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  • Critique : [REC] 4 - Apocalypse (Jaume Balaguero)
    épisode Et comme on pouvait le craindre le sous texte apocalypse frise le mensonge éhonté Pour faire simple on se retrouve dans la même situation que face au récent Riddick de David Twohy un univers éclatant aux yeux du monde à travers un premier film mémorable amorçant la promesse d une conclusion dévastatrice qui mouline de folles attentes chez les fans et en fin de compte rien de plus qu une banale petite série B sanglante et relativement énervée qui se contente tout juste de recoller les derniers morceaux de la saga On ne sait pas trop si Balaguero s était rendu compte un peu tard qu il ne pouvait pas tirer son univers vers des horizons trop lointains ou si un tel choix résidait d un éventuel manque de budget rappelons que le cinéma de genre espagnol va presque aussi mal que le nôtre mais toujours est il que l intrigue a de quoi nous laisser sur notre faim Revoilà donc la journaliste Angela Vidal Manuela Velasco toujours aussi mignonne en débardeur sali enfin extraite du sombre immeuble de Barcelone où elle était bloquée durant une mise en quarantaine L immeuble étant détruit et le virus apparemment décimé elle se retrouve de nouveau isolée mais cette fois ci sur un paquebot baptisé Zarathustra ne me demandez pas pourquoi où une poignée de scientifiques étudie un échantillon du virus afin d en tirer un éventuel vaccin Ne me demandez pas ce qu il va se passer vous l avez déjà deviné Grosso modo le cadre est fixé dès le départ ce décor de bateau aide certes à rassembler des personnages clés de l univers afin de former une symbiose idéale avec les trois précédents films et ce en se concentrant sur l envie d éclairer les dernières questions que l on se posait à tout prendre on aurait quand même préféré que le mystère reste entier Mais hélas il ne peut aussi qu enfermer l intrigue dans un cadre peu expansif d autant plus mal exploité qu il ne reproduit jamais la tension claustro du premier REC En cela au delà de commettre un certain nombre de gaffes narratives et de laisser peu à peu des stéréotypes s agiter autour d une héroïne plus énervée que jamais un geek voyeur des scientifiques bornés des soldats aussi expressifs que des pneus etc REC 4 se veut en fin de compte un banal rollercoaster d horreur bisseuse où tout le monde ouvre et referme des portes tout en courant sans trop s arrêter dans des coursives mal éclairées le tout supervisé par un Balaguero qui semble lui même ne pas savoir quoi faire Du côté de la mise en scène c est le bordel outre une narration limitée à bâtir un suspense mou du genou les excès de shaky cam font de vilains dégâts aux scènes d action quand ce ne sont pas des mouvements de caméra assez débiles qui prennent le relais exemple comme on est en pleine mer le cadre

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  • Critique : Le Règne Des Assassins
    de cette oreille et préfère l envoyer ad patres C est que comme lui affirmera une ancienne collègue devenue ennemie on ne quitte pas aisément le monde des arts martiaux Afin de disparaître Bruine choisit ainsi de changer son visage Par cette opération se pose la première illustration visuelle du personnage principal Le changement de visage et d identité est un premier pas pour oublier la personne que l on était et donc se rebâtir Faire table rase du passé est son objectif mais le seul changement de visage n est pas suffisant En ce sens le subterfuge ne fonctionne guère puisque tout le monde lui tombera dessus devinant sans mal son moi profond derrière la nouvelle apparence Le changement de visage n est donc que le premier pas vers un accomplissement existentiel et spirituel Avec une intrigue centrée autour du cadavre de Bodhidharma l histoire ne pouvait être qu empreinte de spiritualité C est ainsi le court mais essentiel personnage du moine qui assurera la possibilité de transformation de Bruine En acceptant de se transformer pour elle en un pont de pierre leur rencontre aura d ailleurs lieu sur un déjà symbolique pont il lui ouvre la voie de la libération et de la plénitude Le concept de transition liée au cheminement de l héroïne se traduit ainsi longuement dans le film et ne manque pas de contaminer les autres personnages Une tueuse fraîchement enrôlée sera inhumée vivante avant d être déterré pour s offrir à une nouvelle existence Un personnage se verra réinsuffler la vie par la personne même qui lui a apporté la mort Quant au final il prendra place dans un cimetière Un choix de lieu évident pour définitivement enterrer le passé et partir vers un futur neuf Le long métrage se laisse régulièrement porter par ces illustrations de mort et de renaissance Il s agit là bien sûr de tirer la force primale du récit Il en va de même pour les multiples invocations de la nature comme moteur du destin Des averses régulières permettront le rapprochement de deux personnages qui aboutira à la romance de l histoire les flots d une rivière emportent un corps agonissant vers la résurrection Tout ceci conduit à donner une saveur émotionnelle à une morale prônant des valeurs usuelles Après tout Le Règne Des Assassins est un film qui appelle chacun à se connaître soi même d accepter ce que l on peut être et ce que l on veut être En ce sens la rencontre initiale entre l héroïne et le moine fait comprendre à la première la fiabilité de sa vie de tueuse Pragmatiquement le second lui dévoilera l implication horrible de ses actes par son sacrifice Toutefois il aura également pris soin auparavant de lui révéler qu elle ne pourra jamais être l artiste martiale la plus accomplie Afin de prévenir toute rébellion son maître aura en effet inséré des failles dans l enseignement de ses techniques de combat Malgré sa grande maîtrise les quatre coups

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  • Critique : La reine des neiges (Chris Buck & Jennifer Lee)
    se caractérise de la même manière dans son rapport avec sa sœur Afin de la protéger Elsa rompt ses liens avec Anna et l entraîne avec elle dans son déprimant isolement C est pourtant bien sa sœur qui est la solution à son dilemme seul personnage capable d accepter sa nature de manière inconditionnelle et de lui ouvrir les portes d un monde qu elle juge non pas terrifiant mais fascinant La justesse des personnages et la pertinence de leur relation donnent clairement tout son poids à l histoire Aussi émouvants que soient ces protagonistes le scénario se montre néanmoins perfectible lorsqu il s agit de les mettre en contexte Elsa pense donc qu elle ne sera pas acceptée par le monde en raison de ses pouvoirs Sachant comment les gens réagissent face à ce qui sort de la normalité on peut donner raison à cet état d esprit aussi dramatique soit il Or le long métrage n offre fondamentalement aucune illustration de cet aspect La découverte des pouvoirs d Elsa ne provoque ainsi guère plus que des visages d étonnement auprès de la population Les sentiments de terreur de haine et de rejet sont circonscrits sur un seul et unique personnage En chargeant ces émotions sur un protagoniste qu on peut alors considérer comme misérable La Reine Des Neiges réduit une part de sa portée émotionnelle Il offre là l opportunité de pointer du doigt de viles opinions sans nous conduire à la conclusion que l on pourrait nous mêmes les nourrir Le parcours d Elsa est pour le moins similaire Fuyant son royaume elle se construira une forteresse de solitude où elle aura tout le loisir d être elle même Toutefois cet exil ne lui fera entretenir aucun ressentiment envers le peuple qui l a rejeté Alors que le refoulement devient le terreau de rancœur et de colère envers la société qui l a imposé le studio fait abstraction de ces éléments trop noirs Elsa reste une reine avec ce regard bienveillant envers ces sujets quoi qu il advienne Tout ceci apparaît trop superficiel par rapport à ce que le sujet proposait En ce sens La Reine Des Neiges rejoint clairement toutes les problématiques des derniers Disney Tout en respectant la tradition il est tenté de réinventer des canevas classiques ou même de les détourner C était le cas par exemple des Mondes De Ralph qui choisissait de se pencher sur la figure du méchant Pour autant le studio peine à ménager ses composantes Il y a un véritable écartèlement entre la compréhension que le renouvellement en profondeur est nécessaire et la volonté de maintenir des acquis bien établis En résulte ce fort sentiment d ouvrage timoré soucieux d ouvrir de nouvelles possibilités tout en s effrayant de ce qui pourrait en ressortir Le refus de l antagonisme en tout cas dans sa plus grande partie était un choix audacieux pour La Reine Des Neiges Mais trop d astuces sont mises en place pour contourner les recoins les

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  • Analyse : La reine Margot (Patrice Chéreau)
    malade atteint d un cancer ou d une leucémie dans lequel des globules contaminés s agitent jusqu à s autodétruire rongés par la haine et le pourrissement Et lorsqu il s attache à explorer le fonctionnement interne d une famille le cinéaste est clairement du genre à rester attaché au plus fou de la bande Ici il n y a que l embarras du choix autour d une Catherine de Médicis transformée par la géniale Virna Lisi en duègne vampirique et dont la noirceur à la fois extérieure et intérieure n est pas sans évoquer Nosferatu gravitent trois hommes trois fils dégénérés qui s étripent dans leur coin D abord le fiévreux Charles IX Jean Hughes Anglade tout bonnement hallucinant assimilable à un enfant fragile et capricieux assoiffé de sang et de chasse manipulé de tous les côtés qui trouvera finalement la lumière de la rédemption lors d une inoubliable scène d agonie Ensuite le duc d Anjou Pascal Greggory vecteur malsain d un mysticisme pervers autant que d un vrai dérèglement charnel il n y a qu à voir le lien incestueux qu il entretient avec Margot dont le regard perçant et la posture sans cesse courbée ne sont pas sans évoquer l attitude d un serpent répandant ici et là le venin que sa propre mère lui a inoculé Enfin le duc d Alençon Julien Rassam sorte de satellite nabot et disgracieux qui ne maintient l attention de personne mais qui de par son point de vue immature sur ce qui l entoure donne à la cour entière la dimension d un jardin d enfants pervertis rentrés bien trop tôt dans le monde des adultes Pour Margot appartenir à une telle lignée est à rapprocher d une malédiction ce qu elle ne cessera en vain de hurler à la suite du massacre C est d ailleurs ce que l on pouvait déjà percevoir en amont dans la scène inaugurale du mariage une fois la déclaration effectuée par l évêque les chœurs soudains de l église évoquent un mauvais présage d autant qu ils retentissent au moment où les convives entourent Margot comme une communauté accueillerait son nouvel initié à la suite d un rite de passage Et juste après au sein même du cortège nuptial l unité fantasmée par Catherine de Médicis n est qu une vue de l esprit puisque le mensonge s est installé dans les esprits et que les tensions sont toujours là souterraines sournoises voire implicites Tout va s aggraver être voué à la destruction et au déchirement dans un clan comme dans l autre brisant peu à peu les approches de familiarisation que l un pouvait avoir de l autre Même Henri de Navarre présenté a priori comme un être faible ne semblera pas si étranger que cela au concept de manipulation en effet plus tard dans le film le fait de sauver Charles IX d une attaque de sanglier peut aussi bien se lire comme un essai de rapprochement avec les catholiques que comme un choix stratégique puisqu il sera celui lui même qui montera sur le trône lorsque la dynastie des Valois s éteindra De même que le destin des deux héroïnes principales en sortira transformés Margot sera enfin libérée de la malédiction de sa famille et renouera in fine avec la compassion mais au prix d une solitude déchirante tandis que Catherine de Médicis verra sa raison d Etat aveugle en faveur de ses fils se retourner contre elle lorsque l un d eux deviendra la cible d un empoisonnement mortel ROUGE ET NOIR On l aura donc compris le rouge va avoir une place de choix dans cet univers de fous furieux et pas qu un peu A ce titre le massacre de la Saint Barthélemy filmé avec une crudité inouïe et nanti d une violence stylisée qui inonde de sang la moindre parcelle de décor aura vite fait de devenir le point de bascule de la colorimétrie adoptée par Chéreau sur l ensemble du film Celle ci se ressent en premier lieu sur les costumes d abord marqués par un contraste des plus visibles La scène du mariage prend d abord soin d éparpiller les clans en les identifiant par un code couleur précis le noir des protestants qui portent le deuil de leur reine soupçonnée d empoisonnement se mêle au rouge luisant des catholiques et des tribunes de la cathédrale Une couleur noire qui disparaîtra au cours du massacre des protestants pour laisser la place au rouge celui de ce sang qui souillera et tâchera à jamais les vêtements blancs de chacun le blanc étant d ailleurs la seule couleur qui forme la deuxième couche de vêtements de tous les personnages Seule Catherine de Médicis restera vêtue de noir jusqu à la fin faisant malgré elle de cette couleur celle de la honte autant que celle d une carapace hypocrite ici à l épreuve de toute tâche de sang qui viendrait éventuellement salir son honneur Mais le sang n est pas seulement ici ce liquide poisseux qui s écoule des gorges tranchées et suinte des corps empoisonnés C est surtout un fardeau une malédiction comme on l évoquait plus haut qui ronge les rapports familiaux jusqu à les contaminer et les détruire D où cette famille de morts vivants lentement condamnée à l extinction pure et simple comme un cadavre qui resterait là à pourrir sous un soleil de plomb En lieu et place de la fresque historique que l on pouvait attendre cette sidérante tragédie familiale a cela de paradoxal qu elle fait se cohabiter deux éléments inhabituels le plaisir et la souffrance Avant de se lancer en plein tournage Chéreau évoquait dans ses notes de réalisation vouloir montrer le côtoiement de la mort avec le plaisir charnel le sens de la faute avec le goût du plaisir Dans son film les corps seront donc habités par une sorte de transe à la manière d une enveloppe appelée à se déchaîner au mieux ou à se

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  • Analyse : Les rencontres d'après-minuit (Yann Gonzalez)
    l imaginaire De là en découle une déchirante cartographie des nuages intérieurs où la farce noire à la Buñuel s incruste au beau milieu d un ouragan de mélancolie grave Mais si le film semble clairement délaisser la trivialité et s ancrer dans la morbidité au même titre que le serait un énième clip de Laurent Boutonnat il trouve une heureuse échappatoire au travers de la rêverie Cette rêverie qui semble ordonner le spleen des personnages qui les relie les ouvre automatiquement aux autres dans un même élan de rassemblement jusqu à une scène finale qui fait évoluer leur complicité érotique vers une possible unité familiale Qu il s agisse des récits effectués par chacun des invités ou des nappes enveloppantes signées par le groupe M83 avec son leader Anthony Gonzalez frère de Yann tout le film concourt à la plus mystérieuse des échappées au rêve sans cesse renouvelé d un ailleurs tour à tour fantasmé ou redouté Et au travers des récits remémorant les souvenirs personnels des personnages sous un angle tantôt féérique tantôt cauchemardesque se noue une continuité précise une irrépressible fascination pour la mort ici mêlée à une délivrance espérée par l intermédiaire du sexe Il faut voir comment un simple dialogue cryptique celui de Matthias évoquant un songe où les enfants dirigent le royaume des morts ou une vision fantasmatique à la Lewis Carroll celle de la Chienne qui le long d un travelling latéral se rapproche du sein maternel tout en prenant de l âge à chaque nouvelle pièce traversée parviennent à capter aussi précisément ce genre d état d âme Mais là où Gonzalez frappe encore plus fort sur ce point c est lorsqu il intègre au sein du film un élément inattendu le fameux juke box sensoriel qui enclenche une musique électro en fonction de l humeur de celui qui pose la main dessus Une idée géniale qui en tant que telle suffit à annihiler ce reproche récurrent sur le rôle malhonnête de la musique comme esquive censée compenser l absence d émotion au cinéma c est justement au travers de cette montée en puissance qu il est possible pour les personnages de prolonger l apparition de la moindre émotion chez eux d en apprivoiser chaque nuance dans l écoulement de la durée jusqu à la rendre pure et totale Le réalisateur fait ainsi naître le vertige par l association image musique pour mieux nous entraîner au bord d un délicieux gouffre d émotions et c est peu dire si chuter dedans procure ici une jouissance infinie Le rythme hypnotique recherché par Yann Gonzalez atteindra d ailleurs un stade supplémentaire lors de deux séquences précises d une part une délicieuse transe sexuelle tournée en nuit américaine sur une vaste plage l effet est le même qu au cours d une séance de sophrologie et d autre part une salle de cinéma où la Star projette ses fantasmes en l occurrence un inceste mère fils au sein du film lui même projeté sur l

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  • Courte-Focale.fr : Replicant
    personnage vierge de toute expérience humaine Pour réussir à paraître crédible dans un tel rôle il savait qu il lui faudrait quelqu un apte à le diriger correctement Lam était ainsi la personne parfaite pour ce job Dans une interview française aussi désopilante que désolante disponible sur le DVD Van Damme explique ainsi que Lam lui a demandé de regarder énormément de documentaires National Geographic pour réussir à appréhender le comportement instinctif du clone Ce dernier n ayant aucun apprentissage du monde et de la vie il s agissait de réussir à trouver l expression la plus primitive de ses émotions Dans l inintéressant commentaire audio l acteur va plus loin en affirmant que pour le personnage du tueur Lam l a poussé à puiser dans les émotions exprimées généralement au gré de ses tristement célèbres monologues pour nourrir son interprétation Bref Lam a recours à des orientations pertinentes pour tirer le meilleur des capacités de Van Damme En se montrant aussi crédible dans un rôle que dans l autre ce dernier livre probablement ici la meilleure interprétation de sa carrière Même la si souvent moqueuse critique lui fera un plébiscite et saluera la qualité insoupçonnée de son jeu Pour Lam il ne s agit toutefois pas juste d offrir un véhicule à la star aussi remarquable se montre t elle L excellente interprétation de Van Damme se doit d être au service de la conception qu il se fait du projet En acceptant la réalisation Lam va changer drastiquement la portée initiale de celui ci D abord orienté vers le film d action façon buddy movie le cinéaste ramène Replicant à son style propre Sur Volte Face John Woo avait limité les éléments de science fiction pour tendre vers une surenchère opératique qu il lui sied plus Sur un sujet similaire thématique autour la dualité de l être dans un contexte faussement futuriste Lam fait de même en éliminant l argument comique de l équation pour revenir vers le polar brut de décoffrage Il s approprie le projet et a cette fois ci l opportunité d explorer pleinement le thème du double A l inverse de Risque Maximum ce concept est le moteur même du film et ne peut ainsi pas être minimisé Lam a tout le loisir d explorer les mécanismes de son intrigue en montrant comment un flic l irremplaçable Michael Rooker est chargé de retrouver un tueur à l aide du clone de ce dernier Le script passionne par le rapport humain qui s établit entre les deux personnages le premier étalant sur le second toute sa haine envers l assassin en le traitant comme un chien L argument même de l intrigue tend vers le subversif Pour les autorités le clone est la réplique parfaite du tueur et en conséquence est assujetti aux mêmes pulsions meurtrières Le seul intérêt des responsables est en conséquence de réveiller le tueur à l intérieur du clone pour avoir une piste afin d arrêter l original Selon eux l

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  • Critique : Restless (Gus Van Sant)
    pas lui même l auteur du scénario c est le jeune Jason Lew qui voulait initialement écrire une pièce de théâtre avant que son amie Bryce Dallas Howard ne l encourage à écrire l histoire d un film qu elle produirait elle même mais il ne cesse de répéter en entretien à quel point celui ci correspondait à ce qu il avait envie de mettre en scène à quel point il l a porté à l écran tel quel sans y apporter la moindre modification Toute la normalité de Restless tant sur le plan narratif que sur celui de la mise en scène paraît trouver une justification lorsqu on le confronte à ses aînés dans l œuvre vansantienne La sophistication formelle de la quadrilogie évoquée précédemment paraissait figurer une sorte de bulle dans laquelle évoluaient les jeunes personnages semblait être là pour offrir une consolation illusoire au tragique de leur existence Mais la bulle menaçait toujours d éclater et de marquer ainsi une prise de conscience brutale de la dure réalité et cet éclatement était la fin sans appel d Elephant ou encore de Last Days tandis que seul Paranoid Park offrait un épilogue plus optimiste après que le personnage s est confronté à sa propre violence Ici c est comme si l éclatement était déjà advenu depuis bien longtemps et donc comme si la réalité n avait pas besoin d être enjolivée par quelque virtuosité formelle que ce soit d où cette épure dont on avait perdu l habitude chez Van Sant Restless s ouvre sur la rencontre des protagonistes qui assistent tous les deux à un enterrement sans y connaître qui que ce soit Ils sont habitués à la mort depuis un certain temps Enoch parce qu il l a pour ainsi dire connue lors de l accident de voiture qui a tué ses parents et l a plongé dans un coma long de trois mois Annabel parce qu elle s avance lentement vers une rencontre imminente avec elle il ne reste à la jeune fille que trois mois à vivre lorsque le métrage débute Au début on pense bien sûr à Harold et Maude 1971 en croyant qu Enoch et Annabel partagent eux aussi un goût pour le macabre qui faisait toute l ironie morbide du film d Hal Ashby Il n en est rien lui est obsédé par les enterrements parce qu il n a pas pu assister à celui de ses propres parents étant plongé dans le coma et elle paraît vouloir s habituer à l idée de sa mort prochaine pour s y diriger avec la plus grande sérénité possible C est ce que lui proposera Enoch de l aider à aller vers la mort lui qui en quelque sorte en revient Sa solution est simple vivre plus intensément que jamais Dès lors la menace du basculement de l œuvre dans une catégorisation feel good movie peu digne de Van Sant apparaît Mais jamais il ne mettra le paquet sur un humour qui serait

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  • Courte-Focale.fr : Critique de The Ring
    nous ne connaissons pas celui que s est forgé Samara pendant les sept jours où elle agonisait dans le puits On ne découvrira pas ce monde parallèle si ce n est durant la courte vidéo Pour les plus curieux The Ring 2 la suite américaine réalisée par Nakata lui même peut être pour se faire pardonner d avoir offert un faiblard Ringu 2 offre aux spectateurs une séquence se déroulant entièrement dans le monde de Samara Et cette fameuse cassette vidéo Dans Ringu ce terrible film durait moins d une minute et comportait des éléments inexpliqués et ou inexplicables Ici cela semble être le cas au début mais plus le film avance plus nous comprenons que Rachel se retrouve confrontée dans sa vie quotidienne à des éléments de la vidéo C est un changement qui peut sembler anodin mais qui ne l est aucunement celui ci étant surtout lié à la culture américaine plus logique et rationnelle Rachel utilise cette vidéo pour avancer dans son enquête mais se retrouvera au final là où tout a commencé dans le chalet C est dans ce lieu que nous avons droit aux scènes les plus intéressantes visuellement parlant Gore Verbinski a fait le choix de n utiliser dans son film aucune couleur vive l ensemble étant très sombre et lugubre Pourtant lorsque Rachel regarde la vidéo le chalet est comme tamisé d une lumière rouge celle créée par un arbre solitaire dont les feuilles semblent prendre feu lorsque le soleil se couche Ce superbe effet reviendra bien entendu le septième jour lorsque Rachel et son ex mari retourneront dans le chalet Visuellement parlant le film est donc une réelle réussite Gore Verbinski faisant preuve d une belle audace en s éloignant considérablement de l esthétique de Ringu Le metteur en scène a donc choisi une photographie froide jamais le soleil n arrive à franchir cette barrière de nuages mais en totale adéquation avec la psychologie de l héroïne dont la solitude n a d égale que sa perdition Le metteur en scène déploie tout son savoir faire technique à l aide d une réalisation fluide et nette qui sait néanmoins s emballer quand il le faut le suicide du cheval est de loin la scène où la réalisation est la plus tremblante On pourra alors pardonner au long métrage quelques ajouts pas forcément honteux mais inutiles à la narration justes bons à rajouter des scènes d horreur le rêve de Rachel Cependant si The Ring a acquis une réputation de film effrayant il faut reconnaître que le scénario n a pas oublié l aspect dramatique de l original Si la relation entre Aiden et Rachel est bien plus poussée dans la suite tout comme le lien qui uni Samara et Aiden nous avons tout de même droit ici à des scènes touchantes l enterrement du début le sort des parents de Samara et de Samara elle même qui permettent au film de mieux berner le spectateur Faire passer Samara pour une victime et

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