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  • Critique : A touch of sin (Jia Zhang-ke)
    laquelle a glissé une Chine aux prétentions jadis égalitaires La nouveauté dans A Touch of Sin c est que la manière dont l idée est portée par l image ou par la situation est si directe qu elle en devient comme décalée Je vais te tuer avec mon argent crie un notable en frappant l hôtesse d accueil d un centre de massage avec une liasse de billets On voudrait presque rire et pourtant on garde en tête que le fait divers est authentique qu il a secoué la Chine entière C est le fond de la démarche de Jia exagérer un peu la folie de la société chinoise moderne pour mieux inscrire son scandale dans les consciences Cette exagération permet aussi à l artiste de rendre son cinéma enfin ludique Ses différents segments sont autant d occasions qu il saisit de rendre hommage à des genres phares du cinéma chinois ou international Le prologue a des airs de western le deuxième récit comporte une scène de beuverie bagarre évoquant les films de kung fu le prochain film de Jia Zhang ke en sera d ailleurs un puis une exécution digne d un thriller hong kongais et l hôtesse d accueil transforme sans crier gare le troisième segment en hommage sanglant au wu xia pian le titre international A Touch of Sin renvoyant d ailleurs à A Touch of Zen classique du film de sabre signé King Hu 1969 En citant deux films de genre hong kongais Exilé de Johnnie To 2007 dans le bus reliant les récits 2 et 3 puis Green Snake de Tsui Hark 1993 dans la salle de repos du salon de massage récit 3 Jia renforce l impression dérangeante que cette violence excessive propre au cinéma déborde sur le réel qu il a pour habitude de retranscrire fidèlement Réalité et cinéma sont sans dessus dessous décidément ce pays perd la tête Peut être régresse t il sous ce grand progrès qu il met en avant et qui profite pourtant à la santé des chiffres plus qu à celle des hommes C est ce que semble suggérer Jia en donnant autant de place au règne animal dans son film et en en rapprochant dangereusement les humains qu il filme Les coups de feu de pelle de poignard de poing sont assénés avec une violence sèche arrivent souvent sans crier gare et d une manière anarchique qui donne l impression terrassante que plus aucune loi ne vient les condamner et que dire de ce travelling descendant qui suit l acte qui clôt le 4e récit Le cinéaste lui refuse de détourner le regard témoin acharné des dérèglements de son pays dont son récit suggèrerait même une aggravation En effet le choix de l ordre des histoires ne nous mène t il pas des vieux vers les jeunes et en même temps de la résistance à la résignation Lorsque l horizon est bouché le mineur personnage le plus politisé ne voit aucune alternative au passage à l acte

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  • Analyse : Adieu au langage (Jean-Luc Godard)
    sur les deux sexes autrefois il disait que dans masculin il y a masque et cul et que dans féminin il n y a rien Mais pour une fois en rejoignant malgré lui la théorie de David Cronenberg sur la fonction biologique comme seule réalité indiscutable cette année dans Maps to the Stars le cinéaste canadien filmait Julianne Moore lâchant de gros pets en pleine défécation il nous largue face à une théorie qui frise autant l audace que le n importe quoi Et de ce jeu de correspondance assez bidonnant entre l idée et le symbole se dégage en fin de compte un schéma analytique à deux niveaux Pas n importe lequel d ailleurs puisque c est précisément celui autour duquel s article toute la narration très instable du film NATURE ET METAPHORE META FORÊT Le film semble se diviser en deux parties là encore illustrées par des cartons La Nature et La Métaphore Ce n est pourtant pas tout à fait vrai D abord parce que les deux parties en question reviennent à deux reprises ensuite parce qu un épilogue intitulé Mémoire malheur historique sert ici à clôturer le film sur une sorte de bilan en voix off énoncé par Godard lui même et sa compagne Anne Marie Miéville on les voit faire de l aquarelle tous deux désireux de faire rentrer de la profondeur dans le plat Cinq parties en tout et on peine parfois à établir un lien entre elles tant les idées s y révèlent furtives autant qu elles s y dupliquent à loisir la scène de la défécation sera rejouée à l identique par un couple différent La seule certitude c est d y choper des correspondances au cœur d un fatras de distorsions poétiques et de variations perpétuelles sur les formats d image même les bordures du cadre glissent dans certains plans Les associations d idées les correspondances verbales pas de souci Godard est passé pro dans ce domaine pour le meilleur comme pour le pire On ne peut pas dire que sa façon de jouer au Petit Bac lacanien aboutisse toujours à du concret si la musicalité du titre suffit ici à construire une multitude de termes déviés ce que l on évoquait plus haut le cinéaste part parfois en vrille dans la théorie branlette Le plus gros exemple reste une conversation entre le professeur et son assistante dont le pouce tapote sur un iPhone Il fait quoi le pouce Il pousse Et avant il faisait quoi Il poussait Donc c est le Petit Poucet Oui on peut dire ça Et les icônes ce sera quoi Les cailloux Mais alors où est l ogre Bon comprendra qui pourra Par moments on retrouve même le Godard misanthrope et politique que l on prenait tant d obstination à fuir surtout lorsqu il s agit pour lui de prendre l œuvre d écrivains intellectuels pour illustrer son point de vue sur le monde Ici à peu près tout le monde passe au mixeur godardien de Platon à Alain Badiou en passant par Antigone et Jean Paul Sartre mais c est Jacques Ellul théologien libertaire considéré comme penseur de la technique et de l aliénation qui se voit privilégié Godard voit en lui celui qui avait presque tout prévu le nucléaire les OGM la publicité les nanotechnologies le terrorisme etc et entérine cette vision pessimiste du monde en y superposant la sienne Là dessus aucune surprise à s apercevoir que c est un peu le bazar pour deux théories intéressantes sur les vaincus de l Histoire qui ont malgré tout imprégné tout le monde de leur idéologie ou les dérives judiciaires La loi triche dès qu elle nie sa propre violence on en récolte deux autres à côté de la plaque qu il s agisse d un parallèle stupide Hitler fut nommé chancelier du IIIème Reich l année où la télévision fut inventée mouais peut être et alors ou d un dogme misogyne à en filer des palpitations à Eric Zemmour La mobilisation totale a pour conséquence aujourd hui que les femmes accomplissent une tâche pour lesquelles elles ne sont pas faites On est tout de suite rassuré de constater que ces théories finissent par se noyer dans le bain plastique du film lequel prend soin de faire fondre leur sens comme neige au soleil Il est finalement plus juste de n y voir là qu un maelström assez conceptuel du monde d aujourd hui telle que le visualise Godard en gros un chaos de mots qui ne fait plus le poids face au chaos des images C est même d autant plus aisé que le cinéaste s amuse parfois à bloquer le mécanisme de sens en jouant sur les cuts et surtout sur la bande son Un exemple lorsqu une femme pose deux questions à son professeur la première hautement stupide Est ce que la société peut admettre le meurtre comme moyen de faire reculer le chômage est rendue à moitié inaudible par une insupportable friture sonore alors que la seconde Quelle est la différence entre une idée et une métaphore reste audible car en lien avec le processus analytique du film Supprimer le superflu et privilégier l essentiel voilà tout Dans ces moments là on savoure le fait de voir Godard enfin libéré de son charabia théorique et plus enclin à se parodier lui même à dynamiter sa pensée pour mieux la réinventer C est que pour lui l expérience intérieure compte désormais plus que l effet du verbe et les règles figées de la société de spectacle sont à bannir Sur cette idée là il fait encore preuve de décalage dans sa combinaison de la nature et de la métaphore d abord une pensée établie en voix off Pour la société et le spectacle les images deviennent aujourd hui le meurtre du présent ensuite son illustration barrée une intellectuelle est menacée par son mari qui entouré de gardes du corps pointe alors un flingue sur elle La logique sera la même pour les

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  • Critique : Les adieux à la reine (Benoît Jacquot)
    les mises en scène éculées de la vie à Versailles ultra réglées pour peindre un monde lui même cadenassé Le motif clé des Adieux à la Reine semble être précisément celui du dérèglement Emotionnel d abord Il semble que lorsque le film débute il prenne son personnage au début d un processus émotionnel déterminant dont on devine qu il n est pas vieux Sidonie est résolue à obtenir les faveurs de la Reine quitte à se faire entreprenante Plus que jamais elle est un mystère pour ceux qui la côtoient au quotidien elle n est plus seulement secrète et taiseuse son obsession se lit sur son visage transparaît à travers ses agissements parfois trop frénétiques dès lors qu il s agit de la souveraine Le dérèglement bien entendu se joue également au niveau national L enjeu principal du film se niche dès lors dans les changements d échelle Jacquot les opère en n oubliant pas la cohérence nécessaire à la bonne mise en œuvre de son parti pris le point de vue même sur ce qui se joue à Versailles est celui de la jeune lectrice Ainsi les mouvements d appareil ou les zooms avant et arrière se chargent ils dans les meilleurs moments du film d opérer ce glissement d une échelle à une autre tout en restituant le regard de Sidonie qui par exemple est absorbée par ses pensées puis se focalise après qu une collègue a attiré son attention autrement on se demande si elle aurait relevé quelque remous que ce soit dans le château sur le Roi qui étrangement sort sans perruque dans une cour du château Les évènements qui se déroulent au niveau de l Etat sont donc appréhendés comme déterminant à la fois le destin d un pays et d un personnage C est certes souvent de la sorte que sont construits les drames historiques Mais le jeu sur ces deux niveaux est particulier ici en ce sens que le personnage aimerait se couper le plus possible de la société qui traverse les bouleversements que l on connaît et n être laissé qu avec le fruit de ses obsessions la Reine Les autres Sidonie ne les voit presque pas c est comme s ils glissaient sur elle Se met ainsi progressivement en place une intimité que le film parvient à maintenir même en dehors des séquences se déroulant dans le Petit Trianon de Marie Antoinette Car on est face ici à un cinéma des sentiments où la peinture ininterrompue d une trajectoire émotionnelle et la figuration concrète des émotions par le jeu des acteurs par les effets de style auxquels Jacquot n hésite pas à recourir quitte à oser filmer Versailles avec une caméra tremblante si cela permet de restituer la panique du personnage assurent un lien étroit entre les séquences Au point qu on en viendrait à force d empathie à adopter la même posture que Sidonie par rapport aux évènements oubliant presque l importance de ces quelques jours pour l Histoire de

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  • Critique : After Earth (M. Night Shyamalan)
    peupler Ironiquement cet aspect n était pas dans le projet de base Au contraire l histoire imaginée initialement par Will Smith était bien plus modeste et s accordait d une certaine manière plus avec la vision artistique de Shyamalan Le pitch était déjà là un enfant doit trouver de l aide pour secourir son père après un accident de voiture en forêt mais le contexte futuriste ne s est imposé que plus tard suite à des discussions avec le scénariste Gary Whitta Le Livre D Eli Or l ambition s est gonflée jusqu à atteindre un stade assez incontrôlable Bien que non crédité au générique Stephan Gaghan Traffic et Mark Boal Zero Dark Thirty ont également mis la main à la patte Le scénariste de bande dessinée Peter David pond de son côté un pavé de trois cents pages détaillant le contexte de l univers Will Smith voit ainsi After Earth suivre la méthode de la franchise intermédias mélangeant film roman bande dessinée et jeu vidéo Une masse de travail accomplie par des personnes talentueuses mais qui finit par vampiriser le produit premier à savoir le film Car c est bien cette quête d opulence qui va détériorer la qualité d After Earth Le fait est que l univers inventé n est pas le sujet du film mais uniquement l environnement où se jouent une histoire et des enjeux plus modestes Logiquement on doit s attendre à ce que la narration joue sur cette modestie en dévoilant en toute simplicité l univers par les actions quotidiennes des personnages Conformément aux préceptes de Shyamalan le film se structure autour d eux Mais tout comme Oblivion récemment c est par un discours scolaire que tout nous sera présenté Un choix qui bloque donc directement le processus d identification aux personnages pourtant nécessaire au film et surtout qui est une manière maladroite de faire accepter l univers Globalement l exposé proposé ne convainc guère Celui ci se présente comme un folklore dont la durée prise pour le détailler finit par mettre en avant son manque de crédibilité on invente des combinaisons de survie qui changent de couleur en fonction des situations mais incapables de s adapter aux changements de température La production design relativement pauvre n est pas non plus étrangère à ce sentiment Mais la frustration véritable vient du fait que les éléments primordiaux du contexte science fictionnel ne sont pas exploités au profit de l histoire L erreur majeure tient presque au titre L action se passe sur une Terre abandonnée et où la nature a repris ses droits Les personnages retournent en un sens à une Terre originelle où ils pourraient reconstruire leurs relations Or à l exception d une scène les peintures rupestres inspirant un plan au héros le fait que la planète soit la Terre n implique rien Il aurait pu s agir de n importe quel autre astre cela n aurait rien changé Il en va de même pour le rapport à la nature et à la

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  • Annecy 2013 : After school midnighters (Hitoshi Takekiyo)
    représentant trois niveaux et comportant chacune un boss à battre dans le but d obtenir une médaille en récompense C est en réalité pour mieux être surpris devant la multiplication de personnages secondaires ayant chacun une aventure à suivre en parallèle de celle des trois amies Des péripéties qui ont tendance à faire s éparpiller le scénario dans des digressions narratives superflues tant celles ci dévoilent un intérêt pour le moins inégal même quand elles se permettent d apporter une légère ambition thématique à un récit qui la sous exploite totalement par ailleurs Kunstlijk dans une salle pleine de mannequins démembrés On ne perd hélas pas en linéarité ce que l on gagne en dynamisme dans la mesure où un seul gag ou enjeu conditionne l existence de ce genre de séquences parfois trop longues pour ce qu elles ont à montrer Reste que l ensemble se veut suffisamment homogène et cohérent dans ses intentions puisqu il n invite le spectateur qu à se plonger dans un joyeux bordel joliment maîtrisé Car en dépit d un budget serré limitant toute ambition principalement en terme de textures After school midnighters se pare d une vraie identité visuelle reposant autant sur de jolies idées de mise en scène le cœur lumineux que sur un character design inspiré Lumière et Dunkelheit ou de combinaisons bien senties de techniques d animation La fusion entre petites touches d animation à la main et 3D offre un réel apport à l opposé de quantité d anime qui ont majoritairement recours au procédé inverse et participe de l enrichissement visuel de l univers du film Pour autant pas de quoi faire du long métrage ce qu il n est pas loin du délire déjanté vanté ici et là ce qu il n est qu en partie et

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  • Critique : L'aigle de la neuvième légion (Kevin Macdonald)
    recommandable thriller politique Jeux de pouvoir Macdonald signe aujourd hui sa troisième fiction avec L aigle de la neuvième légion Etant donné ses antécédents il n y avait pas à attendre de cette adaptation d un roman d aventure pour la jeunesse très populaire outre manche un retournement de veste de la part de Macdonald Non The Eagle n est pas une grande fresque un péplum à la dimension monstrueuse qui écrase par l immensité de sa mise en scène et des émotions qu elle déploie Ça serait même tout l inverse La principale qualité du long métrage tient d ailleurs dans la parfaite compréhension de ses moyens En dépit de l utilisation d un cinémascope pas toujours appropriée au delà de son cachet divertissement à l ancienne Macdonald sait qu il n a pas un budget de blockbuster hollywoodien Il ne commet pas la même erreur que Neil Marshall sur son Centurion autre cas récent de péplum qui ironiquement évoque également le mystère historique autour de la neuvième légion Le réalisateur de The Descent refusait d assimiler la petitesse de sa production et tentait difficilement de reproduire le style visuel ultra léché de Ridley Scott Mais avec un budget équivalent au dixième de celui de Gladiator il n obtenait rien de mieux qu une série d images insipides dont l absence d envergure sautait aux yeux Macdonald ne commet pas la même erreur Il compose en conséquence ses choix pour réussir à rendre pleinement divertissant son récit Il manipule ses cadres pour magnifier ses personnages et leurs tourments place la caméra de telle manière que toute la beauté de ses paysages et de ses environnements naturels ressorte à moindre coût et utilise sa splendide photographie pour que cela n apparaissent jamais comme une soumission à des obligations économiques Contrairement à Marshall Macdonald a compris qu il convenait de se montrer humble de par un sujet évoquant l orgueil d une nation L aigle de la neuvième légion parle d honneur et de fierté Le personnage principal Marcus Aquila est un centurion fraîchement promu au commandement d une caserne en Bretagne Il a choisit ce poste car c est là qu a officié son père avant de disparaître lui et toute sa légion Attaqué dans les terres barbares l élite de l armée romaine se sera faite décimer et son symbole de gloire un aigle de bronze sera perdu Converti dès l enfance à ce principe d honneur l ombre de l aigle frappe son visage comme une marque au fer rouge lors d un flashback Aquila ne vit qu au travers de celui ci et ne supporte pas l idée qu il soit bafoué Cela explique son choix de marcher sur les traces de son père afin de recouvrir de gloire un nom sali par cette perte par delà le monde connu Son comportement aussi héroïque soit il à l écran apparaît dès lors comme une véritable obsession Son honneur le pousse à des actes suicidaires la conclusion de

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  • Analyse : Air Doll (Hirokazu Kore-eda)
    et on se coupe d une routine contraignante de ses obligations La jeune femme commence par suivre des petites filles et imiter leurs gestes elle voudra leur ressembler c est ainsi qu elle se fera être humain par un mécanisme de mimétisme de l autre Nous avons fait de même nos premiers mots n étant que l imitation de sons entendus C est encore un message sur l être humain chacun de nous essaye d être homme par imitation de ce qui l entoure et chacun tente de trouver sa place dans la société en fonction de ses expériences passées L expérience est un thème primordial puisque les poupées ne sont pas marquées par la génétique notre personnage principale ne vit donc qu à travers elle même si son créateur semble avoir apporté beaucoup d attention à sa création lui affectant une légère singularité elle n a pas été conçue de manière industrielle chaque exemplaire est donc différent Et cet objet animé achèvera sa quête identitaire chez son créateur le fabriquant de poupées gonflables Pourquoi la qualifier de personnage lyrique Sa découverte de la nature est étonnante puisque cet être finira par s y fondre Le personnage se dégonflera dans un espace extérieur à la fin du film son souffle s échappera dans l air tandis que son enveloppe non plus charnelle mais plastique sans valeur échouera sur le trottoir près des poubelles On se demande si nous ne sommes pas tous des air doll ce qu insinue le créateur de la poupée un être paradoxal qui se pose en artiste malgré le métier qu il exerce Il semble aimer ses poupées les respecter ce qui expliquerait la transformation de notre sexy Pinocchio Les exemplaires usagés sont des ordures non combustibles dit il avant d ajouter Nous sommes tous des êtres combustibles a ne fait pas une grande différence Le parallèle entre la poupée et les êtres humains est filé durant tout le film le vieillard affirme n être qu un ersatz de vide Un nouveau paradoxe s offre à nous en voulant devenir humaine la poupée se rapproche des hommes les imite et essaye de les comprendre c est alors qu elle réalise qu ils ne sont en réalité pas bien différents d elle En s éveillant elle devient presque plus humaine que les hommes le regard éteint qui sont inanimés en latin anima signifie le souffle et par extension la vie inanimés à force de vivre Ce qui importe le plus est donc notre respiration notre énergie vitale c est à dire tout ce qui restera de notre air doll Alors qu elle voulait sincèrement devenir humaine qu elle était mélancolique en voyant une petite fille fêter son anniversaire qu elle aspirait à vieillir manger passer le temps comme le font les autres elle a compris que ces autres n étaient pas heureux et que la souffrance faisait également partie de ce monde On pourrait ouvrir une courte parenthèse digressive et parler de Eva récemment sorti Le but des scientifiques y est de créer un robot qui soit le plus humain possible mais qui soit un humain parfait or l humain parfait n existe pas En atteignant leur but c est à dire créer un robot aux réactions humaines et en constatant plus tard des conséquences qui s avèrent désastreuses ils sont stupéfaits La colère sentiment humain n est pas comprise on considère que le robot est mauvais et on décide de le détruire Ce robot n était pourtant pas mauvais il était devenu humain avec tout ce que cela implique de bon et de mauvais Des sentiments négatifs succèdent aux sentiments positifs on fait des erreurs des accidents arrivent c est la vie et elle ne peut être calquée sur un idéal préconçu Mais revenons à notre film Nozomi le prénom que lui a donné son possesseur initial prénom de son ex compagne hésite à devenir humaine après avoir découvert le monde tel qu il était Elle décide toutefois de vivre comme les autres et renonce à son statut d objet Elle cesse de se regonfler à l aide d une pompe et laissera sa vie se faire et se défaire comme celle des humains pour finalement mourir dégonflée On note qu elle aussi est à l origine d un crime elle tue le jeune employé de boutique et pourtant cela n entache pas sa pureté ce crime n est que le fruit de son ignorance Si le lyrisme est expression d une subjectivité d une quête de soi il s agit souvent de parler de soi dans son rapport à l autre un détour inévitable On remarque que les personnages qui entrent en relation dans le film semblent murés en eux mêmes emprisonnés dans leur propre vie et leurs tourments Toute véritable communication est donc impossible aucun échange ne s effectue véritablement On parlera plus tard du cas du possesseur de la poupée gonflable mais penchons nous déjà sur l employé du magasin Ce jeune homme a le regard vide il semble totalement dépressif désabusé et sans espoir comme tous les personnages aperçus à travers des diverses petites scènes Il a perdu ce que les enfants possèdent de plus précieux l étonnement Cela le conduit à s intéresser à cette étrange jeune fille il a compris qu elle était différente et cherchait à communiquer avec le monde capacité qu il a perdu C est la base de leur relation ce sont deux êtres qui se sentent vides et qui cherchent la complétude par l intermédiaire de leur rencontre ou passion si l on peut nommer ainsi cette relation Cela va se faire par l échange des souffles non au sens figuré mais bien au sens propre ce qui confère au film une portée symbolique notable L autre est celui qui nous fascine nous attire précisément en raison de son caractère autre il peut ainsi provoquer notre perte comme notre épanouissement Le poème japonais illustre cette relation conflictuelle à l inconnu la vie nourrirait en son sein

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  • Critique : Albator, Corsaire de l'espace (Shinji Aramaki)
    créer un véritable héros consistant se créant une aura par ses actes et par les personnages qui mettent ceux ci en valeur C est le cas par exemple d Ezra principal antagoniste du film et qui doit servir à dessiner la carrure d Albator Hélas s il permet à un bien fade Yama de connaître une évolution son caractère irréfléchi et rentre dedans voire un peu bête je le savais dit il après s être pris une rouste d ordre stratégique n en fait tout au plus qu un menu fretin pour un pirate de l envergure d Albator annihilant du même coup les enjeux d une séquence pourtant aussi fondamentale que celle du premier affrontement spatial entre les deux hommes car à l issue courue d avance Il s agit là de l un des maux récurrents de toute fiction basée sur un affrontement impliquant un être dépeint comme fort et auquel Albator avait pourtant largement échappé dans le passé S il suscite ainsi autant d admiration de la part des spectateurs c est par sa force physique de réflexion ou d initiative et son intelligence Mais ces éléments n ont été concrétisés que par le biais de conflits avec des êtres supérieurs Sylvidres Noo au moins pourvus des mêmes capacités qu Albator D où le fait que force ou intelligence ne seront perçus comme tels qu en opposition à leur égal A contrario l affrontement entre une entité déjà définie comme puissante ou invincible dans le film Albator combat depuis cent ans et est redouté de tous et une autre non ou mal définie ne mettra pas en avant la force du premier mais la faiblesse du second Une nuance essentielle qu ont compris certains Pacific rim pour rester dans un exemple récent et pas d autres Dragon Ball Z Battle of Gods pour rester dans l animation japonaise Et qui fait cruellement défaut à cet Albator corsaire de l espace au personnage titre parfois impressionnant de classe mais qui n arrive que partiellement à susciter de l admiration Il faut dire qu en empruntant plus à The endless odyssey qu à Waga seishun no Arcadia Albator 84 l Atlantis de ma jeunesse dans nos contrées Albator corsaire de l espace ne partait pas réellement avec toutes les chances de son côté À défaut du pirate défini par ses actes comme décrit plus haut on se retrouve avec un Albator qui saute dans le vide sans soutien matériel parce que c est vachement la classe qui éprouve des regrets parce qu il est faillible tu comprends lâche une larme quand l espoir renaît alors qu il est précisément censé ÊTRE l espoir et prend tellement la pose du rebelle ténébreux qui se sait ténébreux mais l est il Vous avez une heure qu il semble complètement avachi et blasé dans un trône trop grand pour lui Bref une caricature de lui même en quelque sorte assez loin du héros romantique adoré des fans Il faut dire que la

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