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  • Courte-Focale.fr : Analyse de Légionnaire
    possible de mettre sur pied de gigantesques constructions mas cela n empêche pas de bâtir intégralement le fort qui servira de décor central dans la deuxième moitié du film Il n y a pas de quoi faire des scènes d action avec des milliers ou juste des centaines de figurants mais on tire le meilleur parti de la cinquantaine dont on dispose Bref il y a une certaine attention par rapport aux capacités techniques de la production qui conduisent à apprécier par instants ce spectacle où de magnifiques plaines désertiques se dévoilent en cinémascope Le problème du film tient définitivement en un manque de talent En même temps que pouvions nous attendre du réalisateur Peter MacDonald A la seule évocation de son nom on a tout de suite à l esprit Rambo III ce monument d action nanar à base de missiles dans le cul et de lumière bleue qui fait du bleu Il faut rappeler que ses premiers pas de metteur en scène furent improvisés suite au désistement tardif de Russell Mulcahy Jusqu alors MacDonald n était que réalisateur de seconde équipe et ce sont ces circonstances particulières qui l ont promu au rang supérieur C est d ailleurs en tant que réalisateur de seconde équipe qu il rencontrera Van Damme sur l agréable Cavale Sans Issue Les deux hommes sympathiseront MacDonald participera d ailleurs à la production du Grand Tournoi et Van Damme y verra le candidat parfait pour soutenir un projet ambitieux comme Légionnaire Or l acteur n a pas trop compris en quoi pouvait consister le travail d un réalisateur de seconde équipe Ce dernier est un prolongement du metteur en scène N ayant pas le temps de s occuper de l intégralité des prises de vues celui ci délègue la tâche à quelqu un d autre Il lui communique sa vision ce qu il souhaite pour la scène de manière plus ou moins précise et le laisse la tourner Ce partage se déroule généralement au niveau des scènes d action dont le caractère potentiellement dangereux nécessite des compétences techniques très précises qui peuvent échapper à un réalisateur classique En ce sens le réalisateur de seconde équipe revêt une tâche d exécutant au service du réalisateur de première équipe Il doit se conformer à ses choix afin de maintenir la cohérence artistique de l ensemble On peut considérer que Peter MacDonald est un bon réalisateur de seconde équipe au vu d une filmographie bien remplie parmi laquelle on compte L Empire Contre Attaque Excalibur ou Batman et du fait que malgré son âge avancé il soit toujours très actif dans le métier il a participé récemment à Percy Jackson et à plusieurs Harry Potter Mais il lui manque une vision d ensemble un regard artistique Sans directive à suivre il se montre incapable de savoir comment composer une scène et la filmer pour conter une histoire En résulte que Légionnaire malgré un certain prestige visuel ne ravit guère la rétine et ennuie même par celle ci

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  • Critique : Leviathan (Andreï Zviaghintsev)
    Roma Sergueï Pokhodaev et qui investit un paysage paisible voit son quotidien bouleversé par les souhaits du maire du village l intransigeant Vadim Cheleviat Roman Madianov de l exproprier afin de réaliser un projet urbanistique Or l enjeu de départ aux allures de combat pour la propriété soulève un engrenage de péripéties dont le personnage principal ne peut s extirper La venue intrusive d un ami avocat moscovite Dmitri Vladimir Vdovitchenkov ne fera que renforcer par un verbiage auto satisfait prétendant ridiculement canaliser les dérives locales l isolement du personnage principal dans l impasse de sa propre incapacité face à la puissance des forces en présence L ENNEMI BICÉPHALE ET INVINCIBLE Andreï Zviaghinstev dresse un portrait féroce de la Russie actuelle gangrenée par la corruption et les injustices L oppression que confère Léviathan provient bel et bien de cette sensation de ne jamais se sentir libre d agir d aller et venir de vivre simplement sans se confronter à l œil invisible de l Etat Où est véritablement l Etat Entité insaisissable il se manifeste ici dans toutes les strates de la vie quotidienne Ainsi la politique locale en l occurrence est représentée par une pluralité d agents qui transportent la conception autoritaire et indiscutable de la souveraineté étatique en témoigne la lecture du jugement fait à Kolia si rapide qu il nous est impossible de tout saisir et énoncé au cours d un travelling avant dont la lenteur et la longueur appuient la radicalité de la décision arbitraire Il incorpore aussi pleinement ce montre mécanique qui au terme d une lutte implacable mais perdue d avance hache la maison de Kolia à la fin du film Mais la politique est dépassée par une influence plus large qui trouve un terrain tristement favorable en Russie mais qui déborde de ce cadre géographique pour diluer un écho plus vaste qui rejoint certains aspects théoriques de la conception du monopole de la violence légitime telle qu elle est appliquée dans le monde entier C est grâce à cette dimension mythologique que Léviathan s impose comme un grand film politique dans lequel la politique précisément appliquée dans un cas particulier s efface sous l universalité du politique au masculin Or Léviathan tire également sa bravoure d une dénonciation des liens qui unissent pouvoir politique et pouvoir religieux dans une même initiative de corruption Où est il ce Dieu miséricordieux demande un Kolia amoindri en fin de parcours N en reste t il que des ruines à l image de cette chapelle délabrée dans laquelle il trouve refuge Si l ennemi est si puissant c est bien parce qu il est bicéphale et les agents respectifs du politique et du religieux avance d un commun accord dans une quête éternelle de pouvoir illimité qui a tracé l histoire récente de la Russie L influence du religieux dans la ligne de mire de Zviaghintsev est soulevée et dénoncée dans une scène finale qui applique le même procédé que la scène du jugement de Kolia un

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  • Critique : La ligue des justiciers - Le trône de l'Atlantide (Ethan Spaulding)
    la meilleure version possible par l exploitation de leurs spécificités sans se préoccuper de ce qui a été ou de ce qui sera Or c est bien sur ce point que Le Trône De L Atlantide se tire une balle dans le pied Au lieu de se concentrer entièrement sur Aquaman le scénario se construit sur une écriture télévisuelle cherchant perpétuellement à s équilibrer entre ses personnages Ils font tous partie d un projet commun et il ne s agirait pas d en dévaloriser un par rapport à l autre Chacun mérite d être entretenu et il est totalement inconcevable qu un seul des personnages disparaisse d une aventure à l autre Le script pense toujours à rappeler des éléments des épisodes précédents ou à glisser des indices à propos des suivants Autant de choses nécessaires dans un plan à vaste échelle mais extrêmement gênant au niveau d un film Ainsi a t on droit à plusieurs passages autour de Cyborg et de sa difficulté à appréhender sa nouvelle condition mi homme mi machine Des scènes pouvant être plaisantes isolément mais tellement déconnectées de l intrigue principale qu elles la ralentissent plutôt que de l enrichir Il en va également de la romance entre Superman et Wonder Woman sans la moindre utilité si ce n est d introduire cet aspect pour un futur film On pourra certes rétorquer que la dite romance était déjà présente dans la bande dessinée Mais cela ne fait justement que marquer les différences de fonctionnement entre les deux médias ce genre d insertion s acceptant plus facilement dans le neuvième art que dans le septième Et encore on pourra avancer que l écriture feuilletonesque de Geoff Johns pour Justice League est loin d être un modèle à suivre Si le tome Le Trône D Atlantide est relativement épargné ses histoires souvent prometteuses se vautrent dans des développements brouillons et s éparpillent de sous intrigue en sous intrigue Ça ne l empêche pas d avoir par moments de bonnes idées que l adaptation aurait gagné à conserver Dans le comic par exemple Cyborg acceptait de sacrifier son poumon l un des derniers organes le rattachant à son ancien corps humain pour le remplacer par un artificiel lui permettant de secourir ses compagnons dans les profondeurs de l océan Un sacrifice donnant du poids au personnage tout en participant à la dynamique narrative et qui sera totalement omis du film son poumon est remplacé au début de l histoire sans explication Pour autant le film est capable par instant d avancer des idées pertinentes C est tout particulièrement le cas de la scène d ouverture où un sous marin est coulé par des guerriers atlantes Il s agit là d un véritable hommage au Abyss de James Cameron permettant tout à la fois d entretenir une aura mystérieuse autour de la civilisation atlante et d appuyer l authentique menace que peut constituer le monde de la surface pour celui des profondeurs Ce genre d idée efficace est

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  • Critique : Lincoln (Steven Spielberg)
    de structure similaire Etudié par Spielberg depuis la fin des années 90 le projet Lincoln passa par plusieurs étapes John Logan livra un premier scénario centré sur la relation entre Lincoln et le leader abolitionniste Frederick Douglass Paul Webb réécrira le script pour qu il couvre tout le mandat présidentiel de Lincoln Insatisfait Spielberg demande à ce que l on fasse machine arrière Tony Kushner s emploiera alors à condenser l action sur une période bien précise de la vie de Lincoln Un choix fordien donc si ce n est qu il porte sur l événement pour lequel Lincoln restera connu dans l Histoire l adoption du 13ème amendement instituant l abolition de l esclavage Au procès limite anodin de Vers Sa Destinée Lincoln opte pour l épisode majeur En soit cela est un choix logique afin de mieux cerner son personnage puisque proposant ici des liens directs et clairs entre sa pensée et ses actions Une perspective rapprochée passant par un décryptage du jeu politique Qui dit politique dit idéologie et toutes les annexes qui vont avec hypocrisie immoralité une juste dose de suffisance Pour un film censé parler d une des grandes étapes de l histoire américaine Spielberg et Kushner prennent toute la mesure d inclure ces notions Par certains aspects on aura ainsi presque un guide sur l art d acheter des voix de faire pression sur des personnes pour se les mettre dans sa poche et de décrédibiliser son adversaire par un bon mot Le verbe est une arme et les nombreux débats du long métrage en sont la démonstration En un sens il pourrait apparaître déplorable chez un cinéaste comme Spielberg de privilégier un verbiage aussi brillant soit il au détriment de la notion du visuel Après tout c est un peu cette noblesse du beau discours qui avait fait sombrer Amistad comprenant néanmoins une poignée de scènes où le cinéaste se reprend en main Le projet Lincoln ayant pris germe au lendemain de cette déconfiture nul doute qu il fut immédiatement pensé de ne pas reproduire les mêmes erreurs Ce qui est fait par un usage de découpage et de photographie plus pointilleux que jamais pour éviter de s engoncer dans un académisme à la Ron Howard Il en va de même pour un casting dépassant le stade du festival des barbes et postiches tel qu il fut proposé dans la bande annonce On retiendra forcément en premier lieu la prestation de Daniel Day Lewis dont la profondeur atteint le stade de l hypnotique Une véritable mystification en parfaite adéquation avec le personnage historique Par ce va et vient entre le public et le privé Spielberg peut donc faire ressortir la grandeur de l homme et avec lucidité mentionner son ambiguïté Lincoln et ses conseillers en font la démonstration constante ils sont de brillants stratèges Mais leurs stratégies passent par l usage intensif du mensonge de la manipulation et par certains aspects de l oppression Attablé pour une sempiternelle réunion Lincoln l admet peut

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  • Courte-Focale.fr : Critique de Litvinenko
    que prévu preuve en est les débats analytiques entourant la sortie de chaque nouveau film signé Michael Moore Ce qu il est néanmoins possible d analyser c est comment l enquêteur s y prend pour élaborer son point de vue subjectif et en ce qui concerne le film de Nekrassov il va y avoir fort à dire La scène d ouverture est déjà édifiante de facilité pour poser les bases d une menace indescriptible d abord un simple plan en caméra portée épiant la silhouette de Litvinenko dans son salon à quoi bon si ce n est pour surligner la présence d une ombre menaçante sur cet homme et juste après Nekrassov qui filme la découverte du cambriolage de sa propre maison pendant son absence tiens avait il une caméra vidéo au moment des faits Ce qui s achève par une phrase clé du réalisateur Ce film est mon témoignage Une phrase dont la sincérité et l engagement n ont pas à être remis en question mais qui pèse malgré tout sur le reste du métrage En effet la suite s inscrit dans une logique similaire quelques images d archives sur les terribles attentats de Moscou en 1999 et les exactions militaires en Tchétchénie quelques gros plans de femmes en pleurs et de cadavres d enfants et juste après ce cher Nekrassov en train de présenter un documentaire sur cette intervention lors d un débat public où sont captées les réactions du public Des moments comme ceux là il y en a beaucoup durant tout le film et l on en retiendra quelques exemples la main de Nekrassov posé sur le pied de Litvinenko dans son lit de chevet au moment où ce dernier agonise la démarche consistant à ne retenir que des points de vue convergeant vers une seule version des faits celle du cinéaste ou encore plus simplement cette façon de ponctuer chaque interview par un plan du réalisateur en train de réagir à leurs questions Pourquoi ces images posent un réel problème Parce qu au lieu de se concentrer sur les accusations lancées par Litvinenko elles tendent plutôt à illustrer une enquête sur ces faits et ainsi ne se focalisent que sur l homme qui les recense Avec surtout pour point d orgue du projet un réalisateur face à son sujet Litvinenko et entièrement acquis à sa cause ce qui pousse alors Nekrassov à baser son enquête sur les seuls dires de son interlocuteur nul doute qu il ne devait pas être le seul à nourrir des soupçons sur le FSB Dès lors si l on s en tient au pur devoir d objectivité d un documentaire le film apparait parfois douteux d autant plus qu il donne in fine à Litvinenko une figure de martyr pour le moins embarrassante Des procédés qui ne sont pas sans rappeler un certain cinéma hollywoodien que le combat de Litvinenko suffirait à inspirer pour nourrir un énième scénario de thriller d espionnage à vocation contestataire Problématique sur le plan du

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  • Critique : Livide (Alexandre Bustillo & Julien Maury)
    que le cambriolage va mal tourner d autre part parce que le film s avère assez imprévisible dans sa deuxième moitié Que l introduction du film soit un poil trop longue et surligneuse d intentions n est paradoxalement pas un problème tout comme cela pouvait être le cas dans A l intérieur les réals prennent le temps de poser leur atmosphère de créer une similarité avec leurs personnages Le cadre de la Bretagne extrêmement bien exploité dans la première demi heure merci à la photo signée Laurent Barès renoue avec le fantastique suggestif des giallos italiens comme avec la beauté esthétique de certains essais français récents comme Derrière les murs Le tandem Maury Bustillo semble travailler le cinéma en esthètes dont la mise en scène et les fulgurances esthétiques suffiraient en principe à donner chair aux sentiments de leurs personnages ce qui n est pas du tout pour déplaire Afin de laisser libre cours à leurs innombrables idées et de faire en sorte que tout puisse tenir en un seul récit d à peine 1h30 les deux cinéastes construisent leur récit comme un pur exercice de style à la fois esthétique et sensitif débutant par une narration épurée et très linéaire pour ensuite dès l instant où le cambriolage de la maison tourne au désastre sanglant osciller vers une narration onirique que n aurait pas renié le Christophe Gans de Silent Hill Du coup Livide devient une sorte d hydre à deux têtes dont on ne sait jamais trop si la réunion de ces deux entités distinctes serait vraiment nécessaire ne serait ce parce que l atmosphère brumeuse du film se répercute sur les enjeux dramatiques au point de donner au film des allures de cauchemar tour à tour doucereux et terrifiant Le cambriolage de la maison très progressif et suivi quasiment en temps réel avec un montage qui limite les coupes autant que possible est ainsi à double tranchant on a d abord l impression d être dans un train fantôme insidieux et adroitement pensé où les rebondissements inattendus et les giclées gore clouent le spectateur à son siège puis de basculer dans une autre dimension où s opère une inquiétante valse des temporalités La présence de quelques flashbacks pour le plupart très bien amenés déballent une beauté esthétique souvent faramineuse voir la superbe envolée de la jeune ballerine vampire dans les airs mais n installent pas forcément un lien direct avec le parcours de l héroïne seul réceptacle intimiste des réminiscences de la tragédie qui s est déroulée entre ces murs Cette façon de donner à l héroïne le simple rôle du regard du spectateur vite dérouté par le basculement narratif du récit constitue la principale faiblesse du film et ne donne au public qu une présence passive Même chose lors d un final rappelant très fortement celui de Blade 2 où les idées visuelles des deux réalisateurs semblent un peu trop plaquées sur l intrigue sans que cela soit justifié Côté interprétation c est aussi un peu

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  • Analyse : Le Locataire (Roman Polanski)
    delà du raisonnable se fera la signature ultime d un cinéaste pour le coup réellement démoniaque lequel déroule son intrigue à la manière d une boucle infernale L ENFER DU QUOTIDIEN Tout dans Le locataire contribue à déformer le monde réel sans que l on sache précisément si cela découle d une folie interne l immeuble prend très vite des allures de décor mental ou de complot souterrain On notera cependant que cette rupture n intervient qu à un moment clé le décès de la précédente locataire Simone Choule et ses obsèques dans une église où la présence même de Trelkovsky passe pour un détail incongru Pourquoi est il là alors qu il ne connait pas la défunte A moins qu il ne veuille à tout prix se faire passer pour un proche aux yeux de la belle Stella Isabelle Adjani avec qui il va entretenir une liaison C est ce détail qui signe l entrée du protagoniste dans un espace d incertitudes d entrée marqué par le basculement du discours apaisé d un prêtre vers le sordide Ton corps se putréfiera jusque dans ses moindres replis et répandra une puanteur infecte La suite du processus sera tristement logique Trelkovsky ne voyant dans chaque micro détail du quotidien qu une manifestation de l hostilité qu on lui porte ou qu il croit qu on lui porte avec tout ce que cela peut comporter de signes potentiellement maléfiques comme ce fut le cas dans Rosemary s baby Les détails ne manquent pas pour enfermer Trelkovsky dans une telle spirale de folie son appartement n a rien d un habitat paisible et rassurant sol grinçant conduites d eau bruyantes salle de bain délabrée la lucarne des WC communs se trouve juste en face de sa fenêtre du coup tout l immeuble semble l observer avec méfiance et immobilité le titre d un livre sur les momies lui évoque le corps couvert de bandelettes de Simone Choule une publicité très bizarre pour la peinture Lure semble le suivre un peu partout dans ses déplacements en ville et le simple fait de voir des ouvriers réparer la verrière brisée par la chute de la défunte lui fait croire aux préparatifs de son futur suicide Plus le film avance plus Trelkovsky perd autant pied que nous d autant que les questions laissées sans réponses se multiplient à loisir Qu est il réellement arrivé à l ancienne locataire de l appartement Qui est cet homme étrange joué par le compositeur Philippe Sarde qui observe le héros à la sortie d un cinéma avec un regard méchant Qui a cambriolé l appartement de Trelkovsky et dans quel but Pourquoi ce dernier retrouve t il une dent humaine encastrée dans un trou de mur Qui a ramassé ses ordures dans l escalier Pourquoi cette pauvre Mme Gardérian et sa petite fille infirme sont elles persécutées par des pétitions signées par les locataires de l immeuble Pourquoi la concierge jouée par Shelley Winters est elle aussi froide Pourquoi le

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  • Critique : Les Lois De L'Attraction (Roger Avary)
    en déroulement et soudain l image se fige et le film se rembobine Ceci jusqu à un embranchement antérieur pour finir par réenclencher la marche avant sur les pas d un autre personnage que l on n avait pas forcément remarqué Dès cette intro fracassante le principe même du film est établi tout sera affaire de trajectoires parallèles ou croisées d intrigues individuelles qui se croisent sans jamais fusionner de points de vue autonomes qui se confrontent les uns aux autres sans épouser la même perception ou la même vision des choses Le cadre de l université ne pouvait que refléter idéalement ce puzzle éclaté un lieu où les désirs et les destins s éparpillent ici et là où chaque micro événement est source d une sous intrigue potentielle où chacun tente de s adapter sans réussir toujours à se forger une singularité En un sens Les lois de l attraction pourrait passer pour un film choral surtout si l on mesure sa virtuosité à la simple mise en scène d Avary toujours prompte à passer d un personnage à un autre sans oublier de traiter tout le monde sur un pied d égalité En effet même lorsqu un personnage n intervient que l espace d un plan ou d une scène y compris en arrière plan la caméra d Avary réussit à lui conférer une présence et une dimension tragique les personnages étant par essence déconnectés les uns des autres et contraints de se heurter sans jamais fusionner Et c est également à travers ce schéma narratif que le cinéaste réussit encore plus à épouser parfaitement l écriture déstructurée de Bret Easton Ellis Pour le reste il est intéressant de constater que ce qu Avary fait subir au teen movie n est pas si éloigné de ce que lui et Tarantino avaient offert à la culture pulp dans Pulp fiction et True romance Bien au delà de la simple satire sociale sur une jeunesse paumée qui foncerait droit dans le mur Avary capte plusieurs histoires qui en se rencontrant à des articulations précises du récit offrent de nouvelles perspectives sur l action qu elles avaient mis un point d orgue à dérouler De façon plus globale le cinéaste fait ressentir par ses images et son montage la frustration et les angoisses d une génération fluctuante fonçant d une chose vers une autre n attachant que trop peu d intérêt à ce qui se déroule aux alentours puisque le regard une fois fixé sur une chose en particulier élabore un espace temps qui isole l élément souhaité et exclut tout le reste A titre d exemple on citera le désir de Lauren Shannyn Sossamon pour un autre adolescent parti en voyage qu elle imagine être son petit ami la certitude de Sean James Van Der Beek que les lettres d amour reçues dans sa boîte aux lettres proviennent de Lauren ou encore l aveuglement de Paul Ian Somerhalder sûr et certain de pouvoir rendre Sean fou de lui en étant le plus entreprenant possible Des illusions on s en doute puisque les désirs aussi sincères et puissants soient ils sont toujours là pour fausser les perceptions Les lois de l attraction promises par le titre résident donc dans la succession de trois actions contact interaction abandon Dans la scène d ouverture Sean aperçoit une jolie blonde près d une table de billard se lance avec elle dans une séance de drague bizarre tous deux se demandent s ils ne se connaissent pas déjà s ils n ont pas déjà baisé ensemble la ramène chez elle la baise vigoureusement les deux se séparent fin de la scène Audace suprême que de vouloir faire d une telle forme de détachement le moteur narratif du film qu ils soient seuls ou nombreux qu ils soient conscients ou pris dans un état second et bien qu ils puissent forger un lien à travers des rites orgies méga teufs bouffes au restaurant des lieux chambres couloirs salles de classe ou des démarches gestes langages ambitions tous les personnages sont isolés Et l espace temps délimité par Avary contribue de façon paradoxale à faciliter l infiltration du spectateur dans leur esprit comme dans leur psyché aidé par une voix off qui n en finit plus d éclater les points de vue Les personnages semblent alors se complaire dans l indifférence se détacher des autres et se replier sur soi même ce qui rejoint du même coup l expérience des drogues omniprésentes durant tout le film L acte qu il soit social sexuel ou autre n est plus le fruit d une réelle volonté de la part d un protagoniste mais une simple idée qui surgit du cortex dans un but objectif de satisfaction de l instant présent Ce qu Avary filme et réussit à faire ressentir c est aussi ça cet instant où la pensée et les actes ne sont plus en adéquation et évoluent chacun de leur côté sans lien réel Et le détachement en question finit par se répercuter sur tout le film par de nombreuses audaces filmiques audace d une narration qui compose un puzzle dramatique dont les ficelles semblent sans cesse nous échapper audace d un montage qui ose inclure des coupes brutales entre différents morceaux de musique voir la scène de danse dans la chambre d hôtel entre les deux gays et bousculer le rythme par des accélérations soudaines grande scène du film le récit ultra speed du voyage d un étudiant à travers l Europe audace d une mise en scène qui use et abuse des effets de style sans autre intention que de souligner la fluctuation interne qui habite ses personnages Du coup puisque la communication n a plus réellement d emprise sur le déroulement des choses il ne reste que l indifférence au mieux ou la violence au pire Une violence dont on ne s étonnera absolument qu elle se manifeste dès que le souhait de reconnaissance aboutit à un échec et en cela la dernière demi heure

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