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  • Courte-Focale.fr : Critique de The Thing
    les rapports et frictions entre divers clans Malheureusement tout ceci semble perdu au fil de piètres réécritures Cette méfiance vis à vis de l étranger ne voit le jour qu au sein d un dialogue et ne sera jamais vraiment exploité Le problème du film est toutefois plus large puisque le drame de ce The Thing est de ne pas réussir à instaurer le même sentiment de paranoïa que son aîné Les personnages exposent platement leurs doutes et on n éprouve fondamentalement aucune peur ou soulagement quant à la révélation sur la nature de l autre Il y a par là bien sûr un gros souci de caractérisation des personnages Chez Carpenter il suffisait de quelques images pour s attacher immédiatement à eux Ici les personnages n arrivent pas à vivre et se montrent fade par leur absence de caractéristiques au delà des stéréotypes qu ils incarnent C est d autant plus frustrant que le film offre un beau casting de trognes qui ne demandent qu à avoir un rôle à défendre Cette nouvelle version ne joue plus sur un suspense redoutable mais sur un sensationnalisme de bas étage On gardera certes longtemps en mémoire les effets chocs de Carpenter lorsqu il fait apparaître les ahurissantes créatures conçues par Rob Bottin Mais ceux ci s inscrivaient au sein d une logique narrative brillante cultivant les relations entre les personnages Des relations ici soporifiques puisque juste traitées comme des passages obligés le contrôle des plombages remplaçant le test sanguin est d un ridicule achevé avant les irruptions d horreur Le film joue ainsi la carte de la grosse artillerie en montrant une créature qui fonce dans le tas en absorbant tout ce qui lui passe par la main En ce sens on perd encore une des particularités du film original Acteur principal de celui ci Kurt Russell déclara à l occasion d un commentaire audio qu il est envisageable d interpréter le long métrage selon le point de vue de la chose En gros il s agirait de voir le comportement d un animal qui tente de survivre dans un environnement inconnu et hostile En ce sens la créature cherchait avant tout à se camoufler et se dévoilait uniquement lorsqu aucune autre option n était envisageable Le remake semble lui s en être arrêté au stade de la créature primitive qui veut tuer tout le monde ce qui tend le film vers le plus banal monster flick Les excuses pour les apparitions de la créature sont ainsi d une bêtise stupéfiante et surtout d une prévisibilité confondante En jouant pleinement sur un sentiment de paranoïa Carpenter rendait imprévisible les apparitions de la chose Ici elle met en œuvre des stratégies tellement grossières pour assurer sa survie alimenter la haine entre les humains ou isoler une personne un peu trop perspicace qu on devine rapidement qui est contaminé On attend plus alors avec un ennui poli que la créature se dévoile enfin devant cette bande de fieffés imbéciles Admettons au moins que

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  • Courte-Focale.fr : Critique de This Must Be The Place
    pour Sorrentino un gigantisme et le genre cinématographique qui est le mieux à même de le saisir Après un face à face manqué avec le paternel méprisé parce que toujours supposé méprisant l anti héros se lance à la recherche de l ex nazi qui avait humilié son père du temps où celui ci était déporté à Auschwitz L intrusion dans cet univers bien particulier que la première partie s était lourdement attachée à décrire de la plus grande tragédie du XXe siècle l Holocauste surprend au plus haut point Lorsque le film se termine on hésite quant à ce qui est le plus abject avoir étouffé ce thème si grave dans une forme purement clinquante ou avoir simplement pensé à le convoquer Sorrentino explique avoir depuis longtemps en tête cette idée d un vieux nazi que l on irait traquer dans un coin reculé au possible des États Unis Au final dans This must be the Place c est le contraste entre deux univers très différents qui l intéresse On lui concèdera au moins que la chose est en effet surprenante et qu elle n était pas à rejeter sur le papier Mais voir des images des camps d extermination prises en sandwich entre deux scénettes s attachant là encore vaguement à saisir les excès et les signes de la dérive de la société américaine entendre les tirades absurdes de ce chasseur de criminels joué par Judd Hirsch ou voir la vengeance de Cheyenne s accomplir de la manière la plus terrible qui soit nous fait nous interroger sérieusement sur les questions que Sorrentino s est posées lui au stade de l écriture et à celui de la mise en scène de son film Et l on se dit qu elles n ont pas dû être bien nombreuses On se trouve presque là face à une version scénaristique du problème que soulevait Jacques Rivette à propos de Kapo de Gillo Pontecorvo dans les Cahiers du Cinéma en 1961 celui de la morale qui est l affaire de toute représentation de toute mise en scène pour Rivette on ne saurait filmer en un travelling ultra esthétisant la mort d un jeune homme dans un camp d extermination Ici la Shoah ne bénéficie d aucun traitement digne de ce nom et n est que noyée parmi les autres éléments que le scénario tente maladroitement d agglomérer La découverte par Cheyenne du passé douloureux de son père ne paraît susciter en lui qu un léger émoi à peine transmis au spectateur et déclenche une mécanique de la vengeance libératrice que rien ne vient épaissir de quelque questionnement que ce soit au point que au delà de toute considération morale le film soit émotionnellement plat et que le Prix du jury œcuménique qu il a reçu à Cannes nous afflige Restent les impressionnants paysages étasuniens et l inscription sur la toile de fond qu ils offrent du personnage de Cheyenne C est particulièrement dans la seconde partie que l on réalise que le

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  • Critique : Thor (Kenneth Branagh)
    spectateur qu il est bien face à une grande fresque dramatique faite de déchirements familiaux Mais c est un subterfuge tout juste bon pour convaincre ceux qui ne jurent que par les dossiers de presse Il est tout à fait impossible de se laisser emporter par les ressorts d une tragédie éculée au possible Ah quelle matière il y avait là avec une histoire où se heurtent conflit avec le père trahison fraternelle course pour le pouvoir bannissement et quête du héros de l essence de sa propre grandeur Des intrigues tournant autour de la relation entre quelques personnages mais qui déterminent le sort du monde Du fait d enjeux sous jacents immenses ces ficelles narratives nécessitent en conséquence qu on les assène avec poigne et un sentimentalisme presque outré Alors que Branagh n a jamais hésité auparavant à verser dans une hystérie limite caricaturale Thor étonne par son côté assagi fort ennuyeux Les rebondissements de la tragédie nous sont assénés avec mollesse dans des discussions dénuées de tension et où les actes les plus tourmentés sont expédiés sans aucune forme de préoccupation dramaturgique voir ce parricide traité comme une banale exécution de sbire Thor est incapable de rapprocher des relations à petite échelle avec leurs conséquences à grande échelle ce qui au bout du compte donne cette impression de film étriqué Les scènes d action sont d ailleurs régulièrement circonscrites à des environnements réduits un pont la ruelle principale d une ville de campagne une petite base composée de tunnels en plastique et on se pique régulièrement à rechercher où se trouve l ampleur d une production pourtant si riche Car il y a de l argent à l écran et pas qu un peu Le seul mérite du film tient à cette technique industrielle rodée et professionnellement exécutée Les décors mis au point par Bo Welch Batman Returns Men in Black sont bien fignolés les costumes sont impeccablement taillés les effets spéciaux sont absolument remarquables et arrivent lors de certains money shots spectaculaires la destruction d une partie du monde des glaces seul véritable moment d intensité en deux longues heures de spectacle à nous faire croire à la grandeur du divertissement Mais Branagh ne semble pas prendre à cœur d en exploiter les possibilités En interview l auteur de Dead Again botte en touche lorsqu on évoque la nécessité pour lui de s inscrire dans l univers Marvel Il déclare qu il n a eu aucun autre souci que de faire juste un film se suffisant à lui même Si le film a certes le mérite d offrir un arc narratif complet pas d enjeux laissés en suspens à part l inévitable ouverture sur une potentielle suite difficile de croire qu il ait pu s atteler à la production sans restriction Le professionnalisme des techniciens devient moins un outil pour satisfaire les choix du cinéaste que pour remplir les exigences du studio Qu importe ainsi la qualité artistique de l objet tant que les ingrédients nécessaires au

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  • Critique : Timbuktu (Abderrahmane Sissako)
    son refus Intervenant sans crier gare dans la narration pour disparaître aussi sec la scène n ira pas plus loin que ça Reste que cet apparent désert d enjeux bâclés et éparpillés a vite fait d incarner une topographie idéale du cadre de l action Film purement spatial avant tout Timbuktu se circonscrit à une poignée de lieux le village la tente du héros le fleuve un arbre un terrain de foot etc tous éparpillés sur une vaste étendue désertique à la manière de petites pièces qui faute de raccordement progressif échouent à constituer une mosaïque à part entière Du coup devant la prédominance de ces petits fragments de vie et d espoir il ne reste à Sissako que l universalité du symbole seul angle possible pour porter l impact visuel d un plan ou d une idée vers de beaux sommets Si ce désert magnifiquement filmé la photo de Sofian El Fani est à tomber à la renverse est un palais à ciel ouvert les petits interdits qui se cachent et s invitent d une dune à l autre surtout la musique et le sport sont de précieuses images qu il convient de protéger et de sublimer C est la plus grande audace du film terriblement logique en soi faire passer la résistance davantage par l éparpillement des idées donc par leur diversité que par leur uniformisation laquelle est en général la porte ouverte aux dogmes Ainsi donc il suffit à Sissako de prendre chaque scène une par une afin d en décupler l impact symbolique chose qu il réussit ici au centuple Une petite fille debout à côté d un arbuste isolé en plein milieu du désert et c est toute la situation de la jeunesse malienne qui est représentée Des masques maliens s abîment sous les balles des oppresseurs laissant une épaisse fumée sortir de la bouche d une statue en bois et c est tout un art ancestral qui hurle sa souffrance en silence Des enfants jouent au football avec un ballon invisible comme dans le Blow up d Antonioni souvenez vous des saltimbanques mimant une partie de tennis et c est toute la puissance de l imaginaire qui se voit alors sublimée Une vaste surface d eau sur laquelle un meurtre accidentel vient d avoir lieu avec deux hommes qui marchent péniblement dans des directions opposées seul le meurtrier réussira à atteindre le rivage et c est une situation universelle sans lien symbolique avec l islam un simple conflit entre voisins qui s installe dans ce désert Un tribunal djihadiste place le meurtrier involontaire face à l implacabilité de la charia il se voit incapable de rassembler assez de vaches pour obtenir le pardon de la famille de sa victime mais perd vite toute sa force devant les valeurs humanistes des deux camps l un reconnaissant sa faute l autre étant sur le point d accorder son pardon A cet instant le film bascule dans la fable surtout au vu de l événement d origine

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  • Analyse : Time (Kim Ki-Duk)
    vite deviné ces deux trajectoires sont intimement liées par un élément scénaristique très précis lequel n est d ailleurs en rien un éventuel twist destiné à dissimuler la finalité du récit pour surprendre le spectateur en fin de bobine See hee et Sai hee sont en réalité une seule et même personne la première ayant commis l acte insensé d utiliser la chirurgie esthétique afin de changer de visage espérant ainsi raviver chez Ji woo un désir qu elle s imagine éteint Ce détail assimilable au cinéma fantastique quoique aurait pu orienter le récit sur la pente du vaudeville trash jouant aussi bien de l absurdité de la situation que de la valse des identités pour construire un jeu de séduction ubuesque au possible Pire encore on aurait pu y déceler un outil de diversion pour s en donner à cœur joie dans le sentimentalisme qui dégouline Ce serait mal connaître Kim Ki duk moins attiré par la débauche lacrymale du mélodrame que par la mise en place d une émotion discrète qui agit sur son public à la manière d un serpent insidieux Quant à l explication de texte psychologique prompte à tout surligner pour ceux qui auraient peur de s abîmer les neurones sur l expression des sentiments amoureux le réalisateur accomplit le tour de force de la bannir purement et simplement révélant ainsi la vérité des sentiments à travers autre chose que le dialogue pourtant omniprésent La crainte de découvrir un film à l émotion fabriquée s efface complètement devant ce qui s impose alors comme une œuvre d une justesse divine En général chez Kim Ki duk le principe est assez simple les personnages s expriment beaucoup moins que l environnement qui les englobe leurs regards n en finissent plus de se confronter sans qu aucun mot ne soit prononcé leur attitude mutique tire vers une sorte d abstraction perverse des rapports humains et le rythme du récit fait du silence autant un élément méditatif qu une astuce pour élaborer une narration à la manière d un songe reposant Avec Time le réalisateur casse toutes les règles non seulement les personnages n en finissent jamais de parler fort pour exprimer leurs interrogations souterraines mais surtout ils sortent de leur autisme physiologique au point de modifier leur propre apparence toujours par amour pour un autre Infiniment plus vivants et habités que dans les précédents films de Kim Ki duk et investissant enfin un décor contemporain au détriment du symbolisme aqueux entre L île et ce film le fossé est gigantesque les personnages de Time soufflent donc le chaud et le froid dans un environnement familier et moderne qui semble les presser comme des citrons Et comme on le disait précédemment l une des forces du cinéaste est de refuser tout surlignage verbal si les deux protagonistes dialoguent haut et fort sur les sentiments contradictoires qui les assaillent rien n est expliqué et les dialogues ne sont là que pour faire avancer l intrigue et sublimer toute l ambiguïté de ces figures psychologiques plus complexes qu elles n en ont l air Ici chacun tente de changer sa propre existence pour faire oublier la douleur d une séparation vécue pour l un fantasmée pour l autre quitte à ne plus ressembler à l image qu il ne cesse de renvoyer à l être aimé Ne plus ressembler à soi même enclencher un mécanisme de renouvellement dérégler le curseur du temps voici le schéma interne qui guide See hee et Ji woo chacun à leur manière C est même ce que Kim Ki duk lui même révélait déjà dans le dossier de presse Le désir de renouvellement est instinctif chez nous mais notre destin est d endurer le passage du temps L amour consiste à se renouveler par delà les routines du quotidien mais la vie nous apprend que rien n est éternel Un homme et une femme s aiment passionnément depuis de longues années Le temps n a pas eu de prise sur leur amour mais il a émoussé leurs désirs et ralenti les battements de leurs cœurs On lui donne bien raison vu qu ici la puissance des émotions qui agitent les deux héros vient précisément du fait que chacun reste prisonnier de sa première fois Du coup les sens et les perceptions sont figés sur une obsession unique ce qui pervertit les actes comme les sentiments Incapables de faire leur deuil amoureux See hee et Ji woo en reviennent sans cesse vers le passé Un passé de désir absolu et d amour à l état pur que Kim Ki duk incarne en une épatante idée symbolique sur une île isolée que l on pourrait presque assimiler à une sorte de refuge paradisiaque se trouve un vaste parc de sculptures aux poses érotiques lascives là où les deux amants ont officialisé leur relation par l intermédiaire d une photographie prise sur l une de ces sculptures celle que l on voit sur la splendide affiche du film Une autre photographie sera ensuite réalisée au même endroit mais vu que celle ci ne fait que décalquer le même cadre avec juste une différence de taille c est la même femme mais avec un autre visage ce que l homme ne sait pas encore elle ne fait que renvoyer à l existence de la précédente photo donc à un passé toujours intact Toujours cette idée du temps qui échappe à ceux qui tentent de le maîtriser avec la mécanique des sentiments comme fil directeur de ce dérèglement Toujours cette impression diffuse que tous les êtres sont conditionnés Et toujours ce constat fataliste que dans le fond personne n est fait pour personne LE TEMPS QUI SUBLIME Sur le domaine de la mise en scène Kim Ki duk accomplit là encore des miracles à tous les niveaux dont le tour de force le plus marquant reste de réussir à incarner par l image ce qu un cinéaste comme Philippe Garrel ne cristallisait jusque là que par bribes à savoir la

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  • Courte-Focale.fr : Critique de Time Out
    à tous les niveaux Par la suite on ne peut pas dire que Niccol ait fait mieux si l on en croit le didactisme poids lourd de Lord of War et le scénario très décevant du Terminal élaboré pour Spielberg Ici on sent sans arrêt que le bonhomme s est lancé dans une entreprise de renaissance afin de remonter une pente délicate Et dès la première seconde du générique de début ça ne rate pas puisque l influence écrasante de son premier film se fait à nouveau ressentir lettres scintillantes qui s affichent en décalé zoom arrière progressif qui part de l infiniment petit pour aller vers le visible à l œil nu exploration d un futur où les classes sociales sont réparties en secteurs délimités accès aux richesses par le scan d un compteur temporel ce qui remplace le dépôt sanguin de Gattaca utilisation excessive des décors urbains de Los Angeles love story immédiate entre un nanti et une riche fuite pour échapper à une milice évoquant une Gestapo futuriste contestation d un système pourri et sélectif etc Les ressemblances se comptent par centaines et on se surprendrait presque à passer l essentiel de la projection à les recenser une par une Sans compter un défaut de taille qui constitue l épicentre de la déception soulevée par le film un scénario qui certes s étire sur 1h50 sans le moindre temps mort contrairement aux héros on ne sent jamais le temps passer mais parfois sans explorer correctement toutes ses pistes narratives Qu en est il de cette figure tutélaire du père dont l absence restera un mystère plus ou moins dénué de toute explication Pourquoi cette société est elle devenue ainsi Comment le temps s écoule t il réellement sur ces compteurs dermiques vu qu on a souvent l impression que ça descend ou que ça remonte sans justification précise N y a t il pas de facteurs qui accentuent ou ralentissent cet écoulement Et vers quoi la scène finale aux relents ouvertement marxistes tend réellement à se diriger Le film était il une parabole gauchiste tout ce qu il y a de plus banale ou un nouveau pamphlet à la Gattaca fustigeant les inégalités sociales A force de laisser trop de blancs au sein de son intrigue on finirait par croire que Niccol n a pas forcément eu carte blanche sur tout ce qu il souhaitait faire avec un studio comme la Fox c est une possibilité En tout cas les faits sont là Et on regrettera aussi cette tendance au manichéisme et au manque de nuances assez stupéfiante de la part d un cinéaste connu pour sa profusion d idées et de niveaux de lecture avec ses héros angéliques et ses bad guys caricaturaux jusqu au moindre rictus Time Out fait preuve d un cruel manque de finesse de la part de Niccol Pour autant si l on s attriste de constater qu Andrew Niccol n est définitivement plus le cinéaste puissant dans lequel on avait placé

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  • Critique : Time Code (Mike Figgis)
    psychiatre où ses problèmes de couple furent abordés annonce à Alex qu elle le largue et erre dans les avenues de Hollywood jusqu à tomber sur Cherine Leslie Mann une amie comédienne Voici également Rose Salma Hayek jeune actrice ambitieuse et maîtresse d Alex qui se rend à une audition sensée lui apporter le premier rôle d un film assez particulier Voici enfin Lauren Jeanne Tripplehorn femme d affaires coriace et amante jalouse de Rose qui accompagne celle ci à son audition tout en soupçonnant son infidélité Quatre lignes narratives qui se croisent et s éloignent tour à tour épicentre d un vaste récit choral où se croisent une assemblée de producteurs anxieux un masseur une actrice un psy un flic cocaïné une cinéaste barrée un musicien déjanté et même une série de séismes qui viennent secouer un peu les quatre actions pour mettre tout le monde à l unisson Autant dire qu on tient là un vaste mikado scénaristique dont la cohérence absolue ne tenait qu à un fil Outre son intention marquée de laisser le spectateur picorer ce qui l intéresse dans cet écran fragmenté et de conserver l attention sur l une des sous intrigues à chaque instant Mike Figgis n en oublie cependant pas d insérer au cœur même de son concept un vrai point de vue de cinéaste histoire que ce gadget pseudo expérimental ne vire pas à l effet de style totalement creux Bien au delà d une révolution visuelle Time Code est surtout l un des rares films à aborder le concept de l incommunicabilité au sein d une adéquation parfaite entre le fond et la forme chaque frontière de l écran symbolisant une barrière entre des personnages qui ne trouvent jamais le moyen d engager un réel contact entre eux Quand Alex demande avec insistance à Emma si elle souhaite qu il largue son travail pour partir avec elle loin de Hollywood celle ci met un temps fou à répondre et se contente de lui annoncer la fin de leur couple peu avant d aller pleurer dans les toilettes d une librairie du coin Lorsque Lauren crie sur Rose en la soupçonnant d être infidèle cette dernière se contente d esquiver en simulant la fatigue et le ras le bol son honnêteté étant bonne à jeter aux orties Et dès que l on sent une inquiétude diffuse entre deux êtres c est le silence et le renfermement sur soi même qui prédominent sur toute autre attitude Du coup la diversion s impose pour se dissimuler et ou brouiller les pistes Lauren place un micro dans le sac de Rose pour épier ses faits et gestes Alex et Emma trompent leur chagrin dans la relation adultère l un avec Rose l autre avec Cherine les producteurs tentent de dissimuler leur stress quotidien en invitant un masseur joué par Julian Sands acteur fétiche de Figgis pour leur détendre les muscles et le cuir chevelu le policier qui garde l entrée du studio esquive son

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  • Critique : Tip Top (Serge Bozon)
    trahira progressivement tout au long du déroulement de l affaire charriant un lot de petits gags plus ou moins inspirés Sandrine Kiberlain emporte haut à la main le titre d interprète la plus drôle du film C est surtout le jeu de Bozon sur le rythme qu on apprécie travaillé au point qu il constitue tout un plan d accroche de notre attention de spectateur de loin le plus plaisant Avec des plages calmes parfois presque mélancoliques alternent de purs moments de splastick ou des fantaisies sorties d on ne sait où Huppert autoritaire et verbeuse sert de modèle à sa collègue Kiberlain dans sa capacité à s affirmer par son parler sa gestuelle son évolution dans l espace et le rythme secret mais assuré et fascinant qui lie les trois La mise en scène sait parfois épouser ce tempérament pimpant par des panoramiques ultra secs ou quelques autres artifices parfois délicieusement too much La limite de ce décalage et de cette déconstruction épisodique d éléments des films policiers auxquels on est habitué c est qu ils ne suffisent en rien à soutenir l ensemble du film Bozon n a pas le courage de Tati encore un Jacques auquel on voudrait l apparenter Le plaisir n est que local laissant monter un agacement global Car à force de maintenir le spectateur hors du film cette tendance formaliste à afficher aussi nettement les idées de fabrication du film crève dans l oeuf tout attachement à l intrigue en court et même aux évolutions des personnages On peut bien tenter comme le fait Olivier Père de vanter les mérites des pôles de l oeuvre pris un à un mais cela ne rachète pas son manque de tenue globale Le plus énervant c est que l un des pôles en question tente de

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