ce qui l entoure n existant que pour mener à bien sa mission et dont les règles de conduite vont plus ou moins voler en éclats dès lors qu un grain de sable s invite dans le mécanisme Un joli grain de sable néanmoins Irene Carey Mulligan jeune et jolie serveuse qui dissimule son anxiété maladive derrière une infinie douceur vivant une existence assez morne en compagnie de son fils Dès lors que le héros semble très attaché à cette jeune femme et décide de lui cacher sa véritable activité le soupçon d une love story impossible entre ces deux univers opposés semble s installer avec tout ce que cela suppose de passages obligés Et voilà que Refn casse assez finalement la règle le mari d Irene Oscar Isaac sort de prison au bout d une demi heure ce qui place le héros dans une optique d ange protecteur désireux de veiller sur l harmonie de cette petite famille désormais recomposée Une harmonie qui s éteint évidemment très vite à la suite de plusieurs coups de théâtre successifs leur vie est menacée et alors que la mafia et les truands sortent leurs menaces et leurs flingues notre pilote également menacé de mort se lance dans une vendetta impitoyable Pour traduire ce revirement interne le cinéaste se contente de jouer sur les motifs visuels et les schémas émotionnels le héros porte un blouson blanc orné d un scorpion jaune qui devient de plus en plus rouge au fil des scènes ses actions sont moins limitées par l improvisation que par une planification extrême des événements Il y a en outre un second aspect bien plus intriguant qui prend davantage d importance au cours de cette deuxième partie à savoir l idée du masque porté par le héros à chacune des cascades qu il effectue sur les tournages de scènes d action Une idée qui renvoie évidemment à Bronson où le héros utilisait le masque et la création aussi bien comme une pure expression artistique que comme une façon de rappeler au spectateur la frontière entre réalité et fiction Un être qui se cherche une identité par le déguisement et qui dans Drive utilise le déguisement au profit de sa vengeance afin de masquer sa vraie identité aux yeux du monde Une identité qu il masque du début à la fin cela dit tant on ne saura jamais précisément ce qui se passe dans sa tête une fois encore l opacité du jeu de Ryan Gosling épate à tous les niveaux et cette ambiguïté se voit également renforcée et exprimée par la bande son du film absolument électrique alternant des plages atmosphériques de Cliff Martinez compositeur attitré de Steven Soderbergh avec des tubes électro pop qui sidèrent par leur musicalité hypnotique et dont les paroles reflètent assez bien les états d âme du personnage Reste une question que l on est en droit de se poser avec Drive Nicolas Winding Refn fait il du cinéma globalement plus accessible Oui à la seule différence que cette idée d un film plus grand public ne le prive en aucun cas de sa patte originale et lui permet de s

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  • Analyse : Driven (Renny Harlin)
    est juste présenté comme un ancien chien fou des circuits Ces scènes coupées explorent un peu plus le passé ombrageux du personnage Il n est pas juste un type qui a foutu en l air sa carrière professionnelle mais un être complètement brisé par les mauvais choix qu il a fait On peut ainsi retrouver la vraie thématique du film à savoir un vieux briscard qui va tenter de se reconstruire en passant le relais à un jeune Le sujet est tout à fait Stallonien dans l âme A l instar de ses Rocky l acteur scénariste s interroge sur le succès et ses revers Il déclame certes son discours avec naïveté mais trouve dedans une justesse de ton tout à fait touchante Sauf que la production ne semble pas très à l aise avec l idée de faire un film sur un pépé qui va nous déballer ses états d âme pendant deux heures Bien qu il conserve son nom en haut de l affiche le personnage de Stallone s avère au bout du compte drastiquement mis en retrait Le film préfère finalement miser sur le triangle amoureux constitué par la jeune garde du casting La production a tellement pris à cœur de mettre en avant ses stars juvéniles qu elle a carrément éradiqué la sous intrigue romantique entre Stallone et une journaliste adieu donc la poétique scène de drague où on utilise une queue de billard comme vecteur sexuel L intrigue laisse désormais toute latitude à ses trois piètres comédiens Difficile de savoir qui se surpasse dans l incompétence entre l endive Kip Pardue sa prestation nous fait interroger sur les raisons qu aurait Roger Avary pour le vouloir absolument dans son adaptation de Glamorama le mono expressif Til Schweiger et une Estella Warren qui ne sait définitivement rien faire de plus que la plante verte Un beau trio de têtards qui de toute façon n aurait même pas pu changer la donne en nous octroyant un jeu de qualité En effet la ligne narrative dans laquelle ils sont prisonniers est tellement médiocre qu une bonne interprétation n y changerait rien En minimisant le point de vu du sage ancien le parcours et les choix de ses jeunes n a aucun intérêt La force de cette partie de l histoire ne pouvait se mesurer qu à l aune de la description du mentor Celle ci indiquait clairement les risques auxquels se frottaient les personnages et mettait en perspective l importance de leurs choix Dénué de contrepoint tout ceci ne s avère qu une énième guimauve gnangnan et horripilante La fin originale montrait un Stallone roulant dans un vieux tacot loin des circuits et en paix avec lui même grâce à ce qu il a pu apporter à la nouvelle génération La fin retenue le montre sur podium entrain de se faire asperger de mousseux en compagnie des deux autres idiots On n est plus vraiment dans le même genre On assiste à l exécution d une politique du

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  • Critique : Le Drôle De Noël De Scrooge (Robert Zemeckis)
    viendrait mettre à mal l esprit et l identité de l histoire originale on oublie littéralement le fond pour apprécier ce qui s avère être l essentiel dans le cas présent Un mal pour un bien qui fera passer la performance capture comme gage absolu de qualité Le réalisateur le dit lui même seule l imagination de l auteur constitue une limite à ce procédé qui tendait à l époque à se démocratiser ce que le futur Secret de la licorne de Steven Spielberg réussira peut être Et après l ultra épique La légende de Beowulf et peu avant le chef d œuvre de James Cameron on ne pouvait que prendre un pied monstrueux en s imaginant quels récits pourraient y être adaptés dans le futur les capacités démontrées dans le cas présent sonnant comme une évidence absolue A l époque d Apparences ou même de Contact Robert Zemeckis se plaisait déjà à multiplier les mouvements de caméra virtuoses annihilant toute contrainte physique et faisant du même coup de sa caméra un point de vue réellement omnipotent à savoir le sien Le cinéma virtuel autre nom donné à la performance capture lui offre depuis Le pôle express cette liberté totale à laquelle il aspirait alors et la toute relative timidité de sa mise en scène dans le film précité est désormais bien loin C est bien simple le bonhomme s amuse comme un fou avec sa caméra qui n en est pas une au sens communément accepté et défie les lois de la prise de vue avec une rare ingéniosité De ce plan séquence aérien où l objectif se permet un rapide arrêt à l intérieur d une vitre ni plus ni moins nous présentant le Londres du milieu du XIXème siècle à un autre à hauteur d homme et où l on traverse une foule pour stopper notre course devant un Ebenezer Scrooge esseulé Le drôle de Noël de Scrooge s autorise dés lors des partis pris de mise en scène simplement hallucinants Le tout avec une cohérence narrative absolue comme lors de la visite du fantôme des Noëls passés où l antihéros étouffé par d insupportables souvenirs se voit traduite à l image par un plan séquence de plus de dix minutes dans lequel la caméra multiplie les mouvements avec une grâce à peine croyable au gré d apparitions et de disparitions de personnages quand ce n est pas simplement l architecture qui y est totalement renouvelée en temps réel En l état c est purement orgasmique les idées visuelles foisonnant sans nous laisser le moindre répit On se prend même à se demander si le cinéaste fait consciemment sien un passage du The lodger d Alfred Hitchcock film muet dans lequel ce dernier représentait visuellement les bruits de pas qu entendaient les personnes se trouvant à l étage en dessous En termes de point de vue littéralement divin c est un hommage justifié que constituerait la venue du fantôme des Noëls présents Quand bien même le découpage

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  • [EN BREF] Du plomb dans la tête (Walter Hill)
    Volontairement ou non le film de Walter Hill porte encore pas mal la patte de Kramer Cela se ressent tout particulièrement par rapport à un côté barjo probablement hérité de la BD Dans Du Plomb Dans La Tête on cherche donc des dossiers sur lesquels sont tamponnés d énormes preuve on obtient n importe quelle information grâce à un téléphone magique et on visite un bal masqué gentiment décalé Bien sûr on retrouve également des éléments plus proches de la filmo de Hill entre une dynamique de buddy movie héritée de 48 Heures ou Double Détente et un combat final à la hache renvoyant à celui des Rues De Feu A défaut d être transcendant cet alliage entre une ambiance autre à la Kramer et un spectacle brutal à la Hill donne une saveur appréciable au film Les ambitions de ce dernier demeurent modestes mais le soin de Hill à exploiter cette humilité débouche sur une mise en images solide Du Plomb Dans La Tête est en ce sens bien l anachronisme attendu Les possibilités technologiques actuelles permettant de concrétiser les visions les plus fantastiques on ne compte plus les productions pratiquant un processus de toujours plus grand sans s assumer Avec une modeste durée de quatre vingt dix minutes Du Plomb Dans La Tête revendique son maigre potentiel l intrigue est simpliste au possible et assure de faire bien avec peu Par exemple son contexte urbain est sommaire mais la caméra de Hill capte bien l ambiance de la Nouvelle Orléans avec une musique jazzy aguicheuse Il transmet tout ce plaisir à voir Stallone démolir des bad guys avec un charisme ravageur avant de s engueuler avec son comparse Il est d ailleurs regrettable que ces scènes d action soient aussi ratées Le découpage de tels passages a toujours

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  • Critique : The Duke of Burgundy (Peter Strickland)
    l emprise de pulsions dominatrices C est du moins ce que laisse entendre la scène d ouverture Parce que tout de suite après les véritables rôles sont alors révélés Cynthia accepte d exécuter quotidiennement ce rituel SM sur ordre d Evelyn elle même qui est en réalité sa compagne et qui tire son plaisir du simple fait d être dominée par la femme de sa vie Ce revirement installe d emblée un paradoxe sadien sur la mécanique interrelationnelle du couple qui domine qui comme si le dominant et le dominé inversaient ou fusionnaient leurs rôles sans pour autant s allonger réciproquement sur le divan pas de psychologie ici Si l on s en tient à la grammaire récurrente de la relation SM tel qu elle fut souvent exploitée au cinéma cet amour semble bâti sur un schéma de jeux de rôles qui ne fonctionnerait qu au travers des bascules de statuts et de tempéraments afin de pimenter la relation et d installer de l imprévu Or c est plutôt l inverse qui semble se produire l union entre Cynthia et Evelyn est ici liée par des codes souvent invariables qu il s agit de reproduire au quotidien avec des punitions sans cesse appliquées remarque vexante sur le résultat d une lessive enfermement dans une caisse en métal pendant une nuit entière etc Et comme les deux femmes aspirent chacune à des envies et des désirs très différents leur relation s en retrouve fragilisée Etant plus âgée une vingtaine d années de plus que sa compagne Cynthia se fatigue vite de ces petits jeux érotiques et rêve d une vie plus tranquille tandis qu Evelyn n hésite jamais à la pousser plus loin pour satisfaire son propre plaisir et inventer de nouvelles punitions D où un dangereux point de rupture qui s installe en douceur au fil des séquences opérant un processus de répétition narrative qui envoûte là où il aurait pu exaspérer On se permet d insister sur ce point la répétition de ces rituels sadomasochistes ne fait en aucun cas du film un objet filmique qui tournerait à vide En effet chaque répétition vise à enrichir la précédente par l ajout d un nouveau détail en général un élément perturbateur qui menace alors de dérégler la mécanique Par analogie on peut y voir un lien avec l approche de Bela Tarr sur Le cheval de Turin qui remodelait de façon maline chacune des sept parties de sa narration afin de créer une progression et de rendre sa conclusion aussi terrible que lumineuse Ici si la relation SM tend à se fragiliser à force de dupliquer les mêmes rituels d excitation le découpage élaboré par Strickland produit paradoxalement l effet opposé sur le spectateur faisant d abord monter l extase par l installation de petites ruptures imprévues jusqu à favoriser la prédominance de l émotion lorsque les deux femmes mettent enfin cartes sur table Le cinéaste va même plus loin en osant des symboles et des mises en parallèle qui

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  • Analyse : S21 / Duch : Le Cinéma de Rithy Panh
    ce plan fixe nocturne sur le centre S21 où l éclairage des couloirs et les quelques personnes qui y grouillent tels des fourmis donnent l impression que cet endroit vient de rouvrir ses portes de redevenir ce qu il était auparavant Suprême audace que de simuler la réactivation d un passé enfoui qui hante encore la mémoire collective et qui par l intermédiaire du dialogue et de la reconstitution renvoie désormais une image très précise de ce qu il convenu d appeler la terreur On en profitera pour constater que les premiers plans du film avaient déjà créé une terreur sourde renforcée par l inquiétante bande sonore qui se superpose à un champ révolutionnaire de l époque mais Panh choisit judicieusement de l inclure en tête du film pour se concentrer ensuite sur des données purement physiques des visages des gestes des attitudes des regards Les anciens bourreaux consultent des archives et reproduisent à l identique leurs gestes et leurs attitudes de l époque avec une rare précision L autre idée majeure du film réside dans son côté plein cette façon de peupler le dispositif scénique par un amas d informations exhumées le nombre de photos des victimes est hallucinant ou de décors encore empreints du spectre du passé les couloirs délabrés du S21 que les intervenants parcourent dans un mouvement de va et vient incessant fait aussi naître une autre forme de terreur en confrontant des êtres vieillissants à leur image du passé Ou comment élaborer un contact direct avec le souvenir On notera ici que les bourreaux encore vivants sont relativement jeunes à peine la quarantaine et que leur position d époque était celle d adolescents pris au piège d une logique destructrice élaborée par un régime fanatique qui les utilisait comme de la pâte à modeler Parmi les révélations autour de leur fonction dans le S21 toutes procurent le même choc En voici une un ancien interrogateur raconte avec une franchise déconcertante le désir sexuel que lui et ses collègues pouvaient parfois éprouver pour certaines femmes ennemies au point de se livrer sur elles à d ignobles attouchements ou de les éliminer sans raison l amour pour une ennemie du régime étant alors interdit la frustration se transformait en mélange de haine et de colère Et que dire de ces méthodes de torture dont on peine à croire qu elles aient pu naître dans l esprit d un être humain Au bout du compte plus la vérité se cristallise autour de cet engrenage meurtrier moins on ne sait quoi penser ou comment réagir On est figé par la peur et l angoisse pour ainsi dire Le simple fait de pénétrer dans une salle où les murs sont ornés d une mosaïque de photos celles des victimes procure même une vive émotion que l on n avait sans doute pas ressentie depuis Nuit et brouillard d Alain Resnais Et on ne peut oublier la fin du film dans le S21 un homme se tient encore dans une salle près d un tas de débris sans doute à la recherche d autres preuves qui feraient office de témoignage Puis un plan de l ancienne salle de détention à travers laquelle le vent se met à balayer la poussière qui traîne Un plan presque aussi glaçant que le silence qui règne alors sur ce terrible lieu de mort d autant que ce silence reste plus évocateur que jamais il y a encore tant de choses à dire de vérités à révéler d informations à délivrer Autant dire que l on sort totalement sidéré de cette expérience de cinéma unique Les deux derniers plans du film toujours des vérités à extraire des gravats et un vent qui balaye la poussière dans une salle où règne désormais un silence de mort On le sait désormais le but secret de l Angkar surnom donné au parti des Khmers Rouges parti fondé par l endoctrinement des plus jeunes était de détruire physiquement la pensée jusqu à ce qu elle ne soit plus que poussière et au travers de son cinéma Rithy Panh s est donc attaché à retrouver cette poussière pour en extraire les images du passé C était ce que l avant dernier plan de S21 illustrait en montrant un homme accroupi près d un tas de gravats dans lequel il trouve un bouton de chemise Mais dans S21 on l a vu précédemment l objectif était de remettre les geôliers et les victimes dans une même situation de communion à propos du passé terrifiant qui continuent de les hanter D où cette idée de demander à chacune de mimer et de rejouer le même programme de mort tels des zombies au système interne invariable presque possédés Cette fois ci après avoir côtoyé les bras de l Angkar c est à dire ceux qui ont été instrumentalisés Rithy Panh se penche donc sur le cerveau Kaing Guek Eav dit Duch ancien professeur de mathématiques réputé pour sa culture et son intelligence qui dirigea la prison M13 pendant 4 ans c est là que fut détenu le célèbre anthropologue François Bizot avant d être nommé à la tête du S21 Un monstre toujours bien vivant détenu en prison depuis son interpellation dans un village cambodgien en 1999 et condamné depuis peu à la perpétuité pour crimes contre l humanité Un homme qui assis devant un vaste bureau se tient face au cinéaste Rithy Panh qui restera muet et invisible pendant tout le film et face aux documents d archive désormais prêt à rendre des comptes sur tous ses crimes Cela induit alors un changement de dispositif pour le film Duch le cinéaste filme cet homme longtemps avant son procès dans une pièce sobre et nue où ce dernier lit à haute voie des slogans propagandistes de l Angkar explore son engagement politique et raconte inlassablement son vécu de haut dirigeant au sein du parti Et surtout il n est plus question d un pacte collectif entre des rescapés d un régime criminel comme cela

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