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  • Courte-Focale.fr : Critique de Or Noir
    carte de l équilibre En soit cela pourrait justifier la connotation policée donnée à l œuvre avec son anti manichéisme et son désir de prôner le juste milieu Ainsi ouvre t il logiquement son film sur l accord entre les deux seigneurs qui assurera une paix pendant plusieurs années avant la découverte du pétrole Tout son long Or Noir va prôner l équilibre et la complémentarité comme facteurs de réussite Une idée qui s exprimera de belle manière dans l une des dernières scènes Suite au dernier assaut un personnage féminin va de lui même résoudre un problématique triangle amoureux qu il ne désire pas afin de retourner dans son pays où l eau et la soif ne font qu un Dans une démonstration un brin didactique Annaud met en avant comment modernité et tradition doivent s accepter mutuellement pour accomplir quelque chose de fiable Les dégénérescentes de l économie sont aisées sans retenue morale comme le démontre cette scène où Nessib tente de corrompre un lieutenant ennemi en exhibant son briquet et porte cigarette en or massif symbole bling bling de sa puissance acquise De même que peut attendre Amar d écrits tellement opaques qu ils peuvent interdire des choses véritablement nécessaires au bien être de son peuple comme la médecine La revendication de l équilibre comme clé de tout problème est un choix rassurant et peu risqué mais a le mérite de toucher Cette qualité tient à la juxtaposition de cette notion d équilibre au personnage principal joué par Tahar Rahim Comme l aura montré récemment Mathieu Kassovitz avec L Ordre Et La Morale l art de mettre en scène une réalité historique passe par la création d un point de vue et d un personnage apte à véhiculer tout le panel d émotions entourant les évènements Annaud utilise de cette manière le prince Auda Pris entre un frère noble athlétique et un autre bâtard converti à la science Auda est le point d équilibre entre les deux notions Le récit se construit autour de la construction de ce statut Une évolution assurant une deuxième partie riche en aventures et péripéties où le bibliothécaire érudit va se muer en homme de terrain Cette seconde moitié est même peut être un peu trop chargée Le rythme est déjà un brin abrupte dans la première moitié la découverte du pétrole se fait en deux temps trois mouvements mais l emballement de l action devient parfois carrément perturbant par la suite L un des exemples les plus frappants sera un rebondissement pour le moins étonnant servant à assurer la progression symbolique du personnage On aura à peine le temps d assimiler émotionnellement l information qu un nouveau rebondissement apparaîtra et sera lui même balayé par le lancement immédiat d une scène d action Si le processus met la pression au spectateur qui sera incapable de souffler il l empêche de prendre le temps de s attacher sentimentalement à ce qu il voit et à en saisir la portée Un défaut contrecarrant

    Original URL path: http://www.courte-focale.fr/cinema/critiques/or-noir/ (2015-10-11)
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  • Critique : L'Ordre Et La Morale (Mathieu Kassovitz)
    focalisant sur le parcours du protagoniste et non l inverse une voix off à la Apocalypse now qui surligne les intentions du film dès la première image et enfin le déclenchement immédiat d un compte à rebours menant de façon prévisible au terrible assaut final La prestation d acteur de Kassovitz lui même constitue aussi un léger handicap généralement brillant dès qu il s agit d exprimer des dilemmes moraux ou sociaux le bonhomme donne ici une interprétation mesurée et concentrée susceptible de placer le spectateur dans la peau de ce réceptacle humaniste Dans ce cas les terribles dilemmes auxquels le héros sera confronté doivent servir de tremplins à discussions pour le spectateur mais à cause du didactisme pesant du scénario on s aperçoit vite que le film ne fonctionne que dans un sens avec une base de réflexion quasi inexistante On est quasiment dans l expression militante ce qui n exclut pas un léger manichéisme dans les rapports entre Legorjus et sa hiérarchie davantage concernée par la résolution express de cette affaire embarrassante que par la recherche d une solution pacifique Reste que si le film s impose finalement comme une réussite majeure c est surtout grâce à sa mise en scène qui contrebalance assez facilement les quelques reproches évoqués ci dessus Enfin libéré des contraintes de production qu il avait pu subir à travers ses précédents films Kassovitz se lâche enfin et concrétise ses envies de pur cinéma en privilégiant les plans séquences et les cadres larges sa mise en scène déploie une ampleur rare dans le cinéma français misant à la fois sur une lisibilité parfaite et une gestion de l espace harmonieuse où Legorjus joue aussi bien le rôle du témoin que du médiateur D abord le fameux flash back sur l assaut de la gendarmerie résume à lui tout seul le processus de mise en scène élaboré par Kassovitz alors que l un des gendarmes locaux raconte au héros le déroulement précis de l assaut passé et présent se confrontent dans un même plan séquence étourdissant où tous les enjeux de la scène sont alors posés Une scène techniquement sidérante qui repose sur deux partis pris d une part lier le déroulement d une tragédie passée et sa perception présente dans un seul et même mouvement et d autre part élaborer un point de vue purement subjectif du protagoniste sur cet événement et non une forme de vérité absolue on sent ici que le personnage de Kassovitz visualise l assaut au fur et à mesure des indications Histoire d atténuer la polémique suscitée par le film il est nécessaire de préciser que le film très éloigné d un film à charge et arrivant bien après l amnistie prononcée par Michel Rocard lors des accords de Matignon en juin 1988 est entièrement porté par la subjectivité de son protagoniste Legorjus est présent dans chaque scène du film et très souvent au centre de l écran ce qui évacue ainsi les craintes d y voir un pamphlet

    Original URL path: http://www.courte-focale.fr/cinema/critiques/lordre-et-la-morale/ (2015-10-11)
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  • Courte-Focale.fr : Critique de Oslo, 31 Août
    transposait plusieurs éléments des années 1920 aux années 1960 Trier revient à davantage de littéralité Anders est donc bien un toxicomane que son programme de réhabilitation à la campagne autorise à aller en ville passer un entretien d embauche Mais il profite de l occasion pour rester en ville flâner et y rendre visite à des gens qu il n a pas vus depuis longtemps Avant même de nous montrer une premier tentative de suicide du personnage au petit matin le film s ouvre sur des images d Olso qui semblent extraites d archives personnelles d habitants choisis au hasard de nombreuses voix off livrent en quelques mots un souvenir une impression qu elles ont chacune de la capitale norvégienne La ville figure même dans le titre pas seulement comme lieu qui couplé avec la date où se déroule l action indiquerait les circonstances d un drame mais presque comme personnage à part entière La ville avec son fjord entourée de colines verdoyantes s impose à chaque instant comme le cadre idéal d un nouveau départ ne paraît que multiplier les appels au bonheur les promesses de rédemption Lors d une belle séquence en suspens où Anders est assis à la terrasse d un café la caméra montre tour à tour toutes les personnes qui se trouvent aux tables proches de la sienne s attarde sur leurs visages qui ont tous quelque chose de beaux dont on espère qu ils dégageront suffisamment de bien être pour redonner foi en la vie au personnage central Même la mise en scène paraît sourire au personnage en l enveloppant d une clarté potentiellement salvatrice Mais de fait le réalisateur aidé de son remarquable interprète Anders Danielsen Lie sait également faire sentir le mal être malgré tout persistant de son personnage Il irait parfois

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  • Analyse : Oz, un monde extraordinaire (Walter Murch)
    de plus pour le Disney des eighties qui se contentera au final de laisser reposer le long métrage au fond d un carton comme il le fit avec tant d autres congénères du même cru Triste destin pour un divertissement approchant du chef d œuvre total Comme son titre français ne l indique pas Return To Oz n est pas une adaptation stricto sensus du Magicien d Oz mais une suite au célèbre conte qui voit l héroïne replongée dans son univers imaginaire procédé scénaristique qui sera réemployé des années plus tard dans le Hook de Steven Spielberg et le Alice Au Pays Des Merveilles de Tim Burton Le terme son est évidemment fort important puisqu il faut rappeler qu Oz peut généralement se percevoir comme l extension de la psyché de l héroïne Celle ci a donc beau être revenu au Kansas elle reste toujours repliée sur ce monde imaginaire Murch illustrera cette idée dans le plan d ouverture où Dorothy scrute le ciel à travers la fenêtre grâce à son reflet dans le miroir Par là elle affirme sa préférence envers l abstraction plutôt que le réel Forcément les parents de la petite voit d un mauvais œil cette fuite de la réalité et la conduise vers un docteur qui promet de la guérir grâce à sa machine électrique C est là que les parents commencent généralement à porter leurs enfants en pleurs jusqu à la sortie de secours Pour l esprit d un jeune bambin il faut effectivement avouer que l expérience ne sera pas sans accroc Le pauvre sera probablement mis à mal rien que par l exploration de l institution Quittant les grandes plaines ouvertes auquel elle était habituée Dorothy se retrouve confronté à un monde scientifique doté d une pensée étriquée les couloirs de l institution sont extrêmement étroits et sans aucune tendresse les chambres sont vides et impersonnelles Inutile de préciser qu elle va rapidement vouloir s extirper de cet environnement pour rejoindre le monde extraordinaire d Oz Malheureusement cette pression du monde réel pour clore les portes du monde imaginaire la clé que récupérera Dorothy et qui lui permettra de débuter sa quête est marquée d un O et d un Z mélangé formant un sigle d interdiction ne sera pas sans effet sur Oz En revenant à Oz notre gamine découvre une cité en ruine où la plupart de ses anciens compagnons de route ont été transformés en statue L imaginaire s est figé et commence à s effriter La magie semble s être perdue en chemin Le Oz de Murch n a effet rien à voir avec le Oz de Fleming Les formidables décors en carton pâte sublimés par un enchantant technicolor cèdent la place à des environnements naturels plus crus Ainsi ça n est plus par l image rocambolesque de sa maison emportée par une tornade que l héroïne arrivera à Oz A la place elle se fera chahuter par les eaux déchaînées d une rivière sous une pluie

    Original URL path: http://www.courte-focale.fr/cinema/analyses/oz-un-monde-extraordinaire/ (2015-10-11)
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  • Analyse : Panic Room, de David Fincher
    de continuité entre les deux séquences nous montre le camion de déménagement partir avant que la caméra ne revienne se centrer sur la façade de la maison La soirée qui précède la nuit de l action est l occasion de souligner encore plus le caractère angoissé du personnage de Meg où on peut la voir affalée dans son bain ce qui figure une sorte de régression ontogénique du même ordre que la position fœtale près duquel un verre de vin traine puis elle essaye de désactiver la panic room sans y arriver soulignant encore une fois sa peur d affronter ce refoulement inconscient L intrusion des malfaiteurs dans la maison est la séquence du film la plus remarquable techniquement C est aussi elle qui marque le début de l épreuve qui va amener l héroïne à se dépasser La scène est filmée entièrement en un long plan séquence à la fluidité irréelle La caméra ne sort jamais de la maison et filme les malfaiteurs à travers les divers filtres que forment les vitres la pluie et les grilles masquant et rendant indiscernables les traits des hommes La caméra est un passe muraille qui navigue paisiblement dans cet espace confiné afin de capturer les mouvements de chacun des protagonistes Mouvements qu elle anticipe toujours et qu elle souligne par ses travellings ceci donne à la séquence un air de balai méticuleux Il y a évidemment une dimension ludique et une ostensible provocation de la part de Fincher à faire passer sa caméra par l anse d une cafetière ou par une plainte du parquet comme pour mieux en souligner la toute puissance dans ce premier exemple du plan la caméra file tout droit d une fenêtre à l autre comme pour signifier qu aucun obstacle ne peut désormais l arrêter il n est pas interdit de penser au plan d ouverture de Citizen Kane qui marquait la même volonté émancipatrice pour la caméra Lalanne n a pas tort quand il dit que la caméra nargue les personnages aux efforts qu ils doivent déployer s opposent ses mouvements irréels et gracieux Son omnipotence vient de cette faculté déconcertante qu elle a à suivre ses personnages sans cassures sans raccord Le montage n est plus fait de plans mais de mouvements à l intérieur d un seul plan qui englobe fièrement l architecture pourtant tortueuse du lieu Le basculement de l action est marqué par celui de la caméra qui filme Meg face caméra en gros plan sur son lit faisant apparaitre progressivement la silhouette floue de Burnham dans le cadre de la porte au second plan c est la première fois que les deux camps sont réunis dans une même composition Une fois entrés dans la maison s en suit une rapide scène d introduction des assaillants il y a Junior un des héritiers du précédent propriétaire qui a planifié le vol afin de récupérer le butin laissé dans la panic room pour cela il convaincu Burnham un des employés de la compagnie qui a fabriqué la panic room et qui se trouve dans une situation financièrement délicate Enfin Raoul homme de main masqué qu on devine violent et impulsif C est la maison qui va provoquer la mise en place du double huis clos D abord avec la panic room restée entrouverte et dont la lumière comme un avertissement éblouie Meg dans la nuit l obligeant à se lever pour en fermer la porte et la plaçant nez à nez avec les moniteurs de surveillance Encore une fois cette scène est symptomatique du caractère de Meg personnage qui cherche à tout prix à fuir la lumière de la révélation préférant masquer ses appréhensions plutôt que d y faire face Ensuite c est Junior qui va buter dans un ballon de basket en montant les escaliers le son des rebonds se juxtaposant alors avec les images des moniteurs de surveillance Avec la course poursuite qui suit à travers les différents étages de la maison avec notamment l utilisation de l ascenseur dans lequel se réfugie les Altman et qui annonce la panic room s esquisse la perception de la maison comme un système complexe contenant différents éléments plus ou moins hermétiques les uns aux autres reliés par des canaux de communications plus ou moins accessibles unilatéraux ou bilatéraux l ascenseur les escaliers les couloirs plus tard suivront les moniteurs de la panic room le haut parleur le conduit de ventilation le réseau électrique le réseau téléphonique De cette configuration les deux femmes enfermées dans la panic room et désirant en sortir claustrophobie pour Meg diabète pour sa fille Sarah et les trois hommes désirant y entrer afin de récupérer l argent nait la tension dramatique du film Cette situation est définitivement scellée par le calfeutrage de la maison par les malfaiteurs l isolement est alors total Le film joue sur toutes les oppositions possibles entre les deux camps la plus évidente est sexuelle Sans qu elle soit marquée la place de la femme dans la filmographie de David Fincher semble osciller entre l archétype de la femme guerrière Ripley dans Alien 3 Meg Altman Lisbeth Salander dans Millénium celui de victime Tracy Mills dans Se7en Meg Altman Lisbeth Salander ou dans un plus classique rôle de muse The Social Network Fight Club L étrange histoire de Benjamin Button Comme dans le personnage de Millénium Meg Altman occupe à la fois la place de victime et celle de guerrière Mais plus sûrement Meg Altman ressemble à une réminiscence du lieutenant Ripley dans Aliens de James Cameron Film qui la voyait accompagnée de Newt une enfant retrouvée sur une colonie Il faut ainsi se rappeler la terrible séquence d ouverture de l épisode suivant réalisé par David Fincher dans le module de survie où elles ont pris place avec le caporal Hicks et l androïde Bishop Fincher nous montre la mort de tous les personnages à l exception de Ripley La séquence est d une froideur étourdissante illustrée par les seuls indicateurs des moniteurs

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  • Critique : Les Paradis Artificiels (Marcos Prado)
    deux jeunes femmes Erika Nathalia Dill et Lara Livia de Bueno en route vers une immense rave party sur les plages de Recife où la première doit jouer le rôle du DJ et d un autre côté le coup de foudre réciproque à Amsterdam entre Nando Luca Bianchi et Erika devenue une DJ réputée Deux lignes narratives temporellement distinctes dont on perçoit assez vite un futur point de rencontre puisque Nando et Erika se confient s être déjà vus quelque part avant leur coup de foudre sans savoir précisément où et quand La réponse est forcément dans leurs souvenirs les plus enfouis voire même au cœur de leur inconscient lors de la rave party un drame s était produit plus ou moins sous leurs yeux pour ne pas gâcher le suspense on n en dira pas plus Dès lors afin d aboutir à une jonction parfaite le réalisateur bâtit un montage narratif volontairement difficile à suivre où les flashbacks se mêlent au reste de l intrigue sans jamais prévenir où les frontières temporelles s abolissent une par une un peu à la manière d un tourbillon qui viendrait absorber toutes les sous intrigues dans une même bulle instable On peut y voir une analogie avec la confusion des souvenirs générée par un trip sous acide ou encore une façon de mettre tous les personnages sur un même pied d égalité comme si leurs destins réciproques étaient autant tracés d avance que reliés les uns aux autres Cette idée d un récit construit à partir des souvenirs et des sensations produit ici un effet fabuleux cela permet autant à Prado d exacerber la portée des émotions et des sentiments surtout amoureux tout en conférant à sa narration une vraie portée sensorielle qui joue sur nos perceptions de l instant présent Le parcours commun de Nando et Erika n en devient alors que plus bouleversant les deux êtres laissant peu à peu de côté leurs illusions à force de se confronter au passé en effet l un reste hanté par un traumatisme encore intact la disparition de son père lors d une plongée en pleine mer l autre cherche en vain un sens à sa vie à travers la musique et les sensations du moment Les activités secrètes de Nando lequel trafique de la drogue depuis Rio auront alors vite fait de créer une scission d autant que la toute première scène du film un flashforward où Nando sort de prison et découvre que son petit frère Felipe trafique lui aussi de l ecstasy est celle qui enclenche tout le récit Jusqu à un final qui laisse entrevoir un espoir mutuel un amour fou peut être toujours intact pour Nando et Erika une vie peut être pas encore gâchée pour Felipe Du coup même lors d une dernière demi heure sans ambiguïté la dénonciation voulue par le cinéaste ne développe aucun didactisme Bien au contraire elle reste diffuse portée par la mise en scène On précisera que cette dernière ne craint jamais

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  • Analyse : The Party (Blake Edwards)
    invité En conséquence le héros devient malgré lui le grain de sable qui fout en l air la mécanique en même temps qu il contribue très souvent à la rendre plus animée Même en tentant de se familiariser avec toute cette smala de riches notamment en se montrant poli et joyeux avec les invités il semble toujours à côté de la plaque soit son intervention est maladroite après avoir ri à une histoire drôle racontée par un groupe le voilà qui par réflexe rit à l identique en écoutant l histoire pourtant tout sauf drôle d un autre groupe soit sa présence devient gênante il faut le voir interrompant sans arrêt une partie de billard afin qu on lui explique les règles soit son statut d inconnu total le place en retrait du groupe Quoique ce dernier point présente une nuance son humour et sa sympathie finissent par séduire un célèbre acteur de western à la poigne d acier ainsi qu une superbe actrice française elle aussi un peu seule durant toute la soirée Cette idée de l intrus qui dérègle la marche tranquille du monde n avait cependant rien d une nouveauté tant les personnages de cartoon et les génies burlesques de l époque du genre Charlie Chaplin ou Buster Keaton semblaient déjà avoir fait tourné la machine jusqu à la rouille The Party donne bien sûr l impression de labourer à nouveau le même terrain mais avec quelque chose que les comédies de l époque ne possédaient pas une épure stylistique à toute épreuve Déjà même en sachant que l idée fut abandonnée dès le début du tournage Sellers ayant décidé d ouvrir la bouche dès la première scène doit on vraiment s étonner d apprendre que l objectif initial de Blake Edwards était de réaliser une comédie muette Pas du tout puisque The Party se révèle être un film de pure mise en scène aux dialogues aussi minoritaires que les entrées de champ sont majoritaires misant tout sur la mise en espace du corps dans le cadre et le simple déplacement des personnages au travers des différentes échelles de plan chaque plan offre toujours une multitude de micro détails à picorer C est l art du gag visuel où le dialogue n intervient que lorsque la parole devient utilité narrative et où le jeu épuré sur la scénographie devient force de loi C est là qu il convient d évoquer ce décor hallucinant sorte de maison trop luxueuse et sophistiquée pour ne pas sembler suspecte ou propice au détraquage où les perspectives géométriques sont à deux doigts d évoquer un décor mental où les escaliers en spirale longent de nombreux salons façonnés à la manière de l art contemporain où des passerelles en marbre surplombent de vastes ruisseaux artificiels qui se jettent dans une piscine Sans parler du détail le plus frappant la technologie est omniprésente dans cette maison si l on en juge par ce pupitre électronique où chaque bouton a sa fonction bien sûr on

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  • Courte-Focale.fr : Critique de Pas De Repos Pour Les Braves
    à se mettre d accord où l ombre métaphysique de la mort porte le nom de Faftao Laoupo et où n importe qui ressuscite sans qu on sache pourquoi Voilà Si un tel scénario donne l impression d avoir été rédigé sur les cabinets un lendemain de cuite au muscat ou s il parait idéal pour concurrencer en incongruité tout ce que le cinéma semble avoir pondu depuis ses origines ne vous y fiez surtout pas La cohérence a beau être aux abonnés absents en ce qui concerne les ingrédients d une intrigue de cinéma bien ficelée telle que nos apôtres du cinoche auteuriste n arrêtent pas de le vendre elle est en revanche bien présente dans ce que le film cherche à explorer Ce film de très loin le plus beau et le plus abouti d Alain Guiraudie est l une de ces raretés si précieuses comme le 7ème Art se plait à nous en pondre une fois tous les dix ans On avait beau connaître le travail de Guiraudie artiste plasticien connu aussi bien pour ses univers picaresques que pour ses prises de position politiques très orientées à gauche jamais il n avait atteint un tel point d excellence surtout lors de cet équilibre quasi imperceptible entre le réel et l imaginaire Ce qui s avère assez logique tant le film se veut une errance existentielle qui se construit au fil des rêveries et des interrogations de son héros Celui ci Basile semble persuadé que s il se mettait à dormir il ne se réveillerait plus Du coup il ne dort plus et s aventure ici et là sans trop savoir pourquoi ni dans quel but Après tout part tranquillement en sucette puisque ce jeune débile coiffé d un bonnet en raphia orange tue tout un village change d identité enfin il semble et s embarque dans un étrange road movie en compagnie d un truand décalé Chaque rencontre devient alors une sorte de girouette qui risque d influer sur son parcours et modifier ses perceptions et Guiraudie filme avant tout ses personnages comme des êtres qui agissent par instinct et non par réflexion Ce sont un peu des autochtones conscients de la vacuité du monde qui les entoure mais qui par leur façon de penser tout haut réussissent toujours à sortir de leur carcan et à remonter la pente Basile lui se cherche pendant tout le film et les fausses pistes qui se dégagent de l ensemble forment le film lui même Lire à chacun d y voir un miroir déformé et hédoniste des vertiges mentaux occasionnés par les films de David Lynch mais si le film échappe aux étiquettes c est parce qu il ne ressemble à rien de déjà vu On l aura compris le tout est ici de se laisser faire de s aventurer dans un univers qui se construit sous nos yeux et qui échappe à la sécheresse du quotidien Alain Guiraudie filme pourtant son foutoir magnifique comme un décor de proximité habité

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