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  • Critique : Minuscule (Thomas Szabo & Hélène Giraud)
    ailleurs une toute petite coccinelle égarée suite à une vilaine taquinerie par des mouches lors de sa vengeance tardive le cadre la rendra bien plus grande qu elles en jouant à nouveau sur les échelles et recueillie par une escouade de fourmis ouvrières lesquelles tentent de transporter sur leur dos une boîte à sucres celle du pique nique avorté jusqu à leur fourmilière enchaînant les péripéties sur leur chemin dont un lézard qui parait aussi énorme et flippant que le T Rex de Jurassic Park tout en affrontant une armada de fourmis rouges bien vicieuses Un récit qui installe donc le gigantisme et l épique là où ils ne semblent jamais être possibles Et comme souvent dans ce genre de parti pris les variations d échelle confèrent un autre relief aux objets du quotidien lesquels sont alors revisités sous un angle à la fois cocasse et décalé lors de l incroyable assaut final de la fourmilière les piques en bois deviennent des javelots les fusées pétards sont utilisées comme canons l utilité d un coton tige rejoint celle d un projectile et on utilise même les cachets effervescents d aspirine pour foutre la trouille chez l ennemi plongez les dans une rivière qui entoure la fourmilière ça fait son effet Sur le plan technique le principe de la série télévisée résidait dans un tournage en prises de vue réelles au sein de décors naturels dans lesquels étaient incrustés de petits personnages animés en 3D Là dessus si le film tranche avec l approche de studios comme Pixar 1001 pattes ou DreamWorks FourmiZ c est surtout parce qu il réfute le choix de l anthropomorphisme dans son approche de la 3D à l exception des yeux ronds des personnages dont l expressivité a été quelque peu poussée vers le cartoon mais sans excès problématique la faune insecte est ici décrite avec un saisissant réalisme biologique à des années lumière du look vaguement humain adopté par tant de films d animation hollywoodiens Plus fort encore pas une seule ligne de dialogue au menu juste une série de bruitages de grésillements et de bourdonnements infiniment plus savoureux d où le film tire sans surprise une large partie de son humour dévastateur Car oui loin de n être qu un émerveillement visuel et sonore Minuscule ne néglige en rien le chatouillement des zygomatiques Un humour sans parole mais jamais muet qui de par le statut privilégié offert au cadre et à la spatialisation rejoint parfois l efficacité démente du cinéma muet fondé en grande partie sur le comique de situation et l apport de la bande son Cette dernière touche d ailleurs ici au faramineux au delà des idées de bruitages qui déploient une brillante analogie avec le monde des humains un appel de fourmi assimilé au bruit d un télégraphe les gesticulations d insectes volants renvoyant au brouhaha d un réseau routier etc la partition symphonique de Hervé Lavandier décuple l émotion de chaque scène et suscite le même gonflement de cœur que

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  • Critique : Miss Hokusai (Keiichi Hara)
    simplicité Le plus impressionnant Que cette synthèse de thématiques qu est le film épouse à merveille le principal propos de ce dernier le même que Keiichi Hara n a jamais cessé de véhiculer depuis Un été avec Coo l accomplissement l élévation par le ressenti par un rapport spirituel au monde qui nous entoure Apprends en ressentant les choses disait d ailleurs Pura Pura à Makoto dans Colorful Seul bémol du film justement cette question du ressenti étouffé ici et là dans ce premier visionnage par son ambition Mais par sa galerie de personnages fascinants O Ei en premier lieu bien sûr mais aussi et surtout Nao sa petite sœur aveugle sa musique envoûtante ses envolées lyriques sublime séquence explorant les sens et aboutissant à une vision ressentie de La grande vague de Kanagawa la grâce de sa réalisation ville et personnages sont parmi les plus incarnés de cette année et cent autres choses encore Miss Hokusai est une œuvre d une poésie absolue dont le pouvoir d attraction agit encore bien après la projection Et dans le cadre de ce festival d Annecy où les films se succèdent à une vitesse folle il est un film insaisissable sur lequel écrire confine au sacerdoce Soyez en sûrs nous en reparlerons plus longuement d ici sa sortie en salles ou en blu ray Guillaume Lasvigne Si Miss Hokusai ne se comporte pas comme les biopics auxquels nous sommes habitués ne tissant pas de véritable fil narratif s il y a fluidité narrative et thématiques fortes qui se croisent le fil qui orchestrerait le tout à des fins précises est largement diffus c est que son entreprise est plus haute et ambitieuse Keiichi Hara nous donne à voir et ressentir le monde comme le font les disciples d Hokusai et les artistes postérieurs qu il a inspirés Il dresse par cette occasion le portrait de l idéal de l artiste au Japon Là où le génie se dévoile c est qu il le fait en partie grâce au personnage de la petite sœur aveugle à la santé délicate sans jamais en faire le sujet principal de l œuvre Ainsi les dissonances familiales ne feront que passer devant notre champ de vision sans conséquences sur le récit On perçoit donc l environnement de Nao la plus jeune Hokusai on s attache comme sa grande sœur à ce petit bout de chou rieur mais on ressent aussi un détachement quant à son destin on éprouve une certaine fatalité de l existence comme si l environnement naturel ou urbain qui inspirait les peintres subsumait toute vie humaine Ce qui prime c est le ressenti des personnages ou leur capacité à appréhender le beau et non les personnages eux mêmes L artiste serait donc avant d être un créateur un homme qui sait voir le monde et retrouver le caractère originel des choses reconnaître dans le vol d un oiseau la manifestation des esprits et trouver une pureté que d autres n apercevraient pas y compris

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  • En bref : Les misérables (Tom Hooper)
    musicale tout en ayant recours à une ampleur bel et bien cinématographique Or plus la scène avance plus la caméra se rapproche des personnages jusqu à finir sur un bête champ contrechamp entre Valjean et Javert En fait il apparaît que Hooper était probablement plus enthousiaste à l idée d adapter le roman d Hugo que la comédie musicale C est tout à son honneur mais la forme imposée devait absolument être intégrée avec soin à sa vision Il n en est aucunement le cas Désireux de se revendiquer proche de ses personnages il construit son film en grande partie sur l utilisation de gros plans Mais cet étouffement du cadre déjà délimité par l usage du ratio 1 85 annihile la perception emphatique de la comédie musicale Filmer en gros plans ses acteurs en train de chanter ça ne force pas la connexion entre le personnage et le spectateur Au contraire cela lui fait prendre conscience qu il est face à un pauvre comédien assurant sa nouvelle fonction la bave aux lèvres et rouge comme une pivoine à force d expulser tout l air de ses poumons Là où une mise en scène plus aérée permettrait de rendre justice aux sentiments vociférés par les personnages Hooper privilégie une optique intimiste qui ne fait que renforcer la connotation ridiculement exagérée des chansons Les deux heures et demie de spectacle en étant composées à 99 l erreur est impardonnable Le film arrive heureusement par instant à atteindre le charme de l exagération lorsqu il exploite une production design pourtant fort sympathique sur tout le long ou lorsqu il convoque l équipe des effets spéciaux pour de rares envolées de mise en scène Mais les mauvais choix de Hooper flirtent trop souvent avec l incompétence voir comment il rate le jubilatoire Master

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  • Courte-Focale.fr : Analyse de Mission : Impossible
    schéma télévisuel est littéralement atomisé par cet événement De Palma joue d ailleurs volontiers sur cet aspect choquant en ayant confié certains rôles à des acteurs charismatiques et d une certaine renommée comme Emilio Estevez ou Kristin Scott Thomas Tout dérape et en conséquence le spectateur est complètement désorienté Qu arrivera t il par la suite Il ne peut plus le deviner Cet aspect a été vivement critiqué et reste généralement la raison principale pour laquelle le film n est pas forcément très apprécié Aux yeux de beaucoup ce tour de passe passe est un moyen pour Tom Cruise de tirer la couverture sur lui La série télé se base sur la démonstration d un travail d équipe et non sur les exploits d un seul homme Ne soyons pas naïfs Grand fan de la série Cruise produira et jouera dans le film parce qu il avait envie de développer une franchise dont il serait la vedette La valse des scénaristes sur le projet laisse entendre un contrôle sur la création assez poussé Il y aura ainsi tout d abord un premier jet signé par le couple Willard Huyck et Gloria Katz American Graffiti Howard The Duck Celui ci sera allègrement revu par David Koepp Jurassic Park et Steven Zaillian La Liste de Schindler avant d être retouché tout le long de la production par Robert Towne Chinatown Le calibrage du film autour de Tom Cruise ne peut être nié Toutefois est ce que cette contrainte émanant d une personnalité que d aucuns qualifieront de mégalomaniaque déteint de manière néfaste sur le film Devant ce qu est devenu Mission Impossible la réponse tendrait vers la négative Qu est ce qui était préférable Un film divertissant mais formaté par un carcan archi revu ou un film trahissant le basique dit schéma pour nous conduire vers des contrées inédites En plongeant son héros dans un périple similaire à celui de Robert Redford dans Les Trois Jours Du Condor le film se construit une dynamique propre et non moins savoureuse On pourrait certes reprocher au film de ne pas saisir l occasion d explorer sa portée politique que ce soit par la description superficielle d un gouvernement prêt à jeter les produits qu elle a formé ou l exposition expéditive de la motivation du traître Y a t il encore lieu de maintenir son identité secrète Celle ci a causé un tel tollé qu à l instar d un Psycho elle est désormais largement répandue et connue sans avoir vu le film Ainsi découvre t on au final que le bad guy de l affaire n est autre que Jim Phelps lui même Celui qui était toujours apparu comme le leader la figure patriarcale de la série est donc le méchant Bien sûr il s agit là encore d une idée pour marquer la transition entre le format télé et ciné Comme le rappelle Cruise dans les dispensables featurettes d une édition dvd faussement collector la série était terriblement marquée par le contexte

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  • Courte-Focale.fr : Critique de Mission : Impossible - Protocole Fantôme
    par un épilogue des plus discutables Car moins que de réveiller les ardents élans chevaleresques d un Woo cette idée va purement et simplement atomiser l arc dramaturgique qui se dessinait entre Ethan Hunt et William Brandt potentiel successeur à la franchise Les fondements du film sont donc un brin ingrats Le mérite de Bird n en est que plus grand Le réalisateur aura ainsi clairement entrevu ses possibilités d action et la manière de les exploiter avec pertinence Ainsi si il n a pas la marge de manœuvre nécessaire pour donner une véritable épaisseur aux personnages il va régulièrement jouer sur leurs statuts Et là on reconnaît bien le Brad Bird des Indestructibles où au travers d une cellule familiale il questionnait moult fondements des films de super héros Vous vous souvenez avec joie des réflexions sur la manie des méchants à monologuer et de l inutilité des capes Et bien ici ça se permet de parlementer sur la stupidité des sbires ou à construire un véritable running gag sur la dépendance à une technologie peu fiable pratiquement aucun gadget ne fonctionne correctement et absurde l ouverture ultra sécurisée du train Un ressort largement exploité par la présence d un étranger au sein de l équipe Débarquant bien malgré lui dans le récit Brandt se retrouve à devoir suivre les plans pour le moins tarabiscotés de l équipe IMF Ainsi se permet il régulièrement de pointer du doigt des manœuvres pour le moins bizarres Tu veux que je sautes de huit mètres de haut dans un four Oui mais je rattrape Mais le meilleur a lieu lorsqu il joue sur la place des personnages dans l équipe Outre un Simon Pegg absolument hilarant en nouvel agent de terrain on est loin du jeu sans grande motivation dans le précédent épisode on retiendra ce moment brillant lors de la séquence à Dubaï Il s agit de l introduction du grand morceau de bravoure vendu par toutes les bandes annonces où Tom Cruise escalade le Burj Khalifa a k a la plus grande tour au monde Découvrant au dernier moment qu ils ne peuvent accéder à distance au système informatique de l hôtel il faut que quelqu un pénètre dans la salle du serveur uniquement accessible de l extérieur Lorsque ces faits sont établis toute l équipe se tourne naturellement vers Hunt Celui ci leur lance un regard disant en substance non mais pourquoi vous me fixez tous comme ça Il se rend ainsi à l évidence qu il doit assumer en tout moment son statut de héros de leader éternel sauveur de la situation On retrouve là un subtil équilibre dans cette manière de mettre en évidence le surréalisme de l œuvre tout en n objectant jamais le plaisir que l on peut en retirer Tel Hunt qui se lancera finalement à l assaut de la tour malgré un semblant d exaspération Bird ne se lamente pas sur ce qui ne fonctionne pas mais s exécute au travers de multiples

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  • Critique : Möbius (Eric Rochant)
    placer la barre à des hauteurs vertigineuses Rochant n était donc pas en situation de facilité Fort heureusement les attentes sont comblées Globalement Une fois de plus inspiré par le cinéma américain d antan et désireux de combiner à nouveau une réelle exigence artistique à une intrigue captivante qui mise tout sur le plaisir du spectateur le cinéaste décale ici son inspiration du côté du cinéma d Alfred Hitchcock en signant une sorte de variation personnelle sur le thème du thriller romantique dont Les Enchaînés reste encore aujourd hui un maître étalon Sur ce point Möbius déploie une structure narrative brillante à partir d une trinité riche de promesses un agent des services secrets russes Jean Dujardin engage une tradeuse surdouée Cécile de France comme taupe afin de compromettre un homme d affaires louche Tim Roth Trois entités distinctes qui en se rejoignant permettent au film d emprunter des chemins beaucoup plus sinueux la complexité du propos et des sous intrigues se renforçant à chaque nouvelle approche du genre comédie thriller romance tout se bouscule et s entremêle jusqu à rendre l intrigue réellement nébuleuse Un défaut Non un risque largement payant d une part en raison du titre du film justifié de façon un chouïa didactique dans une scène clé qui porte en lui une signification métaphorique de premier choix d autre part en raison d un univers d espionnage désormais bien connu pour jouer le jeu de la valse des identités jusqu à plus soif Par ailleurs d une relation amoureuse naissante qui aurait pu faire figure de cheveu sur la soupe rappelons que la love story Attal Kiberlain était pour beaucoup dans les avis négatifs adressés aux Patriotes Rochant en extrait le double portait de deux êtres enchaînés à leur condition la duplicité de l un tardant à se révéler aux yeux de l autre chacun jouant potentiellement double jeu jusqu à l instant fatal où leurs cartes sont révélées Ou comment une relation charnelle condamnée d avance finit par traduire une autre duplicité plus universelle au premier plan des êtres ordinaires qui jouent avec leurs sentiments et en arrière plan des pions manipulés à leur insu par des forces insoupçonnées C est d ailleurs sur le terrain de l émotion que Möbius surprend à plus d un titre loin du thriller mouvementé et mental que la bande annonce laissait présager on se retrouve bel et bien face à une œuvre sensuelle émouvante et quasi érotique portée par deux immenses acteurs qui laissent la caméra se rapprocher de leurs corps en transe et qui fait la part belle aux moments d intimité en se servant du thriller international comme d une vitrine de luxe éminemment trompeuse On s en doutait un peu dès le début du film à vrai dire entre une introduction aérienne qui frise l épate en cadrant une Côte d Azur aussi luxueuse que tape à l œil et une esthétique visuelle qui sublime l élégance de chaque décor jusqu au point de non

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  • Courte-Focale.fr : Critique de Le Moine
    est tout le problème du film que de se livrer à un trop plein d informations dès le début du film anéantissant ainsi toute perspective d immersion dans l inconnu et surtout réduisant son spectateur au rôle de témoin passif qui voit tous les pièges arriver un par un et qui sait à l avance que le héros ne pourra les éviter Tout comme la plupart des films démonstratifs et didactiques qui cantonnent leur fond à une illustration stricto sensu des passages obligés Le moine échoue trop souvent à créer le malaise ou le trouble la faute à un scénario sans grand intérêt et aux ficelles narratives parfois énormes Il faut y voir comment Moll ose surmultiplier les plans de gargouilles ou de statues sur les murs du monastère dont certaines à forme phallique ou à visage effacé et tente même le diable en élaborant des sous intrigues narratives qui ne servent honnêtement pas à grand chose En guise d exemple l apparition de Sergi Lopez en ouverture ne sert que de sirène d alerte pour annoncer de façon symbolique bien sûr que le démon va mener le héros à sa perte et même le destin tragique et parallèle de cette jeune nonne rendue coupable par Ambrosio d avoir été mise en cloque et condamnée à agoniser sans manger ni boire dans un cachot sombre n amène qu à l apparition du spectre de la culpabilité qui viendra toquer au cortex du protagoniste dès lors que celui ci aura commis à son tour le péché de chair Et ne parlons pas non plus du twist final si facile et galvaudé qu il semble totalement artificiel Ne reste alors au cinéaste qu à compenser un fond d une inconsistance parfois flagrante avec un visuel des plus audacieux Et à ce jeu là on reconnait pleinement que Moll dans ses meilleurs moments a toujours su créer le trouble en jouant sur les cadres en laissant durer ses plans en mélangeant des tonalités musicales angoissantes Si ce talent lui avait permis d offrir à ses précédents films des cadres quasi kubrickiens on garde encore en mémoire les scènes les plus malsaines de Harry sa science de la mise en scène continue de faire merveille ici et en se réclamant du classicisme des contes gothiques d antan le cinéaste aboutit à une œuvre plastiquement impeccable aux jeux de lumière magnifiques et aux idées de mise en scène souvent excellentes Avec une fois de plus son goût pour donner au réel la dimension d un conte où le surnaturel s installe par petites touches diffuses entre sa bande son flippante la personnalisation incertaine de certains personnages dont celui masqué qui sera le déclencheur du désir et les apparitions de spectres qui confèrent à l ensemble une dimension onirique bienvenue il est agréable de se perdre dans un univers où la multiplicité des symboles laisse planer le doute entre réalité et fantasmes On gardera surtout en mémoire cette idée du jardin de roses assimilable au jardin

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  • Critique : Mommy (Xavier Dolan)
    un triangle idyllique qui offre le soin à chacun de retrouver l équilibre et de respirer un grand coup Ce qui rend le film aussi émotionnellement fort réside autant dans une suite d échanges parfois d une violence inouïe ici filmés avec une caméra à la Kechiche qui évite la facilité et le tire larmes en jouant avec tact sur la durée que dans le choix de Dolan de rester le plus évasif possible sur les origines souterraines de ses enjeux dramatiques De là vient la grande intelligence d un scénario qui réfute l exposition grossière du passé des personnages tout en faisant ressentir ce qui les tourmente par l ellipse et le non dit Sans parler de l énergie dingue d un montage qui démarre sur les chapeaux de roues pour ne plus jamais relâcher son rythme ultra speedé durant 2h18 La vitesse est d ailleurs ce qui donne au film son irrésistible force de stimulation ne serait ce qu au travers de dialogues génialement écrits qui suintent le déséquilibre en terme de débit verbal une mère mitraillette face à une voisine enrayée ou d énergie interne d abord s énerver pour se décharger ensuite respirer pour se relâcher Mais surtout il crée la surprise en raison d un parti pris de mise en scène en rupture absolue avec la dérive stylistique qui rendait la patte Dolan si ostentatoire dans ses premiers travaux Le film présente la particularité de resserrer son action et ses exubérances dans un quadrilatère qui prend le tiers central de l écran Dolan avait déjà testé ça sur le clip College Boy d Indochine ne laissant ainsi que deux vastes bandes noires sur les côtés Loin de n être qu un gadget stylistique de plus ce choix de format déploie ici une utilité à deux visages d une part saisir dans la composition du cadre cet étouffement social qui menace les personnages et s accroît par les dommages collatéraux de leur hystérie et d autre part composer le découpage du film à la manière d une galerie de portraits où chaque plan équivaut à une sonde qui rentre frontalement au cœur même d un visage riche de mille nuances Jusqu à ce qu à mi chemin une nouvelle astuce de filmage ne vienne élargir le cadre sur les côtés comme pour y installer un espace de respiration dès lors que le retour à l équilibre s invite chez les trois héros Par souci d honnêteté on précisera que cet effet n a rien de révolutionnaire Dolan s y était déjà appliqué dans Tom à la ferme en écrasant le format 1 85 dès que la situation devenait plus tendue et même le méconnu Héros de Bruno Merle passait d un coup sec d un format 1 33 granuleux à un Scope élégant dans un geste assez couillu de méta cinéma Reste qu un tel jeu sur l ouverture et la fermeture du cadre allié à une prédominance des visages alimente surtout un trouble croissant entre

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