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  • Analyse : Mon Voisin Totoro (Hayao Miyazaki - 1988)
    enjeux et uniquement construit autour de vagabondage dans le quotidien Ça serait oublier l œuvre extrêmement populaire dans laquelle Miyazaki a puisé son inspiration Miyazaki a déjà démontré l amour qu il portait à la littérature européenne en citant expressément Les Voyages De Gulliver de Jonathan Swift dans Le Château Dans Le Ciel Bien que Miyazaki prenne ici ouvertement place dans la campagne japonaise il choisit ici en référence un autre ouvrage anglo saxon Les Aventures D Alice Au Pays Des Merveilles de Lewis Carroll Les deux œuvres partagent donc ce refus d une narration conventionnelle au profit d une forme épisodique et surtout s attachant à traduire le regard de l enfance et de l imaginaire qui le sous tend Miyazaki y rend clairement hommage dans sa manière de mettre en scène la première rencontre entre Mei et Totoro qui est une citation directe au point de départ du roman de Carroll On se souvient tous d Alice poursuivant dans les bois un lapin blanc très pressé jusqu à un terrier qui la conduira au pays des merveilles Ici Mei aura la même impulsion de curiosité en suivant une petite créature au fond des bois jusqu à tomber dans un trou qui la mènera au gros et mignon Totoro Toutefois il faut là aborder la problématique de savoir si la citation s étend jusqu à la substance même du récit Chez Carroll il est depuis longtemps établi que le pays des merveilles est l émanation du subconscient de l héroïne Doit on alors appliquer le même schéma à Mon Voison Totoro On peut se risquer à dire que c est envisageable au vu des indices parsemés tout au fil du long métrage Après tout lors de la séquence décrite plus haut Mei devra se concentrer très fort afin que le Chibi Totoro lui apparaisse pleinement Plus subtilement certains effets de raccord semblent attester que les créatures fantastiques sont issues de l imaginaire des enfants Prenons par exemple le passage où les noiraudes quittent la maison Un plan les montre s envoler dans le ciel et un fondu enchaîné fait le lien avec Satsuki endormi dans son lit Un tel raccord laisse entendre qu il s agit là d une rêverie de l enfant De même certains indices laissent supposer que le bestiaire n est qu une déformation d éléments environnant révélée par quelques inserts Le comportement des noiraudes est ainsi calqué sur celui des têtards qui s enfuit dès qu on met la main dans l eau Lorsque Satsuki découvre Totoro à l arrêt d autobus le cri que pousse ce dernier évoque énormément le croassement du crapaud la contemplant jusqu alors L ultime détail provient des dialogues A plusieurs reprises dans le premier acte Mei et Satsuki parlent des noiraudes et de Totoro comme de personnages provenant d un livre de lecture Pourtant malgré cette accumulation de faits n importe quel spectateur normalement constitué refusera purement et simplement de croire que ces créatures n existent pas Comme il

    Original URL path: http://www.courte-focale.fr/cinema/semaines-thematiques/semaine-ghibli/mon-voisin-totoro/ (2015-10-11)
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  • Critique : Le vol des cigognes (Jan Kounen)
    sur grand écran nécessitent des tunnels d explication ou obligent leurs cinéastes à faire d horribles sacrifices au niveau du scénario L approche de Kounen sera différente à cette intrigue bizarroïde où une étude sur les mouvements migratoires des cigognes se mélange à un salmigondis de trafics en tous genres organes diamants etc le réalisateur y intègre son idée d un voyage initiatique sous acide où un jeune homme à la mémoire déconstruite élucidera les secrets de son passé par l ingurgitation de drogues et la pratique de l hypnose Inutile de tenter d en visualiser les contours le film se révélant assez imprévisible dans sa narration embarquant son spectateur sur des voies inattendues et provoquant ainsi des fluctuations permanentes en matière de rythme Hélas si cette approche sensitive du récit génère ici quelques fulgurances elle contribue aussi à l inégalité du résultat Etant donné que le roman intégrait déjà cette idée d un jeune étudiant en ornithologie remontant à rebours le trajet migratoire des cigognes pour aboutir à la vérité sur lui même le film suit un mouvement narratif assez proche de celui d Apocalypse now avec en bout de course la rencontre avec un Rutger Hauer en ersatz du colonel Kurtz à la sauce Frankenstein lequel achèvera de faire toute la lumière sur l enfance de son héros Or si la cohérence de cette intrigue sacrément chargée sur laquelle on ne spoilera en rien les éléments principaux du final peut parfois prêter à discussion c est surtout la pertinence du choix du format minisérie qui risque fort d être remise en cause surtout lorsque l on apprend que le réalisateur lui même avait renoncé à adapter le roman il y a plusieurs années des soucis pour adapter une intrigue aussi touffue sur une durée limitée paraît il On admettra que l idée d inclure les scènes oniriques et les hallucinations permet de contourner très efficacement l usage de flashbacks trop explicatifs mais les carences du scénario se manifestent un peu trop souvent la faute à des séquences vides de sens exemple pourquoi ce plan d intro où le héros motard se vide la vessie au beau milieu d un champ et surtout à une intrigue parallèle interminable autour d un flic suisse casse burnes qui plus est interprété par un Clemens Schick à fond dans les tics et les expressions surjouées dont le pire défaut est de n offrir aucun contrepoint dramatique au parcours du héros L ensemble du casting par ailleurs n aide pas forcément à créer l identification l acteur principal Harry Treadaway vu dans le HideAways d Agnès Merlet étant à peu près aussi expressif qu un acteur d Hélène et les garçons bon son étrange ressemblance avec Patrick Puydebat y est peut être pour quelque chose et leurs interactions ne jouant qu un élément finalement très accessoire dans le déroulement du récit Pour info on aura même un petit cameo inutile de Jan Kounen venu là pour sortir une ou deux phrases en français

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  • Courte-Focale.fr : Analyse de Volte/Face
    un miroir ne renvoie pas uniquement une apparence Symboliquement le miroir permet une divulgation de l âme ou du moi profond de l être qui y fait face En tirant les protagonistes ne brisent pas juste le visage de l opposant mais également leur identité propre Le point de départ du film repose sur ce principe A l issu de la première scène d action hommage contemporain au western et à sa typique attaque de diligence Sean Archer a mis hors d état de nuire Castor Troy La traque qu il a mise en œuvre depuis tant d années arrive enfin à son terme Normalement notre héros devrait se sentir libérer d un poids Pourtant il ne semble toujours pas capable de faire son deuil et refuse absolument d abandonner l existence mortifiante qu il a instauré suite à l assassinat de son fils En choisissant d entrer dans la peau de son ennemi pour empêcher un attentat il va en quelque sorte passer de l autre côté du miroir Derrière un objectif simple et clair un bête McGuffin en fait qui sera d ailleurs abandonné à mi parcours cet endossement identitaire va surtout lui faire vivre une aventure à la recherche de lui même Le patronyme Archer peut d ailleurs être à cet effet corrélé avec le proverbe de Confucius L archer a un point commun avec l homme de bien quand sa flèche n atteint pas le centre de la cible il en cherche la cause en lui même En n ayant pas réussi à reconstruire sa vie suite à l arrestation de Troy Archer va être poussé au gré de son périple à comprendre les raisons de son échec en assimilant notamment l artificielle culpabilité qu il s est attribué Cette idée de destruction de l être antérieur se retrouve forcément tout autant chez le bad guy En prenant le rôle du gentil il se met à détruite la figure qu il incarnait précédemment celle du tueur psychotique accompagné de ses copains malfrats Il désintègre l abomination qu il était pour pouvoir devenir le roi du petit monde dans lequel il évolue désormais Il s agit également là d un autre aspect fascinant du film l exploration de l environnement respectif des deux personnages Le film joue sur l ambiguïté propre des personnages principaux mais creuse également un certain trouble vis à vis de la réaction des protagonistes secondaires face à un changement d identité qu ils ne peuvent soupçonner Tout le monde se laisse berner par les apparences Lorsque Archer devenu Troy flanque une raclée à un co détenu tout le monde l acclame sans voir un seul instant la terrible perte de repères du personnage Certains ont des doutes mais finalement ils se laissent séduire par cette figure mensongère qui semble tout aussi convenable que l authentique L une des grandes scènes du film explore cette idée lorsque le faux Archer organise un dîner à sa femme Face à tel déballage affectif celle ci émet

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  • Critique : Vous N'Avez Encore Rien Vu (Alain Resnais)
    à des époques différentes Eurydice Très vite émus assis sur leurs canapés face un grand écran ils se mettent à rejouer le texte puis à se remémorer ces mises en scène passées dans des sortes de visions rêveuses A mesure que ses personnages se laissent ainsi transportés Resnais se cache de moins en moins d ignorer toute continuité autre que celle du texte dans des faux raccords délibérés les personnages changent subitement de canapé se rapprochant de leur partenaire d antan ou voient le décor qui les entoure évoluer progressivement pour correspondre aux impératifs du texte L expérience est ludique avant de se révéler répétitive voire pesante les allées et venues sont incessantes entre trois groupes d acteurs qui incarnent chacun cette même pièce les stylisations spatiales et narratives écrans divisés virent à l ostentation vaine voire au lourdingue Si tant est qu il ne se limite pas qu à l exaltation de sa propre nature quel vrai cet artificiel ce faux est il supposé révéler Peut être bien des questions intimes que Resnais se pose plus que jamais à 88 ans qu est ce qu aimer comment aimer quelqu un qui n est pas vierge que l on doit prendre avec son passé qu est ce qu aimer un acteur ou une actrice quand on est metteur en scène l acteur est il capable de dire la vérité qu est ce que la vérité Toujours est il que le cinéaste déçoit précisément par les éléments les plus personnels de son film C est d abord ce choix d Anouilh qu il a toujours aimé mais dont le texte parfois laborieux que Resnais n ose pas assez triturer quand bien même il s autorise de petits délires sur le plan formel fait trop s étirer le film en longueur Pire le spectateur est pour ainsi dire maintenu hors de l intrigue frustré dans son implication émotionnelle par cette mise en abyme du jeu qui est déjà présente dans le texte du dramaturge les héros tragiques commentant ce ux qui les entoure nt en termes de mise en fiction de leur propre destin Voilà le premier personnage étrange de notre histoire disent par exemple Eurydice et Orphée d un garçon de chambre L emboîtement des niveaux de jeu virerait à l exercice de style fumeux si le niveau le plus large celui du récit cadre adapté de Cher Antoine n était lui touchant Resnais y évoque chose assez rare les acteurs dans le temps long de leur carrière Ce sont ces moments où ceux ci demeurent face à l écran dans le salon d Antoine à écouter puis à jouer Eurydice qui sont les plus touchants Parce que les comédiens jouent alors autre chose que la pièce elle même tout en en disant le texte ils jouent la mémoire de la pièce la mémoire d un jeu passé qui aurait laissé des traces si profondes en eux que chose impensable ils seraient à même de débiter sans faille les répliques des

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  • Analyse : Le Voyage De Chihiro (Hayao Miyazaki)
    nous être montrés bien longtemps pour s imprimer durablement sur notre rétine A noter que l une des raisons du recours pour ce film à des images de synthèse a été précisément cette volonté de rapidité des déplacements du personnage et donc du défilement des décors par exemple au moment où Sen court entre les haies de fleurs Le rythme ne daigne se poser que lorsque Chihiro se retrouve dans un ascenseur recroquevillée du fait du peu d espace que lui laisse l énormité du dieu qui se trouve à côté d elle il s agit en fait du dieu japonais du radis L appréhension de la fillette qui doit aller demander du travail à Yubâba la sorcière qui régente Arubaya tranche avec l apathie de la créature et le calme de cette scène avec la fureur qui la précédait Ce court passage est l un de ces petits mystères en suspens où s enracine la vraie singularité du film l un de ces courts moments de contemplation où l on oublierait presque les enjeux de l histoire trop fasciné par l étrange et inimitable poésie de ce qui nous est donné à voir Dès lors que Chihiro signe avec Yubâba le contrat qui la force à travailler pour les bains afin ne pas être condamnée à disparaître et qu elle voit son prénom Chihiro veut dire mille brasses en japonais réduit à Sen mille la description des bains d Arubaya qui peut commencer prend elle même l allure d un de ces mystères en suspens mais autrement long et ample L histoire n est donc qu à moitié linéaire bien sûr la fillette garde à l esprit la transformation de ses parents en cochons mais assez vite le film ne se déroule que sur moins de trois jours sa quête change d objet elle tente de percer le mystère de Haru à l humeur étonnement changeante qui se volatilise systématiquement après l avoir réconfortée et qu on lui dit être l âme damnée de Yubâba Entre temps se déroule une journée de travail aux bains au cours de laquelle plusieurs divinités viennent monopoliser l attention de l héroïne et donc ouvrir une sorte de parenthèse dans l action principale Il y a de quoi la séquence du dieu putride couvert de boue qui est le premier client dont Sen doive préparer le bain est l un des sommets du métrage S y manifeste notamment un aspect du film qui nous rappelle Princesse Mononoké c est cette faculté surnaturelle qu ont les personnages de sentir les choses venir Il en résulte un suspense particulier c est d abord avec grand calme que Yubâba perçoit l approche d un intrus d un client inhabituel L attente s installe silencieuse puis paniquée à mesure que l odeur insupportable de la créature se répand autour de l établissement Cet effet d annonce renforcé par une mise en scène qui exploite tout le potentiel du hors champ et le mystère de l obscurité ne donne que plus d ampleur à l arrivée de celui auquel on réserve tout de même le titre de vénérable putride Car là encore comme dans Princesse Mononoké chaque divinité toute repoussante qu elle soit mérite qu on l honore et la respecte Ces innombrables dieux locaux tutélaires de toutes les choses qui nous entourent qui peuplent les récits de Miyazaki s appellent au Japon des kamis On croit même retrouver ici la notion clé de tatari présente dans le précédent opus c est une malédiction ou un châtiment dont peut être frappé un kami provoqué dans l univers miyazakien par un excès de haine ou de colère qui atteint son apogée dans la souffrance physique En effet le dieu putride a l air sous son épaisse couche de boue d être couvert de ces vers noirs qui matérialisaient un tatari chez les dieux maléfiques de Princesse Mononoké Lorsque Sen aperçoit une épine dans la peau du dieu putride Yubâba pense savoir de quoi il s agit et lui demande de la lui enlever On croit deviner nous aussi la matérialisation d un maléfice Il n en est rien tirant tous ensemble sur une corde reliée à l extrémité de ce qu il s avère être un guidon de vélo les employés découvrent que la divinité était en fait souillée de tous un tas d objets semblant tout droit sortis d une décharge et qu elle est en fait un puissant dieu des eaux qui s en va en gratifiant Sen d une boulette à la composition inconnue et l établissement de pépites d or Ainsi le cinéaste ne donne pas autant d importance à la mythologie shintoïste ici que dans son film précédent mais fait part une fois encore de ses préoccupations environnementales Cet épisode lui aurait été inspiré par le fait que près de chez lui une association consacrée à la préservation des rivières ait un jour eu grand mal à sortir d un cours d eau un vélo qui s était profondément enfoncé dans la vase on retrouvera plus tard ce thème de la pollution dans l évocation de la rivière Kohaku remblayée et recouverte d immeubles depuis que Chihiro a manqué de s y noyer Le développement moindre des éléments mythologiques ou du propos écologique de son film laisse la place à un retour de l humour qui était quasi absent on comprend pourquoi du film précédent Ainsi les boules de suie vivantes qui aident Kamaji dans son travail évoquent elles immédiatement les noiraudes de Mon Voisin Totoro mais se révèlent davantage humanisées et donc davantage sujettes au gag Egalement lorsque Zeniba la sœur jumelle de Yubâba transforme l entourage de sa sœur qui menaçait Sen en d adorables petites créatures le Yubâ Bird à la fois éclaireur sentinelle et animal de compagnie de Yubâba devient un minuscule oiseau noir Bou le bébé géant de la sorcière devient un rongeur pataud et attachant quant au trio de têtes sans corps il devient Bou l héroïne se

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  • Courte-Focale.fr : Critique de Warrior
    la victoire Si il combat c est avant tout pour se connaître lui même et savoir jusqu où il est capable d aller Nos deux films de combat sortis cette année partagent le même soin dans le traitement Dans The Fighter Mark Wahlberg doit autant combattre sur le ring que dans sa vie quotidienne afin de s affranchir du cocon familial et de l influence de son entourage Ce désir de se faire valoir par le combat se retrouve dans Warrior mais de façon bien plus poussée par la multiplication des personnages dans l arène Brendan et Tommy sont deux frères qui ont été élevés par un père violent et alcoolique Afin de mener leur propre vie loin de cette figure paternelle peu conciliante ils vont chacun choisir de combattre à leur manière Tommy s enfuiera avec sa mère là où son géniteur ne pourra le retrouver Brendan lui refusera de fuir et réussira à construire sa vie idéale dont son père est exclu L opposition peut paraître mathématique et froide surtout au regard du dispositif de mise en scène mis en place Le modèle de perfection familiale monté par Brendan est mis en valeur par une photographie illuminée et propre La fuite de Tommy le conduit dans des bas fonds poisseux où règne la pénombre Pourtant le résultat ne dénote pas un caractère de calculateur insensible et est au contraire bouleversant O Connor fait ainsi le choix judicieux d éclipser tous les éléments relatifs à l enfance des personnages Ces éléments ne nous sont révélés qu au fur et à mesure du long métrage par des démarches on ne peut plus cinématographiques La scène de retrouvailles entre Nick Nolte et Tom Hardy tous deux formidables est époustouflante en ce sens En quelques plans et répliques cinglantes cette séquence établit avec efficacité leurs rapports De tels dispositifs créent un sentiment de spontanéité immédiatement accrocheur et une impatience quant à voir toutes les pièces de la tragédie s assembler Il met également en relief la complexité des combats en question Désertant son poste en Irak Tommy retourne au pays pour se retrouver après avoir connu une désillusion Sa cellule familiale originelle ayant éclaté il trouva une nouvelle famille dans l armée Mon frère est un marine lâchera t il à son frangin à veille du tournoi Mais cette institution l aura trahi et revenir aux sources de ses problèmes semble un bon moyen de pouvoir repartir le démon que tu connais vaut mieux que le démon que tu ne connais pas lâchera son père lorsqu il acceptera de reprendre l entraînement Mais la rencontre avec le père n est pas ce qu il espérait Là où il croyait renouer avec une figure à affronter il trouve un être repentit lui enlevant son seul objectif à abattre Pire le changement d attitude de son paternel ne fait que ressortir sa ressemblance avec ce dernier Le combat de Tommy devient alors celui d un capitaine Achab poursuivant une folie vengeresse et violente La

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  • Courte-Focale.fr : Critique de We Need To Talk About Kevin
    du crime et même la forme du film va dans ce sens en usant de filtres ou en privilégiant des décors de cette même couleur qui font de l environnement dans lequel évolue le personnage un reflet perpétuel et dynamique du drame avec lequel elle tente de vivre La forme qui apparaît déjà admirablement aboutie pour un deuxième long métrage sait allier les effets de style montage intelligent qui mêle les trois temps du récit comme lorsqu un raccord confond le sang d un hamster retrouvé mort dans le siphon de l évier dans le passé et la peinture rouge qu Eva tente d enlever de ses doigts dans le présent à un plus grand dépouillement qui ne joue qu à peine perceptiblement sur les zooms avant créant une tension une subtile sensation d étouffement lors des séquences de face à face entre Eva et son fils Kevin Lynne Ramsay n explicite rien ou presque dans cette relation qui est finalement le cœur du film là où l on pensait que le double portrait serait celui des parents en fin de compte le père campé par John C Reilly ne sert que de médium de rempart ou de catalyseur dans la relation entre Eva et Kevin On ne peut que supposer que la perversion quasi démoniaque de l enfant soit un effet non voulu de l état psychologique d Eva lorsque celle ci accouche elle qui paraissait ne pas vouloir d enfant Le plan de l accouchement où le père fait déjà gazouiller l enfant tandis que la mère demeure statique le regard vide est terrible A vrai dire l interaction conflictuelle entre la mère et le fils vaut pour elle même comme pur objet de fascination pour le spectateur Les trois acteurs jouant Kevin à trois âges différents ne sont pas seulement incroyablement ressemblants ils crèvent l écran participant malgré leur jeune âge de cette intensité qui va croissant jusqu aux sommets les plus fous et qui suffit à faire du film une claque au delà de quelques scories d un soupçon de tape à l œil que l on relève par moments Les moments les plus forts de tous demeurent ceux où la caméra se refuse à lâcher Eva maintenant le fils dans le hors champ juste face à elle Lors de jeux auxquels le gamin coupe court avec une froideur prématurée lors des visites en prison et lors de cette séquence clé qu on se gardera de dévoiler mais qui constitue évidemment l acmé du film le visage de Tilda Swinton suffit à nous bouleverser Dans ses yeux ahuris on lit autant une terreur immense qu un amour maternel en lambeaux si difficile à reconstituer une fois que l horreur suprême a fait ses ravages Mais ce visage n est il pas plus ambigu encore et tout le comportement de la mère avec lui La construction narrative éclatée et visuelle globalement subjective retranscrivant le ressenti d Eva du film ne matérialise t elle pas un esprit lui

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  • Critique : White God (Kornel Mundruczo)
    aussi face à la conséquence de leurs actes LES MEILLEURS AMIS DE L HOMME Mais si dans Les oiseaux les raisons de la menace restaient inconnues dimension décuplant d ailleurs le dispositif d angoisse les causes de la révolte canine dans White God sont quant à elles plus évidentes Kornel Mundruczo met en image une réalité camouflée celle d un rejet institutionnalisé des chiens bâtards pour n accepter que les pure race au sein de la société Ce postulat qui induit une taxation par les autorités politiques des ménages possédant un chien croisé n est pas si éloigné de la condition réelle des animaux en Hongrie de fait souvent abandonnés errants dans les rues parfois recueillis dans des structures surpeuplées qui éliminent les chiens non récupérés par leurs propriétaires C est bien en constatant cette réalité que le réalisateur a souhaité mettre en scène cette histoire qui porte en elle la trajectoire politique de la Hongrie acquise depuis les élections législative de 2010 aux libéraux conservateurs emmenés par Viktor Orban depuis lesquelles le parti s impose aux deux tiers de l Assemblée pour dicter sa voix régressive face à une opposition inepte La très forte portée métaphorique du film ouvre la voie à cette interprétation éventuellement à la rigueur internationale renforcée depuis plusieurs années au niveau européen et marquée par une montée alarmante des extrêmes en politique A cet égard White Dog rappelle l un des derniers films de Samuel Fuller Dressé pour tuer White Dog 1982 voir quatrième photo ci dessous qui raconte la tentative de récupération par un homme noir d un chien conditionné à attaquer et tuer les Afro américains Il s agissait ici de montrer comment l animal dressé agit non pas de manière consciente mais répond à des connotations simplement visuelles au reflet de la bipolarité d un monde en noir et blanc En cela White God est un film à charge contre l Amérique d après la déségrégation raciale dont la configuration sociale est dictée par l Homme Blanc Si le film de Samuel Fuller montrait le reconditionnement de l animal comme une forme de retour à l humanité White God de Kornel Mundruczo présente le conditionnement qui avait été laissé hors champ en 1982 Les chiens errants sont réappropriés affamés dressés à s affronter dans un cadre de combat élaboré spécialement par les humains qui tirent le bénéfice de paris sur le chien vainqueur comme Alejandro Gonzales Iñarritu le faisait déjà dans Amours Chiennes 2000 Mais la différence fondamentale de White God réside dans sa tendance à montrer la persistance de la sensibilité de ces chiens conditionnés à se battre Ainsi Hagen héros de la révolte parvient à témoigner une forme d empathie envers les adversaires qu il a dû tuer pour survivre là où la sauvagerie canine était poussée à bout dans les combats d Amours Chiennes La singularité de White God repose sur cet équilibre majeur auquel le réalisateur prête attention en filmant les chiens tels des héros aspirant à la

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