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  • Critique : Les Mondes De Ralph (Rich Moore)
    timorée dans l évocation d autres aspects et ce sentiment ne fera que se renforcer par la suite La réunion des méchants explique d office les tenants et aboutissants de la quête de Ralph Peu satisfait de son emploi de méchant pour lequel il n a aucune reconnaissance Ralph voudrait bien changer de rôle Une chose rigoureusement impossible car défier les règles du jeu reviendrait à faire croire aux joueurs que l arcade a des ratés et entrainerait sa mise au rebut Ses confrères machiavéliques consolent Ralph en lui rappelant que son travail n en fait pas forcément une personne de nature mauvaise En sous texte on pourrait presque voir le souci des créateurs pleins d ambition face à la nécessité de satisfaire les attentes du public Ce qui nous amène à une structure scénaristique pas forcément désagréable mais fort peu risquée La quête de Ralph prend ainsi tout d abord un tour puéril gagner une médaille dont tous les héros sont récompensés avant de le conduire dans une situation où il pourra comprendre et assumer sa nature véritable Sur cette seconde partie Les Mondes De Ralph choisit de ralentir le rythme en se concentrant sur un seul univers le jeu de course rose bonbon Sugar Rush et la rencontre de Ralph avec Vanellope Le choix est étrange surtout qu il met au rencard la menace dévastatrice d une contamination inter jeux mais trouve son sens en offrant à Ralph une étape décisive dans son parcours En tant que méchant Ralph se conforme aux talents de destructeur qui lui valent sa triste réputation Il n est pas censé se définir uniquement à cette étiquette mais cet art de la démolition est une part de lui même Un rebondissement dramaturgique terrible le mettra face à la nécessité de conjuguer le mal la destruction d un élément clé du second acte et le bien la survie de l un des personnages pour assumer ses choix Il est alors regrettable qu après une telle scène le film sorte une pirouette narrative en atténuant le propos Là se pose la limite des Mondes De Ralph Questionner l ambivalence du bien et du mal avec une telle audace ne semble être permit que si il n y a l assurance que tout rentre dans l ordre par la suite En l état si le film intègre des notions vidéoludiques dans la forme l animation susmentionnée et le fond Vanellope souffre de disfonctionnements faisant d elle un bug il ne fait qu effleurer la notion de programme Le rapport des personnages au système informatique est étrangement assez succinctement dépeint Alors qu il conditionne leurs passés le trauma de Calhoun ou leur place dans le monde la fonction des personnages et leurs rapports aux autres celui ci est peu remis en cause Dans leurs quêtes existentielles les personnages cherchent qui ils sont mais ne questionnent pas trop un schéma de conduite quasi divin l incursion dans l envers du décor fait clairement ressentir une forme d interdit

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  • Courte-Focale.fr : Analyse de Monkeybone
    le personnage de la mort par Christopher Walken contre Whoopi Goldberg dans le film final pour saisir les modifications de ton apportées au projet Celui ci tend ainsi à prendre un ton plus niaiseux ce qui s accorde mal avec le sujet Le film conte l histoire de Stu Celui ci est un dessinateur qui sort d une mauvaise période où de terribles cauchemars lui bousillaient la tête Il a pu en réchapper grâce à une psychiatre qui deviendra au passage sa petite amie Celle ci l a conduit à exorciser ses démons intérieurs en exprimant ses cauchemars non plus par des peintures cauchemardesques mais sous une forme plus inoffensive Ainsi créera t il Monkeybone qui deviendra le héros d un dessin animé à succès Toutefois Monkeybone reste l expression de toutes les névroses de Stu Créature primitive par excellence Monkeybone est un pervers sexuel le cartoon d ouverture l assimile à une érection et a des tendances carrément glauques originellement il tuait le psy du cartoon L incarnation dessinée de Stu solutionne ces excès en forçant le singe à rentrer dans un sac symbole qu il doit rester prisonnier au plus profond de son subconscient Après son accident il débarque donc à Down Town Non content de croiser tout un bestiaire issu d une mythologie satyre minotaure centaure méduse cyclope Vishnu il rencontre sa création et se rend compte que sa stratégie du sac sera difficile à mettre en œuvre en ce lieu Lassé d être relégué au fond d un sac Monkeybone prend possession du corps de Stu et est bien décidé à profiter de la vie surtout qu il dispose désormais d un équipement dont les dessins de Stu l ont toujours privé Symboliquement cette prise de possession se retrouve plus tard avec une pignada géante à l effigie de Stu qu il faut détruire pour libérer une foule de peluches Monkeybone Au bout du compte Stu sauvera la situation et fusionnera avec Monkeybone tu es un peu fade sans lui lui dira la mort Monkeybone dépeint donc toute une quête existentielle sur un homme qui doit accepter de faire face à sa part sombre pour s accomplir Comme Stu le remarque dans une scène coupée les tableaux de ses cauchemars sont de l art alors que Monkeybone n est que du gribouillis Il doit admettre qu une part de sa motivation artistique vient des ténèbres de son esprit Stu fait ainsi face aux ténèbres qui l habitent et les combat non pour les détruire mais pour les assimiler Nous avons tous une part primaire et il faut l accepter C est d ailleurs là le message de la fin où on retrouve un cartoon avec des personnages s arrachant la peau pour dévoiler leurs conditions simiesques Enfin tout ça reste une idée générale qui peine à convaincre à l écran En raison d un thème tournant autour de recoins pas glorieux de l esprit humain le film devait forcément revêtir un aspect dérangeant On trouve clairement

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  • Critique : Monuments men (George Clooney)
    sur le livre écrit par Rose Valland et celle ci inspirera le personnage incarné par Cate Blanchett dans Monuments Men Toutefois si on s imagine que le film prendra à bras le corps son sujet pour en livrer toute la portée la déception sera de taille En effet Clooney retombe dans les travers qui plombaient déjà ses deux dernières réalisations Toujours attaché à une certaine notion d exigence l acteur réalisateur scénariste producteur beau gosse met un point d honneur à réactiver des codes de spectacles tombés en désuétude La screwball comedy Jeux De Dupes et le thriller politique Les Marches Du Pouvoir affichaient ainsi leurs formules à l ancienne Les expériences s avéraient plaisantes pour leur caractère inhabituel au sein de la production contemporaine Mais ces mécaniques tournaient rapidement à vide par leur incapacité à offrir quoique ce soit au delà de la promesse initiale Contre toute attente Monuments Men nous invite à un constat similaire Clooney aborde ainsi le film de guerre avec cette optique old school Ce travail provoque l enthousiasme dans l entame La mise en scène tout en simplicité et pertinence la musique pimpante d Alexandre Desplat le casting prestigieux l opération de séduction est une réussite Au fur et à mesure que le film avance une question se fait pressante néanmoins quand le sujet sur l art prendra t il son essor Et là il faut se rendre compte que c est à nouveau l exercice de style qui prédomine sur tout le reste Le charme de la fabrication et de ses personnages devient le cœur du film et les considérations supérieures sont balayées du revers de la main Comment alors ne pas être attristé de voir cette prédominance de la forme alors que le fond offrait tant de richesse Comme évoqué plus haut il arrive que quelques scènes traitent véritablement le sujet Ce sont même parfois des scènes très réussies Ayant fait prisonnier un officier allemand le personnage incarné par George Clooney l interroge Au lieu de le faire craquer en le menaçant de torture et d une agonie douloureuse il le met face à une autre sentence l oubli Il lui promet qu il ne se souviendra jamais de lui comme s il n avait jamais existé D une certaine manière il renverse l arme du nazi contre lui même Celui ci vole l art le trie et le détruit Il y a une juxtaposition du principe de disparition d une œuvre avec celle d un individu appuyant par là la notion tragique d une telle perte On peut évidemment remettre en cause cette pensée et le film a le mérite de ne pas omettre la carte du contre exemple Outre le fait de dépeindre les difficultés à préserver l art tout autant des forces ennemies qu alliées le récit met régulièrement les personnages face au bien fondé de leurs missions Par exemple Matt Damon va rapporter un tableau à son propriétaire Il ne trouve qu un appartement vide les occupants ayant

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  • Critique : Moonrise Kingdom
    de très belles scènes intimistes le dialogue mère fille et le dialogue entre Sam et le capitaine Sharp l intensité d un amour vrai Ce sont les enfants surtout qui permettent enfin à Anderson de raconter une grande et belle histoire d amour avec obstacles rebondissements libération et même coup de foudre sic On y retrouve en version décuplée tout ce qui faisait la poésie de son cinéma la démesure des évènements extérieurs comme reflet de celle des émotions des personnages la célébration de l innocence de la vigueur de la détermination des enfants la créativité l élaboration d un monde refuge bien à soi au bric à brac raffiné si si On se délecte de la stylisation qui vient exalter les scènes centrées sur les enfants les gros plans sur les décorations et autres badges de scout qu arbore fièrement Sam rythmés par une chanson de Hank Williams supplément non négligeable de solennité le passage en revue des accessoires de Suzy permis par un inventaire que font les deux fugitifs ultra organisés ou plus globalement les teintes saturées de l image qui rendent lumineux le vert de la forêt le jaune ou le rose des robes de l héroïne Anderson nous offre de très jolis moments de romantisme pur comme on n en avait pas vus depuis longtemps au cinéma entre deux phrases anodines de Suzy et Sam s en glissent une ou deux qui suffisent à nous faire entrevoir la grandeur des sentiments qui déjà les habitent tout entiers Grâce à deux jeunes interprètes admirables tout sonne juste même lorsqu Anderson a l audace d évoquer les découvertes les plus sensuelles tandis qu ils s enlacent sur la plage où ils ont planté leur tente Suzy dit à Sam C est dur Ça te dérange Non j aime bien Rien n est laissé au hasard dans le traitement que fait Anderson de son histoire pas même le fait qu il délaisse pour ces scènes d intimité enfantine ses champs contrechamps frontaux normalement si récurrents pendant leurs conversations confessions les héros sont filmés en des champs contrechamps où celui celle qui ne parle pas demeure présent en amorce du champ on le la voit de dos dans un coin de l image chose que l on n avait presque jamais eue dans un dialogue filmé par Anderson tout simplement parce que jamais le cinéaste n a filmé de relation aussi étroite et forte entre deux personnages L intensité de cet amour de jeunesse paraît déteindre sur tout ce qui tente de l entraver chaque étape de l aventure au cours de laquelle Suzy et Sam sont confrontés à d autres personnages brille par cet humour pince sans rire qui joue sur la solennité des répliques et des actes des personnages et que l on aime tant chez Wes Anderson voilà que pour s être enfuie du foyer Suzy est aux yeux de son petit frère une traitresse à sa famille qu une scène de confrontation entre les amoureux et

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  • [EN BREF] Le mur invisible (Julian Roman Pölsler)
    est assez éloigné de cette austérité qui prédomine dans le cinéma autrichien connu en France ces dernières décennies De l histoire frappante d une femme se retrouvant mystérieusement et littéralement coupée du monde lors d un voyage dans les Alpes il tire une œuvre qui repose beaucoup à son meilleur sur des sensations Sensation d abord de l enfermement en question le son est travaillé de sorte qu un grondement vienne rappeler de manière récurrente la présence du mur invisible comme un champ magnétique La mise en scène par un jeu de lumière qui isole souvent l héroïne dans une faible source lumineuse au milieu du cadre sait également participer de ce sentiment Mais le plus réussi est certainement le glissement du personnage d une détresse vers plus de philosophie dans son rapport à sa situation La nature alentour majestueuse semble la pénétrer progressivement comme elle le décrit en voix off et Pölsler atteint alors un début de grâce Mais le problème majeur du film réside dans l omniprésence d un texte originel que le cinéaste sanctuarise à l excès au point que la voix off nuise à l angoisse qui pouvait potentiellement se dégager du film Reste une étrangeté et une radicalité appréciables qui méritent à elles seules qu on aille jeter un coup d oeil à ce premier film de cinéma tardif mais prometteur 2013 Allemagne Autriche Berlinale 2012 Bodega Films Drame Julian Roman Pölsler Martina Gedeck Laisser un commentaire Annuler la réponse A propos de l auteur Gustave Shaïmi Fréquenter les salles obscures seul et de manière pluri hebdo dès ses 10 ans ça laisse autant le temps d être curieux de mille choses que de voir se dégager des préférences Carbure à l émotion avant tout et n aime rien plus qu un film à la

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  • Courte-Focale.fr : Critique de The Murderer
    social de la ville grouillante sale pleine de vapeurs toxiques qui suffisent à justifier le choix d une photographie dont le gris vire parfois au jaunâtre et les gros plans par exemple sur les combats de chiens qu organise Myun tandis que Gu nam le rencontre Tu ne veux quand même pas finir comme ces chiens lance le premier au second Le protagoniste partage au moins avec ceux ci une rage dont il parle en voix off au début du film Une rage sociale qui semblera le tirer vers l avant tout au long de la course effrénée dans laquelle il ne tardera pas à être embarqué malgré lui Par rapport à The Chaser ce nouvel opus ne s ouvre pas seulement au monde par cet ancrage géographique et social mais également au drame par l intégration d un pan amoureux dans le scénario si Gu nam accepte le contrat de Myun c est aussi parce qu il espère retrouver à Séoul la trace de son épouse dont il n a plus de nouvelles depuis trois mois alors que c est précisément pour lui payer un visa qu il s est couvert de dettes Cet enjeu supplémentaire suffit à entretenir un suspense au cours de la première heure les jours passent au contraire The Chaser concentrait son action sur seulement deux jours et un espace très restreint et on craint pour lui et pour sa petite fille que Myun menace que le protagoniste oublie le meurtre qu il doit commettre au profit de la recherche passionnée de celle qu il paraît aimer et haïr à la fois Mais tout s accélère et à peine Gu nam a t il repéré sa cible que sa machination ultra précise est au point et qu il passe à l acte avant de se faire devancer par les hommes d un proche de la victime venus eux aussi l assassiner pour une raison que l on ne découvrira que tardivement Le coup de théâtre lance la poursuite qui devient presque immédiatement prétexte à un hallucinant ballet de violence urbaine Dès lors il ne faudra plus compter sur des pauses dans le récit où le cinéaste prenne un tant soit peu de temps pour resituer les enjeux ceux ci s accumulent à mesure que de nouveaux personnages entrent en scène tous corrompus qu ils soient flics mafieux miteux de Yanbian ou gangsters en costume trois pièces de Séoul Le montage director s cut qui sort en occident raccourci d une quinzaine de minutes par rapport à celui montré en salles aux Coréens va encore plus droit au but privilégiant l action pure enchaînant les morceaux de bravoure à une vitesse incroyable et réduisant du coup à pas grand chose la caractérisation des seconds rôles sauf lorsque le talent des acteurs suffit à l assurer Kim Yun seok le chaser du précédent opus est ici hallucinant dans le rôle de Myun d apparence pouilleuse l air au bout du rouleau et pourtant capable d un déchaînement

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  • Analyse : Nausicaä De La Vallée Du Vent (Hayao Miyazaki)
    à un désir personnel où y être obligé par un agent du destin hostile dans le cas présent La jeune fille ne peut d ailleurs y échapper la puissance militaire de la Tolmèque la domine littéralement au détour d un plan incarnée par un tank sur lequel se dressent cette dernière et son conseiller On nous a présenté Nausicaä comme liée à la nature Miyazaki joue ici sur les opposés avec cette femme possédant le même statut princier que la jeune fille mais liée cette fois ci à des forces technologiques Le plan nous informe sur le rapport de force qui sous tend les deux notions Et celui ci est fondamental tant il fait la différence à l aune de personnages semblables par ailleurs comme Nausicaä Kushana possède une longueur d avance sur autrui petit rusé dit elle à son conseiller lui indiquant voir clairement dans son jeu et malgré sa dureté ne souhaite pas la mort gratuite et sait écouter jusqu au peuple qu elle veut soumettre Elle est aussi intelligente ayant bien conscience des idéaux belliqueux qui gouvernent la race humaine Mais la technologie lui donne fatalement un avantage sur ceux qui n en disposent pas Nausicaä doit ainsi abandonner tout espoir de trouver un remède contre les maladies causées par la Fukaï malgré une grande avancée symbolisée par l écosystème sain qu elle a réussi à créer L idée même de suivre Kushana l amène à pleurer elle est consciente d abandonner toute recherche Très subtilement le récit passe ici à l étape du refus de l aventure la seconde du parcours héroïque Un refus très bref cependant Refuser l appel c est transformer l aventure en sa négation dit Campbell La force militaire des Tolmèques est importante se rebeller contre Kushana provoquerait une issue fatale pour la vallée du vent Paradoxalement le jugement très négatif de Miyazaki à l égard de la technologie fait jusqu à présent sera très vite nuancé C est avant tout la folie des hommes que le cinéaste stigmatisera en premier lieu magnifique plan du sang coulant sur la lame d une épée étroitement liée à l utilisation qui est faite des moyens mis à leur disposition La vallée du vent présentée comme un endroit calme et serein au premier abord n est à ce titre qu un simulacre Aussi vertueuse soit elle la vallée ne pourra d ailleurs pas contenir les effets de la Fukaï éternellement Mais surtout en dépit des moulins de l honnête artisanat présentés en amont elle recèle en son sein des véhicules aériens tout à fait opérationnels révélant leur nécessité pour la race humaine À plusieurs reprises dans le film ce seront ces mêmes outils avions planeur capsule volante qui aideront Nausicaä à poursuivre son aventure Une aventure qui toujours selon le monomythe feront bénéficier le Héros d une aide surnaturelle une fois son départ effectué Une figure protectrice en quelque sorte l influence bienveillante du destin qui pourvoit le voyageur d amulettes contre les forces de dragon qu il va lui falloir affronter C est à ses côtés que le Héros découvrira toutes les forces de l inconscient Ici toutefois l interprétation semble complexe Car selon Le Héros aux mille et un visages le Héros peut aussi très bien découvrir pour la première fois l existence de cette puissance bienveillante à l étape des épreuves Nausicaä réclamera d ailleurs à cet instant là de l aide au Dieu du vent faisant de celui ci un allié On se rappellera néanmoins que plus tôt trois petites filles ont offert à la princesse des noix de Chiko qui lui serviront plus tard à rendre toute vivacité au prince de Pejite Asbel C est en faisant face à la menace de ce dernier que Nausicaä prendra pour la première fois conscience du pouvoir enfoui en elle elle apparaîtra à Asbel en position christique Si l aide surnaturelle doit être incarnée par une entité celle ci est sans doute l Humanité elle même Ce n est pas un mince paradoxe que celui ci Nausicaä nous a toujours été présentée sûre d elle consciente de son statut et de son influence sur ses proches la scène où elle enlève son masque en dépit de l air empoisonné afin de se faire obéir est claire à ce niveau là Si elle n a pas toujours su se faire écouter de ses semblables elle n a en revanche jamais eu besoin d aide C est sous l influence de l Humanité dans sa forme la plus totale aide menace que la puissance de son inconscient sera révélée tel que chaque mythe en a fait la description Et c est en rejoignant son peuple en plein conflit aérien qu elle atterrira près d un nid d omus Ô grands rois omus dira t elle en leur présence Au contact de leurs membranes menaçantes a priori Nausicaä apparaîtra dévêtue symbole de pureté mais aussi de séparation d avec le monde réel Une voix de petite fille chantonne un air musical un champ de blé bercé par le vent et un arbre géant apparaissent alors à l image Mais est ce ce que voient les omus S agit il d une plongée de Nausicaä dans son inconscient Les deux très probablement fondu enchainé vers l inconscient à partir d un plan sur un oeil d omu à ceci près que les omus ont informé la jeune fille qu Asbel était encore vivant sans que nous ne l ayions entendu Et elle de partir à la recherche de ce dernier après avoir donc franchi le premier seuil dont elle rencontre le gardien Le seuil c est l entrée de la zone de pouvoir accru Au delà c est l obscurité l au delà et le danger l inconscient C est donc aussi l étape préalable au début de l initiation du Héros celui ci va devoir se confronter à son inconscient devra être vivifié par le rappel de qui il est et de ce qu il est

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  • Critique : Nebraska (Alexander Payne)
    entre les bières qui s écoulent dans les pubs routiers la perte d un dentier qui va s agir de retrouver sur une voie ferrée et surtout la longue halte au sein de la petite ville familiale où la nouvelle du gain de Woody va peu à peu attirer les convoitises de certains vieux amis Drôle de voyage pour un récit qui on s en doute ne pourra aboutir qu à l issue envisagée dès la découverte du synopsis Sauf que et on s en doute encore plus le sujet de cette ballade au cœur de l Amérique ne réside jamais là Tout est dans la relation père fils ici revisitée sous l angle d une déambulation douce de deux personnages dans des décors d une incroyable pureté élégiaque villes et paysages confondus Certes nul doute que Payne aura reconnu dans le script de Bob Nelson un grand nombre de thématiques personnelles pour ne pas dire des traces de sa propre enfance le Nebraska est autant son lieu de naissance que son lieu de tournage privilégié Mais le film ne cherche pas non plus à titiller une quelconque fibre autobiographique chez son réalisateur tant il s agit ici pour Payne de décrire aussi justement que possible des gens ultra moyens visiblement dénués d idéaux ou d ambitions peut être tentés par l envie de retrouver une jeunesse qui se serait évaporée un peu trop vite Et justement sur une relation filiale toujours en chantier où il s agit là encore pour l un de découvrir l autre et vice versa le film donne vie à de délicieux moments de tendresse que la musique folk et la beauté des cadres contribuent à soutenir durablement Alors certes Payne n évite pas quelques maladresses ici et là que ce soit lorsqu il frise la caricature redneck au détour d un second couteau un peu trop typé ou lorsqu il insiste un peu trop lourdement sur le côté ronchon du personnage de Woody on peut légèrement s en lasser au bout d une heure de métrage Mais au travers d un scénario qui équilibre aussi magistralement la cruauté et la cocasserie et qui oscille toujours entre allégresse et tristesse sans déborder d un côté comme de l autre il esquive bon nombre de pièges domine sa légère misanthropie par une attention de chaque instant porté à chaque personnage et nous maintient en état d alerte sur chaque micro péripétie du récit Sur le domaine du film indépendant cherchant à raconter l Amérique d aujourd hui sans abuser des outrances formelles ou infra réalistes de plus en plus établies on peut même dire que le film tutoie une rare justesse tant formelle que dramaturgique On l évoquait en filigrane plus haut toute la richesse souterraine de cette comédie douce amère ainsi qu une large partie de sa fibre émotionnelle découle directement de sa rigueur formelle Il faut dire que la manière dont Payne explore cette Amérique périurbaine terre d une classe très moyenne composée d

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