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  • Critique : Zero Dark Thirty (Kathryn Bigelow)
    de la CIA à l identité inconnue aujourd hui âgée d une trentaine d années et qui se voit ici incarnée par une Jessica Chastain largement oscarisable Le point de vue féminin n est pas réellement une surprise en soi d abord parce qu il renforce l obstination d un individu confronté aussi bien à ses ennemis qu à une administration relativement inerte ensuite parce que le film gagne en impact en collant aux basques d une femme indépendante et pugnace face au fondamentalisme religieux enfin parce qu il offre à Kathryn Bigelow l occasion de dresser un parallèle édifiant avec son propre parcours de réalisatrice adepte d un cinéma testostéroné elle même ayant longtemps pu être réduite à une heureuse anomalie au sein d un système hollywoodien sacrément burné on précise que cette impression est purement subjective Mais cette Maya n est pas qu une simple enquêtrice au fonctionnement interne invariable d abord en retrait notamment lors des scènes de torture auxquelles elle assiste en tant que spectatrice silencieuse d abord masquée ensuite à visage découvert elle finit par prendre part au processus de quête d informations aussi bien par la torture que par une succession d aveux et de négociations coûteuses exemple l un des membres de son équipe va jusqu à offrir une Lamborghini à un cheik du Koweït en échange d un renseignement C est surtout une héroïne curieuse inhabituelle à la fois très forte et très vulnérable restant au cœur même du monde extérieur tout en conservant son statut de femme de l ombre scotchée à ses ordinateurs et ses vidéos de surveillance qu elle se repasse en boucle en quête d un indice ou d une vérité A force de rester enfermée dans son obsession de jouer sur la diversion face à un ennemi terriblement dangereux scène édifiante où elle enlève son déguisement de burqa pour boire un Coca Cola toute seule dans son domicile et de passer son temps à recouper des infos toutes plus contradictoires les unes que les autres elle incarne définitivement un double de la réalisatrice toutes deux étant plongées dans une terre inconnue dont elles ne mesurent la complexité qu a posteriori sans jamais être capables de tout englober ici Bigelow elle même ne cherche jamais à prendre parti pour quoi que ce soit Et lorsque l enquête touche à sa fin c est la tristesse qui s abat aussi bien en raison de l achèvement d un long travail fortement assimilable à une carrière à part entière que de la traumatisante difficulté à se trouver désormais une identité une destination un refuge voire une patrie dans laquelle l héroïne pourrait se reconnaître D où le plan final définitif implacable plus évocateur que mille discours et également sujet à interprétations diverses Sur le montage et la mise en scène on le disait auparavant Kathryn Bigelow joue à plein régime sur l ambiguïté soulevée par le découpage d une œuvre de fiction Et sur ce point précis Zero Dark Thirty

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  • Combien de scénaristes faut-il pour écrire un film à Hollywood ? | Courte-Focale.fr – Grand angle sur le Cinéma !
    métiers du cinéma sans rappeler l importance de ces mêmes syndicats qui représentent désormais toutes les divisions de l industrie du film américaine des sociétés de camions aux ingénieurs du son en passant par les cascadeurs ou les éclairagistes ACTIONS ET CONTRADICTIONS D UN SYNDICAT D AUTEURS EXTRÊMEMENT PUISSANT La responsabilité accordée au Guild de délivrer des crédits de parenté d une œuvre est au cœur de son fonctionnement Elle est aussi la plus intrigante Dans l industrie américaine du film et de la télévision le statut de scénariste au sens large des writers en anglais qui incluent tous les pans de l activité des screenwriters rewriters aux story writers et story editors est entièrement déterminé par les mentions qu il obtient au générique d un film et sa renommée grandit avec le nombre de films ou de séries auxquels son nom est attaché Les mentions leurs sont attribuées pour la participation à la création d une œuvre for the act of creation in writing for the screen d après le Screen Writers Manual Cette vague dénomination inclut et de ce fait sépare l écriture de l intrigue celle des personnages les dialogues et la structure globale où se rattachent toutes les scènes du film L administration d un système d attribution des plus précis et qui se veut équitable est pour ainsi dire l organe central du fonctionnement du syndicat Le Screen Writers Manual indique que la délibération se fonde sur le principe essentiel de la vérité et de la précision concernant la parenté de la création The guiding principle of this system of credit determination is that the writing credits should be a true and accurate statement of authorship Chaque année le WGA tranche plus de cent cinquante cas tentant d attribuer les différentes composantes de la structure scénaristique l histoire les dialogues l adaptation les scènes d actions le récit aux auteurs qui en sont les parents respectifs Or le processus d arbitrage est extrêmement délicat La délibération est une machine complexe et technique qui sera présentée plus loin Mais au delà du mécanisme il faut comprendre que l enjeu de la réponse d attribution des crédits est immense pour les scénaristes et leurs agents D abord ils sont la seule monnaie des premiers et même un professionnel renommé n en obtient un en moyenne que tous les quatre ou cinq ans Une bénédiction ils sont la voie sacrée les pierres précieuses qui tracent le chemin des écrivains à travers le système hollywoodien jusqu à obtenir des aubaines financières et après des dizaines d années la renommée escomptée c est à dire la visibilité au sein d une mécanique étouffante et sans pitié Un agent peu également utiliser les crédits de son client pour booster ses frais de deux cent à trois cent mille dollars par film Ceux ci génèrent habituellement des credit bonus de la part des studios des centaines ou des milliers de dollars qui garantissent aussi des residuals un pourcentage sur les ventes DVD le câble et les chaînes étrangères un des motifs de la grève de 2007 était une demande d augmentation de cette source de revenus avec celle des sorties de films sur internet Ces pourcentages peuvent atteindre des sommes astronomiques lorsqu il s agit de blockbusters dont la distribution internationale s étend sur la majorité des territoires Il y a également un enjeu plus personnel gagner un arbitrage obtenir un crédit c est finalement obtenir son dû En revanche perdre un arbitrage c est se voir refuser l authenticité de son travail Il existe dans ces situations et pour cette raison simple une dimension conflictuelle extrêmement puissante Lorsque Jerico Stone perdit celui de Panique sur Florida Beach de Joe Dante 1993 et qu il reçut story by à la place de screenplay by il fut si en colère qu il tenta de remplacer son nom par le pseudonyme Fuck ce que le syndicat refusa Quelques années auparavant un scénariste déjanté qui venait de perdre son crédit après la délibération des arbitres du WGA fit irruption dans l audience du Policy Review Board armé d un revolver Or Hollywood fait souvent appel à de jeunes auteurs tapis dans l ombre pour dessiner des intrigues voire des développements Mais ces projets qui manquent de caractère même si la trame générale d un synopsis peut être conservée sont ensuite confiés à des scénaristes de première classe spécialisés dans la réécriture de projet Ceux là qui ont pour but d aiguiser le relief des personnages pour les rendre originaux et de tailler dans le papier les mécaniques de développement pour les approfondir font partie d un petit groupe que le système paie trois cent mille dollars par semaine éventuellement un million de dollars quand il s agit de boucler un film rapidement tout en le rendant brillant efficace Ces habitudes de l industrie de l écriture où l on assemble un scénario à la manière des pièces détachées de la chaîne de montage font souvent défaut aux vrais créateurs aux initiateurs L EXEMPLE DE PRETTY WOMAN J F Lawton fut le seul auteur crédité au scénario de Pretty Woman 1990 Pourtant c est la participation d autres scénaristes au projet qui enthousiasma les professionnels d Hollywood jusqu à faire passer Lawton pour un imposteur Barbara Benedek qui fut l une des scénaristes additionnels travailla seulement sur le personnage de Julia Roberts qu elle approfondit et démarqua de celui qu avait créé son prédécesseur Elle en fit l héroïne décalée qui valut à l actrice sa renommée internationale la prostituée pétillante et joyeuse toujours célèbre aujourd hui et qui permit au film d avoir un si grand succès Ce que Barbara Benedek accomplit constitue un travail de réécriture assez court voire sommaire limité à la révision de quelques scènes à l ajout de quelques touches d humour mais dont l impact sur la dynamique et la sensation produite par le film et Julia Roberts fut décisif Evidemment une fois racheté par le Studio Disney le script allait automatiquement évoluer vers la comédie sentimentale l histoire originale fut réécrite à la demande de Jeffrey Katzenberg afin de la faire ressembler à un conte de fées Sa fin présentée comme une variation féministe autour du thème de Cendrillon n a pas été écrite par Lawton dont le premier scénario à l allure plus réaliste était destiné à imaginer un film plus sombre et indépendant le titre de Lawton Three Thousands qui fut modifié par la suite était révélateur d une manière moins consensuelle d aborder la prostitution Pour cette raison l arbitrage eut lieu essentiellement entre Lawton et un autre intervenant Stephen Metcalfe à qui l on doit la touche générale du film celle qui fit de Pretty Woman une comédie Barbara Benedek au contraire ne se positionna jamais contre Lawton et ne chercha jamais l obtention d un crédit car elle estimait que seul ce dernier était à l origine de tous les éléments fondamentaux du film Si Lawton fut mentionné en tête de générique c est parce qu il était l auteur d un matériau original dont la mécanique générale lui appartenait même si ce qu il en restait dans la version finale du film était minime Deuxièmement et c est là la raison officielle qui empêcha le Guild de promouvoir l originalité des scénaristes subséquents aucun des autres rewriters qui succédèrent à Lawton ne réécrivit plus de 50 du scénario original règle du Guild pour obtenir un crédit lorsqu on réécrit une histoire originale Pourtant ce sont tous les éléments ajoutés au premier script qui ont conféré au film son caractère dialogues humour personnages légèreté et regard approbateur conférés à un thème sérieux et polémique Étrange cette capacité à refouler l originalité au profit de la loi des numéros Phil Alden Robinson réalisateur et scénariste de Jusqu au Bout du Rêve 1989 avec Kevin Costner avait imaginé ce faux exemple pour illustrer le plus grand paradoxe du système des crédits disons que nous allons faire un film sur la vie du grand magnat de la presse et milliardaire tourmenté Charles Foster Kane Celui ci naît dans la pauvreté avant d hériter d une fortune considérable il fonde ensuite un journal puis il meurt Maintenant imaginons que le studio engage un nouveau scénariste pour régler quelques détails il propose que le film débute peu avant la mort de Kane au moment où il prononcerait juste avant de s éteindre une parole mystérieuse Rosebud et tout au long du film un reporter chercherait à comprendre le sens de ce mot Ces quelques pages ajoutées au scénario de Citizen Kane ne remplissent pas le quota minimum d obtention d un crédit Son auteur ne pourra jamais prétendre à aucune reconnaissance officielle de la part du Guild et courant d un film à l autre il continuera de s effacer sous l ombre de ses idées Mais ne sont elles pas ces mêmes pages ces 10 que le système ne reconnaît pas qui font le film L EXEMPLE DE HULK D APRÈS UNE ÉTUDE DE CAS DU NEW YORKER 4 Deux ans avant la fin du tournage du film d Ang Lee James Schamus avait écrit un scénario sur la métamorphose du géant vert Hulk Schamus avait raison de croire que celui ci allait être porté à l écran car il connaissait bien le cinéaste taïwanais pressenti par Universal pour diriger l adaptation Ensemble ils avaient déjà produit écrit et co écrit plusieurs de ses films dont Ice Storm 1997 et Tigre et Dragon 2000 D autre part Schamus était à l époque Vice Président de Focus Features une division d Universal Studios qui disposait des droits d adaptation de Hulk et qui prévoyait depuis plusieurs années d accélérer le développement du projet Pourtant il y avait aussi des raisons de douter Pendant sept ans déjà huit scénaristes ou équipes de scénaristes s étaient bousculés devant le portail d Universal en déposant aux pieds de l Olympe des têtes dirigeantes d Hollywood les scénarios I II III IV VIII de ce qui devait être l adaptation du célèbre personnage de comic books Mais adapter une saga de super héros est une tâche contraignante il faut écrire une scène d origine qui explique la façon logique ou fantastique dont celui ci obtient ses pouvoirs accidents biologiques ou physiques héritages implication de la famille ou d un parent disparu dont on redécouvre le passé caché etc toutes les dix pages il faut voir le héros se déchaîner au milieu d une scène d action ce que le producteur Joel Silver appelle les whammo qui sont selon ses explications toutes les scènes susceptibles de faire avaler plus de popcorn au spectateur et le film doit s achever sur un combat final et prolongé entre le super méchant et le super héros à la manière d un point d orgue musical ou d un troisième acte d opéra Beaucoup d options plus ou moins farfelues Bruce Banner fréquentant des délinquants à Las Vegas ou Bruce Banner préparant une mission sur Mars furent présentées au Studio James Schamus qui prétendit reprendre le projet de zéro se fixa une ligne directrice centrée sur la relation père fils qui alimente toutes les étapes fondatrices du film A l aide de nombreux flash backs censés réanimer le passé brutal de Bruce Banner pour l aider à comprendre la disparition de ses parents et de rêves en images de synthèse qui épaississent la trame psychologique du récit Schamus fit moins de Hulk un film de super héros qu un drame familial Universal approuva le projet de Schamus d après lequel Ang Lee confortablement assis sur un budget de cent trente sept millions de dollars organisa le tournage du film Celui ci achevé Schamus n attendait plus qu une chose obtenir son crédit de scénariste pour le travail qu il avait accompli Dans une interview le producteur rappelle l originalité de la version de Schamus et sa dimension de tragédie grecque Une fois le montage terminé le studio qui est l auteur du film dans la mesure où il en détient tous les droits est prié d après la règle numéro une du Minimum Basic Agreement de soumettre au WGA ici en termes exacts une notice of tentative writing credit Cette notice doit énoncer tous les participants c est à dire tous les écrivains impliqués à n importe quel niveau ou étape de l écriture du film Elle établit également une liste des accréditations potentielles Les participants à un projet ont le droit toujours d après le MBA de se réunir et de conclure des accords Le studio est aussi obligé de leurs fournir la version finale du scénario sur lequel s est enfin fondé le travail du réalisateur Chacun peut ainsi apprécier et évaluer librement sa contribution au film À partir de là trois solutions peuvent être envisagées Les participants acceptent la liste des crédits telle qu établie par la notice Ils se consultent une dernière fois sans protester Enfin ils ont également le droit de contester la distribution en protestant sous la tutelle du WGA qui est responsable dans tous les cas de la validation de l attribution des crédits En revanche les arbitrages sont obligatoires si l un des scénaristes est aussi producteur et ou réalisateur du film certainement pour contrôler l abus d autorité au sein des studios On compte quatre autres cas spécifiques qui entraînent une procédure automatique si trois personnes doivent partager un crédit de scénariste si les mentions screen story ou television story sont proposés à une personne si une mention Adaptation by est en jeu et enfin dans le cadre de la télévision seulement si un crédit Developed by est proposé Autrement n importe quel participant au montage du scénario peut demander un arbitrage Schamus en obtint donc un de manière automatique dans la mesure où il était aussi l un des producteurs du film Au moment où Universal s apprêtait à planifier le générique tel que The Hulk written by James Schamus certain que sa notice serait approuvée par le WGA cinq scénaristes ayant collaboré au projet soumirent à la dernière minute une demande d arbitrage Or décider de la parenté d une scène ou d un dialogue peut prendre des heures Une majorité de deux arbitres sur trois suffit à trancher mais les responsables de la délibération sont si souvent en désaccord que le Guild nomme un consultant externe pour trancher le débat Le Screen Credits Manual détaille le processus d arbitrage La procédure requiert que trois scénaristes anonymes dont les noms sont confidentiels lisent les projets de scénarios des personnes qui en réclament La Screen Arbiters List d après laquelle sont élus les arbitres inclut des scénaristes qui appartiennent au W G A depuis cinq ans au moins ou qui ont déjà obtenu trois crédits dans leurs carrières De plus au moins deux des trois arbitres doivent avoir participé à deux précédents comités Les documents qui se plient à la consigne d anonymat du Screen Credits Manual sont fournis sous la forme suivante Screenplay by Writer A Writer B Les comités fondent leurs analyses sur la base de tous les matériaux qui ont conduit à l élaboration du scénario et dans le même temps forcent les scénaristes à rédiger un rapport personnel dans lequel chacun d eux défend son influence dans le scénario final Ce rapport est leur seule opportunité de communiquer et de défendre sa contribution au projet final Aucune restriction n est imposée à la rédaction du rapport Enfin ils comparent les différents projets avec la version du film qui vient d être tournée et montée Le système d attribution et les critères sont très complexes mais généralement les scénaristes qui travaillent sur l adaptation d une source externe comme une nouvelle ou un comic book doivent avoir écrit un minimum de 33 du scénario utilisé pour le tournage du film pour obtenir un crédit screenplay credit tandis que les scénaristes additionnels doivent avoir participé au moins à hauteur de 50 à la réécriture d un scénario original pour en avoir un L auteur de ce dernier le premier soumis au studio reçoit automatiquement une garantie de la part du studio et du syndicat qui lui assure la parenté de l histoire un crédit story by En réalité cette option est un choix de seconde zone pour des scénaristes de premier plan car ceux accrédités d un story by établissent simplement l intrigue globale et le thème de l histoire Un scénariste a également le droit de faire appel au WGA Policy Review Board s il estime que l un des arbitres a dérogé les règles Le verdict tomba en avril 2003 quelques mois après le tournage du film L arbitre N 3 conclut en faveur de Schamus qui aurait donné au scénario sa matière principale c est à dire la relation père fils qui nourrit en fond le récit Ainsi seul le premier auteur Writer I devrait entrer en considération dans les négociations Pourtant les deux autres arbitres détectèrent lors de la projection des rythmes et des idées étrangères au papier de Schamus La décision finale fut confuse La voici telle que présentée par Imdb y sont rajoutées les précisions du WGA Writing credits WGA Stan Lee Marvel comic book character and Jack Kirby Marvel comic book character James Schamus Writer I story John Turman Writer A screenplay and Michael France Writer C screenplay and James Schamus screenplay L étrangeté de la décision est issue du fait que Schamus écrivit sa version bien après que Turman et France quittèrent le projet Dans sa lettre adressée au Guild James Schamus insista fortement pour qu on reconnaisse qu aucune des idées de ses prédécesseurs selon lui toutes issues des comic books n avaient perduré dans son scénario A l inverse France et Turman furieux que Schamus ose réclamer un crédit pour lui tout seul estimaient qu il n avait fait que broder autour d un schéma préalablement défini par eux des années auparavant Deuxièmement nous savons qu

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  • Courte-Focale.fr : Décembre 2011 En Comédies
    rarement l occasion d être trompeuses dans le doux paysage de la comédie française Si cela sous entend ici des intentions louables pas sûr qu un tel constat puisse se suffire à lui même Réalisation Frédéric Berthe et Pascal Serieis Scénario Florence Foresti Pascal Serieis et Xavier Maingon Production Cyril Colbeau Justin et Jean Baptiste Dupont Bande originale Philippe Rombi Photographie Ludovic Colbeau Montage Elodie Codaccioni Origine France Date de sortie 7 décembre 2011 NOTE 2 6 De l huile sur le feu Une famille chinoise une famille algérienne deux restaurants qui partagent la même terrasse deux patrons qui ne peuvent pas s encadrer Au milieu un serveur français qui se croit chinois et travaille pour eux qui cherche à séduire la jolie algérienne d en face Y a pas à dire l exposition qui nous est faite de ce joyeux monde se pose là comme un summum de minimalisme sinon très con et donc potentiellement très bon en tout cas propice aux délires en tous genres si tant est qu on veuille bien débrider son imagination Et ça tombe bien puisque le réalisateur et un des scénaristes de la chose n est autre que Nicolas Benamou dont ce premier film est l aboutissement d expériences comme cadreur au Morning live réalisateur de clips les Bratisla boys ou Fatal Bazooka ou réal de seconde équipe sur le Fatal de Michaël Youn Et dont il partage vous l aurez compris l humour qui a fait le succès de celui ci ainsi qu une certaine tendance à rire d absolument tout Aussi De l huile sur le feu peut s avérer décevant sur ce point précis À dire vrai le manque d enthousiasme repose moins sur le type de comique adopté que sur la structure dans laquelle il évolue Car si certains gags s avèrent prévisibles le fait qu ils soient l enjeu d une scène entière la couscoussière amène fatalement à suivre celle ci d un œil distrait en guettant un éventuel élément perturbateur qui ne viendra jamais Et compte tenu d un humour évidemment basé sur les différences de culture et de religion De l huile sur le feu regorge de ce genre de moments Passées les premières séquences qui soulignent un conflit entretenu par les préjugés de chacun jusqu aux plus basiques on ne devine que trop vite les situations à venir quand bien même on espère en rire une énième fois Les algériens et la viande halal les chinois mangeurs de chiens En passant du statut de simple gag à celui de véritable enjeu quant à l avancée du récit certains faits amènent plusieurs séquences à user d un faux rythme qui dans l accumulation créent un ventre mou dont Nicolas Benamou ne parvient pas à s extraire Tout juste sauve t il son film par ce qui est son principal atout fort d un univers très personnel et jamais avare en détails le néo réalisateur fait preuve d une générosité salvatrice dans le registre balisé de la comédie qu il gratifie notamment de personnages complètement fucked up Le personnage incarné par Vincent Lacoste découvert dans l excellent Les beaux gosses de Riad Sattouf lequel fait déjà du Vincent Lacoste témoigne de cette envie Il est d ailleurs impossible de le décrire concrètement sans spoiler un minimum chose que nous éviterons de faire étant donné que quelques uns de ses aspects constituent certaines des meilleures répliques du film Quoiqu il en soit l idée est de ne jamais le faire passer pour débile du fait de l absurdité de ses comportements L écriture est habile en cela Outre une relation peu surprenante mais joliment menée avec celle qu il cherche à séduire le fait de ne présenter ce livreur qu au bout d une dizaine de minutes l empêche d être la cible de rires moqueurs de la part du spectateur La présentation en amont de deux restaurateurs aussi loufoques l un que l autre a posé les bases d un univers sinon déjanté en tout cas insolite dans lequel les évènements les plus improbables deviennent cohérents Le personnage se montre d ailleurs attachant dés le début car l intrus n est plus lui mais l algérienne Alice Belaidi excellente dont l attitude premier degré n est pas raccord avec le décorum mis en place C est ce qui évite à De l huile sur le feu d être plombé par ses blagues foireuses et autres problèmes rythmiques De détails visuels le restaurant algérien s appelle Berbère King sert des Benzema sans cornichon ou des McRibéry un trou dans le sol de la forme du visage qui s est fracassé dessus en joyeusetés sitôt exécutées sitôt oubliées un chien ou un notaire qui pètent le long métrage capte l attention en permanence jusque dans ses moments les plus inintéressants et ils sont nombreux Il faut dire que sa galerie de personnages participe aussi d un ennui souvent évité la palme revenant au patron chinois complètement hystérique et que l on croirait sorti tout droit des guignols de l info Dans ses envolées verbales parfois incompréhensibles c est un Tien Shue magistral qui nourrira des disputes qui iront crescendo jusqu à un final cataclysmique et sans doute inspiré du générique de fin des Onze commandements dont on aurait jamais espéré voir ne serait ce qu un dixième Ce n est certainement pas amené de la meilleure des façons mais la cohérence et le jusqu au boutisme sont là En l état De l huile sur le feu n est donc qu une comédie à peine sympathique Mais c est peu de dire que le parcours de Nicolas Benamou est à suivre attentivement Réalisation Nicolas Benamou Scénario Cécile Sellam Nicolas Benamou Jerome Borenstejn Mathieu Oullion et Romain Théo Levy Production Christophe Cervoni Éric Juheurian et Mathias Rubin Bande originale Clément Tery Photographie Julien Meurice Montage Carlo Rizzo Origine France Date de sortie 14 décembre 2011 NOTE 2 6 30 minutes maximum Dans le commentaire audio de Bienvenue à Zombieland auquel

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  • Courte-Focale.fr : Dossier - Performance Capture et Cinéma Virtuel
    cinéaste n a uniquement à se préoccuper que de la capacité d un acteur à tenir le rôle voulu Ray Winstone qui a notamment été choisi pour incarner Beowulf grâce à sa voix s émerveille On peut faire 1 mètre 70 être un peu enrobé ne pas être un Apollon et jouer un héros de presque deux mètres avec des abdos N importe quel acteur peut ainsi jouer n importe qui Et outre les paradoxes que cela peut impliquer cela ouvre des possibilités tout simplement faramineuses et Kathleen Turner jouant la maison dans Monster House n en est qu une infime partie Ray Winstone joue bien aussi le dragon dans La légende de Beowulf Rien n empêcherait un enfant de cinq ans d interpréter un vieil homme pas plus que cela n a empêché Jim Carrey d incarner une ombre dans Le drôle de noël de Scrooge Et Tom Hanks de se voir confier cinq rôles dans Le Pôle express dont celui du jeune héros ou Steven Spielberg de venir faire un caméo dans Le secret de la Licorne sans même que l on puisse se douter qu il est juste devant nous le brocanteur qui vend la maquette à Tintin En merveille technologique qu elle est la perf cap autorise donc une liberté totale dans le rôle et le jeu ainsi que dans la rapidité d exécution Est il donc utile de préciser qu en combinant les deux un acteur jouant deux rôles peut passer de l un à l autre quand il le souhaite À gauche Tom Hanks Au centre Tom Hanks À droite Tom Hanks Curieusement jouer plusieurs personnages m a libéré parce que je pouvais en tant que moitié de la scène mettre des choses bizarres ou spécifiques et de l autre côté je me rappelais de certains de ces moments et je pouvais m appuyer dessus Tom Hanks En termes de rapidité le résultat est assez clair Pour La légende de Beowulf une séquence aurait nécessité une journée de travail en prises de vues réelles selon Robert Zemeckis Avec la performance capture cela lui a pris quarante minutes la première heure du tout premier jour de tournage Mais revenons à cette notion de liberté Car outre celle rattachée aux acteurs il y a là aussi tout un champ des possibles ouvert au cinéaste Par exemple le design de Grendel dans le film précité a été revu suite à la performance de Crispin Glover Voyant l acteur beaucoup jouer avec son front il a été décidé d enlever les furoncles qui parsemaient cette partie du personnage En outre la performance capture n est qu une étape à l échelle du film fini Car une fois les performances enregistrées sur ordinateurs les techniciens sont chargés de gérer les nuages de points qui les constituent En reliant les points entre eux ils obtiennent le squelette du personnage Aussi si la performance de l acteur constitue le squelette d un héros l apparence du personnage obtenue en amont en est la peau Un maquillage numérique ni plus ni moins Concrètement la performance capture constitue pour le cinéaste l étape de la direction d acteurs L étape préalable à la révolution dite du cinéma virtuel CINÉMA VIRTUEL Vous vous souvenez sans doute tous du flot de logorrhées absurdes qui ont accompagné la sortie d Avatar il y a bientôt deux ans et en partie les cris de terreur poussés face à l incarnation du mal en personne la 3D Notamment le même non argument délirant qui revenait systématiquement dans la bouche de ses opposants à savoir Bergman il avait pas besoin de la 3D pour faire de bons films et autres Non mais franchement dans la prise de position anti avortement de Juno elle aurait apporté quoi la 3D Incapables de différencier les deux trois couillons qui aimeraient s amuser à convertir le Nosferatu de Murnau et le procédé en lui même l occasion était évidemment parfaite pour cracher sur une vague opportuniste qui n avait même pas encore eu lieu Et qui deux ans après commence déjà à s estomper les films convertis à la va vite se font plus rares la caméra Fusion du duo Pace Cameron est régulièrement utilisée ou n a tout simplement jamais existé Les films en prises de vues réelles sortant en 3D sont ouvertement moins nombreux que ceux en 2D Comme si au fond toute technologie nouvelle était vouée à être adoptée sur tout long métrage existant C est l un des arguments délirants qui revient en boucle lorsque le cinéma virtuel est abordé Qu importe la compréhension de ce dernier oser parler de futur du cinéma le concernant revient pour beaucoup à le généraliser à tous les films à tous les genres Un réflexe de paranoïa incompréhensible surtout qu il suffirait de se questionner trente secondes sur l apport du cinéma virtuel pour un film tel que Polisse Non pas tant par rapport au film lui même que par la seule volonté de sa réalisatrice à réfléchir à penser sa mise en scène ou à ne pas le faire dans le cas présent Car plus que jamais le cinéma virtuel constitue un aboutissement en termes visuels et son utilisateur a avant tout à cœur de pousser au plus loin ses désirs d expérimentation sur des projets qui le nécessitent Avant d avoir le cinéma virtuel on n avait que deux formats de films Les films photographiés en 2D et les films d animation Le cinéma virtuel se situe un peu entre les deux C est une manière de présenter un roman graphique filmé de faire des films qui ne devraient pas être animés des films qui sont trop élaborés ou impossibles à faire pour de vrai mais des films très graphiques qui ont un côté très roman graphique et surréaliste Robert Zemeckis Vous l aurez compris le cinéma virtuel sert aujourd hui en tout cas à donner vie à un univers Un univers sinon impossible en tout cas difficile à recréer dans un film live Et il suffit d avoir vu deux films d animation dans sa vie pour comprendre au premier coup d œil qu une pareille façon de faire ne peut se satisfaire d une telle comparaison Les personnages sont vivants autant que le sont les acteurs ont des comportements humains grâce à l apport de la performance capture Ainsi le cinéma virtuel a t il un apport considérable pour donner vie à l univers d Hergé ou de Charles Dickens tels qu ils les avaient imaginés Peut être moins lorsqu il est question d un long métrage plus classique Autant la performance capture pourrait avoir un intérêt logique dans le cadre d un long comme Le ciel peut attendre d Ernst Lubitsch on nous conte la vie du personnage incarné par Don Ameche de son adolescence jusqu à sa mort autant l univers dépeint ne justifie pas nécessairement son utilisation et celle du cinéma virtuel Encore que cela puisse se discuter après tout le cinéma virtuel n a que sept ans et ses capacités ne peuvent que croître afin de se voir finalement destiné à tout type de cinéma Mais celui ci peut amener à créer une hyper réalité un monde fait de CGI mais qui par son photoréalisme ou la crédibilité poussée à l extrême de ses composants les acteurs en priorité provoque des émotions qu aucun film photographié ou d animation ne saurait restituer Venons en aux faits En ayant émancipé le tournage de la mise en scène en ayant recentré celui ci sur sa seule direction d acteurs Robert Zemeckis et ses équipes ont littéralement bouleversé la méthodologie nécessaire à la fabrication d un film celle utilisée depuis les origines Le mécanisme traditionnel est constitué de trois parties bien distinctes La pré production qui consiste à préparer le film en question scénario plannings financement charte graphique etc et qui sera ponctué d un certain nombre de contraintes disponibilité des acteurs coordination des équipes financement insuffisant réécriture du scénario La production à savoir le tournage durant laquelle le réalisateur collabore avec ses chefs de poste ses acteurs effectue sa mise en scène Le tout là aussi blindé de contraintes le temps principalement mais aussi des accidents divers la météo La post production elle est la période durant laquelle l agencement des prises effectuées pendant le tournage va aboutir au film projeté dans les cinémas Montage musique mixage etc La contrainte la plus évidente le tournage est terminé Il n est généralement plus possible de faire des plans supplémentaires et les images disponibles doivent aboutir à un résultat homogène et cohérent En d autres termes jamais un film ne correspond totalement à la vision originale qu en avait son réalisateur À cela on pourrait citer divers constats de ce genre de la part de grands cinéastes Où simplement vous conseiller de visionner l indispensable Lost In La Mancha de Keith Fulton et Louis Pepe ou l excellent making of du The Devil s Rejects de Rob Zombie Le cinéma virtuel se pose comme la solution ou en tout cas une alternative aux contraintes des tournages classiques Une fois les performances de ses acteurs enregistrées c est désormais tout le processus de mise en scène qui reste à élaborer Le réalisateur en collaboration avec ses chefs de poste va donc créer le monde dans lequel ses personnages vont prendre vie Le tout sur ordinateur qu il s agisse de la chambre des gamins dans Monster House ou de l antre de Grendel dans La légende de Beowulf les décors sont créés en 3D dans leur intégralité telle une maquette des endroits voulus mais dans leurs équivalents numériques Les personnages déjà interprétés sont par la suite installés dans leur environnement Et là c est à l imagination du réalisateur de faire le reste En 3D soudainement on se retrouve avec cet espèce de potentiel extraordinaire où on peut revenir perpétuellement dans les scènes et cadrer à l infini et c est quelque part quelque chose de complètement magique et complètement abyssal Christian Volckman réalisateur de Renaissance Vous l aurez compris mise en scène production et montage post production sont désormais réunis en une seule et même étape de travail et ont lieu après le tournage Désormais c est la liberté au sens large du terme qui guide le cinéaste qui avec l univers de son film présent devant ses yeux va pouvoir effectuer sa mise en scène telle qu il la désire À l aide de son chef opérateur et d outils informatiques simulant n importe quel instrument cinématographique réel focales objectifs dolly grue le réalisateur dispose d une caméra virtuelle littéralement libre de ses mouvements grâce à laquelle il pourra matérialiser la moindre de ses envies Il la place où il le veut en fonction du storyboard ou de la performance des acteurs lui fait faire le mouvement qu il veut quand il veut et où il veut Et surtout il peut répéter ses prises autant qu il le souhaite les performances des acteurs sont définies enregistrées et donc reproductibles à l infini Si un acteur a bougé un doigt à un instant T et que le réalisateur juge cela intéressant rien ne l empêche d aller filmer ce doigt le jeu a été capturé dans sa totalité indépendamment d un angle de caméra ou de l échelle d un plan En trois dimensions en volume Et pour des cinéastes aussi visuels que Steven Spielberg où James Cameron et c est tout sauf un hasard si ce sont eux qui s y essaient avant les autres c est évidemment du pain béni Plus que cela cela peut revenir à une nouvelle appréhension de la grammaire cinématographique une manière de débrider les attentes les plus folles que beaucoup ont passé leur vie à chercher à concrétiser Mais prenons plutôt le cas de Robert Zemeckis précurseur dans le domaine du cinéma virtuel Le monsieur a toujours dans ses films tenté de faire des choses impossibles de s émanciper des lois de la physique tout comme le numérique a réellement bouleversé ses velléités de metteur en scène Certains plans de Contact ou de Forrest Gump en témoignent Qui veut la peau de Roger Rabbit en est un manifeste on ne peut plus clair Mais pour bien mesurer l ampleur des possibilités offertes par le cinéma virtuel et de la nouvelle façon de penser qu elle peut impliquer attardons nous sur quelque chose d aussi bête qu une simple transition Dans Apparences dans le cas présent Au début du premier plan la caméra cadre ses personnages en plan taille avant d effectuer un léger travelling avant se rapprochant de l épaule gauche de Michelle Pfeiffer avant de stopper sa marche Par un simple cut le second plan le suit directement le décor a changé mais la situation est identique la mère enlaçant sa fille Par effet de symétrie la caméra se situe maintenant derrière l actrice et effectue un très léger travelling arrière Il y avait là une volonté claire de la part de Zemeckis de simuler une continuité entre les deux plans mais une continuité elliptique Le fait que le montage soit nécessaire pour que Zemeckis arrive à ses fins peut démontrer rétrospectivement sa frustration à ne pas pouvoir modifier le décor en temps réel tout en n ayant pas à arrêter le travelling initial Le cinéma virtuel a radicalement changé la donne sur ce simple point Il suffit de voir Le drôle de Noël de Scrooge pour s en convaincre En un plan séquence démentiel suite à l arrivée du fantôme des Noëls passés Robert Zemeckis effectue des mouvements de caméras virtuoses durant lesquels celle ci traverse les époques en temps réel Disparition apparition de personnages transformation du décor en une fraction de seconde le cinéma virtuel l autorise et le cinéaste peut enfin faire aboutir sa démarche de la façon la plus totale Dans la même logique imaginez ce qu un réalisateur comme Alfred Hitchcock en aurait fait Déjà dans The lodger 1927 celui ci recherchait l expérimentation à des fins de fluidité narrative Ou Murnau qui dans L Aurore la même année libérait sa caméra pour donner vie au chef d œuvre que l on connaît En tant que réalisateur je peux faire ce que je veux Je peux mettre la caméra n importe où je peux demander la météo que je veux je peux demander les éclairs que je veux et en même temps j ai quand même la magie du jeu des acteurs Robert Zemeckis Le réalisateur de Retour vers le futur confie ici l une de ses grandes obsessions Lui qui répète plus de quarante fois dans le commentaire audio de Scrooge que Jim Carrey EST Scrooge EST AUSSI le fantôme des noëls passés replace l acteur au cœur de la méthodologie dont il est l instigateur Nous l avons vu le cinéma virtuel autorise la concrétisation de toutes les idées possibles en termes de mise en scène Nous ne nous attarderons pas plus là dessus vous avez sans doute tous déjà vu Le secret de la licorne et la poursuite de l aigle vous a sans doute fait frôler l infarctus Néanmoins il a souvent été passé sous silence certaines possibilités pourtant clairement monstrueuses et dont les acteurs constituent l épicentre Au moment de la performance capture les acteurs interprètent les interactions qu ont les personnages entre eux Ils se regardent ou peuvent se toucher En prises de vues réelles dans le cas d un contact physique le réalisateur choisit en règle générale un plan ou ledit contact est visible où totalité ou parties des acteurs se touchent De fait ceux ci deviennent indissociables l un de l autre ils ne pourront changer de position ou de timing au moment du montage Et on l a vu la performance capture enregistre le jeu à ceci près que les données obtenues sont des points sur un écran pas un plan prêt à être exploité Ainsi les performances sont saisies individuellement et rien n empêche le réalisateur d en modifier le timing Admettons que deux acteurs se soient regardés en même temps au moment du tournage en perf cap parce que le scénario l imposait Il est tout à fait possible que dans le film le moment ou l acteur 1 regarde l acteur 2 ait été avancé ou retardé tout en laissant le timing d origine de l acteur 2 Pour diverses raisons mais parce que ce choix semblait être meilleur que celui d origine Dans la catégorie possibilités illimitées le cas de Scrooge par exemple Un plan du film réunit le fantôme des noëls passés en compagnie du vieux Scrooge de Scrooge tel qu il était petit garçon et tel qu il fut adolescent Jim Carrey interprête les quatre personnages Dans une des séquences où intervient le même fantôme un personnage danse effectue une cascade puis a une attitude plus calme Ce personnage est incarné tantôt par un danseur tantôt par un cascadeur tantôt par l acteur en fonction de son comportement Parfaitement inconcevable à la vision du film La vraie prouesse Le personnage fait tout cela au sein d un seul et unique plan Oui le réalisateur a combiné plusieurs performances de personnes différentes en une performance unique et en un seul plan Si un acteur a fait un mouvement qui pourrait très bien conclure une autre performance sur une autre scène la fusion est possible Tout l est Attention néanmoins Cinéma virtuel et performance capture ne sont pas nécessairement dépendants Dans le cas de Renaissance par exemple c est la motion capture qui fut employée dans le cadre du cinéma virtuel et non la perf cap De même John Lasseter a usé de cette méthodologie pour une des séquences de course de Cars Et il n y a pas de cinéma virtuel dans La planète des singes les origines En revanche les singes sont totalement interprétés par des acteurs Andy Serkis en tête Et bien sûr si un tel dossier a pour but

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  • Hollywood s'agite dans l'entre-deux Golden Globes / Oscars
    métier du cinéma Producers Guild of America Awards le 21 janvier Directors Guild of America Awards le 28 janvier Screen Actors Guild Awards le lendemain Writers Guild of America Awards le 19 février et enfin la veille des Oscars les plus ou moins Independent Spirit Awards Pendant cette période les cérémonies fleurissent donc à Hollywood à raison de plusieurs chaque semaine Malheur à qui les ignorerait dans le milieu Car elles participent d un batage médiatique considérable qui est certainement ce qui détermine le plus le palmarès des Oscars Y entrent en ligne de prise de compte les affiches et les spots estampillés For your consideration adressés aux membres de l Académie dans le but de les pousser à voter pour la nomination puis la consécration de tel film Chose que l on ne connaît pas en France mais qui vaut aussi pour la promotion traditionnelle d un film à gros budget les spots publicitaires passent non pas en salles mais à la télévision et c est naturellement la course aux plages de grande audience Quant aux affiches elles se payent jusqu aux unes des quotidiens spécialisés tels que The Hollywood Reporter ou Variety ou de pleines pages dans la grande presse nationale avec par exemple le New York Times Aux distributeurs et aux artistes de s entourer de publicistes hors pair qui sauront trouver la les bonne s photo s dans le cas de The Descendants mettre en avant le thème de la famille peu présent dans les films potentiellement nominés cette année dans celui de La Couleur des Sentiments multiplier les images de câlins pour procurer un sentiment de feel good les bonnes citations de vétérans de l industrie cinématographique ou de la critique ou mieux les créer de toutes pièces En 2003 Miramax a fait scandale avec déjà à sa tête Harvey Weinstein voir plus bas en utilisant dans sa campagne pour Gangs of New York une citation de Robert Wise ancien président de l Académie ventant les mérites du film Petit problème la citation avait été inventée par un publiciste du studio et plusieurs membres de l Académie ont demandé à récupérer leur vote preuve s il en faut que le coup avait fonctionné pour nombre d entre ceux ci La campagne consiste plus largement à occuper au maximum l espace médiatique les personnalités les plus discrètes s affichent sur les plateaux de télévision Jean Dujardin y fait le chameau au fameux Late Show de Jimmy Fallon pour faire oublier aux votants qu il est français et très mauvais en anglais ce que permet déjà son rôle muet dans The Artist disent certains journalistes à tels galas ou avant premières voire même dans tels tabloïds pour pouvoir triompher On comprend dès lors que les Golden Globes retransmis comme les Oscars à la télévision ils ont été suivis en direct cette année par 13 millions d Américains constituent un moment clé tout le gratin hollywoodien s y réunit et donc une très large partie de ceux que l on retrouvera à coup sûr aux Oscars un mois plus tard Remporter un Golden Globes c est s offrir quelques précieuses minutes d acceptance speech et pouvoir ainsi séduire émouvoir ceux qui seront amenés à voter pour vous En ce sens on comprend bien que l on parle des Golden Globes comme d une audition pour les Oscars Les acteurs récompensés y donnent toujours l impression en se répendant en excuses vis à vis de leurs concurrents qu ils jugent tous merveilleux mais dont ils oublient souvent les noms d avoir vu tous les films nominés face à eux De fait les distributeurs les plus ambitieux envoient à tous les membres actifs de l Académie des DVDs de leurs films nominés avec le message For your consideration Mais Meryl Streep a t elle vraiment pris le temps de visionner Millenium de David Fincher pour lequel Rooney Mara était nominée face à elle aux Golden Globes Combien de membres de l Académie pris par le temps vont ils visionner et donc à fortiori élire uniquement les quelques films qui ont su créer le plus gros buzz médiatique ou remporter des Golden Globes PRÊTS A TOUT On n osera pas dire clairement que le tout Hollywood se fait acheter chaque année dans son vote pour les Oscars on le pourra pas puisque tout cela et notamment les sommes déboursées par les grands studios pour cette campagne demeure souvent secret Un chiffre néanmoins a filtré et c est précisément celui qui nous intéresse Harvey Weinstein dont la Weinstein Company distribue aux Etats Unis The Artist La Dame de Fer My Week with Marilyn ou encore le W E de Madonna meilleure chanson aux Golden Globes aurait dépensé pour la campagne de promotion de The Artist quelque 15 millions de dollars soit plus que le budget du film de Michel Hazanavius estimé à 12 millions de dollars sur IMDb Lorsque le film est passé à quelques jours du dernier Festival de Cannes d une sélection hors compétition à la Compétition Officielle l influence de Weinstein a été évoquée séduit par l audace du parti pris de Hazanavicius sur laquelle peu d autres pontes hollywoodiens auraient parié il avait convaincu Thierry Frémaux de donner au film sa chance à raison puisque Dujardin est reparti avec le Prix d interprétation masculine On évoquait alors un distributeur américain hors normes qui promeut ses poulains avec une passion qui fait plaisir à voir On ne saurait nier cet amour manifeste des films mais on ne saurait pas non plus fermer les yeux sur le fait que pendant l Awards Season Weinstein devient plus que jamais un féroce compétiteur prêt à à peu près tout pour s assurer chaque année le plus grand nombre de nominations aux Oscars et si possible quelques récompenses Comme l écrit Patrick Goldstein il y a huit millions d histoires à propos d Harvey Weinstein et au premier coup bas dans la course aux médias on pense immédiatement à lui par exemple en

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  • Dossier : Le roi lion - "On Fait Un Film Sur Nous-Mêmes"
    planète Dans ses choix Roy Disney tenait à privilégier le retour à des intérêts cinématographiques jusque là sous exploités seuls trois films en prises de vue réelles avaient été produits en 1983 passant par l apport d idées neuves Le duo nouvellement mis en place était donc pertinent en ce sens et marquait le début d une réorganisation fondamentale à l échelle de la compagnie entière Très vite Roy Disney fut nommé responsable du département animation Un art relégué au second plan par l ancienne direction rien n avait été produit depuis Rox et Rouky trois ans plus tôt lui même succédant à Bernard et Bianca et Winnie l ourson sortis en 1977 L animateur Glen Keane se rappelle ce bouleversement Je n avais pas l habitude d Hollywood J avais l habitude de vieux messieurs en gilet de laine qui venaient vous taper sur l épaule Voilà que des types hurlaient des insanités en réunion de scénario La douche froide le retour au monde réel Pendant que Wells se chargeait de tous les aspects financiers de la société Eisner supervisait les aspects créatifs des films jusqu aux parcs à thème Lui et Katzenberg mirent à la porte ou forcèrent à démissionner les membres du personnel administratif en place jusque là pour les remplacer par des personnes dites de confiance pour la plupart anciens collègues de la Paramount En novembre une filiale consacrée aux séries télévisées est créée En 1986 Walt Disney Productions devient la Walt Disney Company et la division de Walt Disney Pictures consacrée au cinéma d animation devient une filiale à part entière On la connaîtra sous le nom Walt Disney Feature Animation jusqu en 2007 devenant Walt Disney Animation Studios suite au rachat de Pixar C est en 1989 que l ensemble des changements opérés jusque là trouvera un premier accomplissement LE RÉVEIL DE LA BELLE AU BOIS DORMANT Il faudra du temps à Eisner Wells et Disney pour retrouver le supplément d âme et de talent qui caractérisait les premiers chefs d œuvre du studio Car depuis Le livre de la jungle dernier long métrage d animation supervisé par Walt Disney les quelques dessins animés qui lui emboitèrent le pas ne brillaient pas vraiment par leur ambition allant jusqu à reproduire voire appauvrir gardez un oeil attentif sur les jeux d ombres et de lumières des séquences d anciens films La plupart des nine old men était à la retraite de jeunes animateurs se substituant à eux et parmi lesquels figuraient Tim Burton ou John Lasseter Le studio ne survivait ainsi en partie que grâce aux ressorties de ses classiques Pour Michael Eisner la renaissance passait avant tout par le recrutement de nouveaux hommes forts Jeffrey Katzenberg fut de ceux là Eisner avait rencontré Katzenberg peu de temps après son arrivée à la Paramount Ayant entre autres travaillé pour John Lindsay lors de sa campagne pour accéder à la mairie de New York Katzenberg s était forgé une solide réputation de travailleur invétéré démontrant en permanence des qualités faisant de lui un candidat idéal à son arrivée chez Disney en tant que responsable du département cinéma Et par définition le patron de Roy Dés son arrivée Katzenberg impressionnait son entourage de par l énergie hors du commun qu il mettait au service d une importante productivité On lui devrait plus tard des succès populaires comme le remake américain de Trois hommes et un couffin ou Pretty Woman Mais à peine arrivé c est au niveau de l animation que les premiers conflits se firent sentir Sous prétexte d un label tous publics auquel il ne devait pas échapper tous les dessins animés Disney l avaient jusqu alors obtenu Jeffrey Katzenberg insista pour couper quelques scènes de Taram et le chaudron magique Trop violent trop sombre le nouveau venu tentait de sauver le massacre faisant fi de la révolte naissante chez les animateurs Quelques temps après un échec en salles le film fut même battu par Les bisounours une partie de l équipe ayant travaillé sur Taram fut licenciée parmi laquelle Joe Hale son producteur Lors de la production de Basil détective privé Katzenberg organisa des réunions vécues comme un affront pour ceux qui collaboraient sur le projet du fait de l heure très matinale et inhabituelle de celles ci Et ce ne sont que deux des nombreux faits d arme d un homme qui se fiait énormément à son instinct Si ses employés mettaient volontiers le doigt sur ses défauts ils lui reconnaissaient en tout cas une immense faculté à déceler ce qui n allait pas dans les projets qu il supervisait Toutes proportions gardées on reconnaît en cela une partie du génie qui caractérisait Walt Disney lui qui n a animé qu un seul court métrage mais qui avait un talent hors normes pour mener à bien chacun de ses films et les purger de leurs scories Source Il faut réveiller la belle au bois dormant disait Katzenberg Ranimer un studio endormi Quitte pour cela à faire l inverse de ce que le bon sens réclamait à commencer par déménager les animateurs du bâtiment consacré à l animation Celui où étaient nés bien des films sous l ère Walt Disney La raison avoir des bureaux qu occuperaient les stars des films qu il avait sous sa direction Ni réunion ni débat se souvient Don Hahn juste un mémo Notez que cette version des faits est celle de Don Hahn Dans Le royaume enchanté il est essentiellement question du peu d espace alloué aux bureaux compte tenu du développement de la production de films il fallait notamment loger les producteurs sur place Paradoxalement cette décision a priori absurde a eu des retombées inattendues Dans cet entrepôt dans lequel tout un chacun allait désormais travailler tout le monde se croisait au gré d allées et venues et discutait ainsi spontanément annihilant les barrières et favorisant l échange et la circulation d idées structure reprise par Pixar dans leurs studios d Emeryville Cela était au final peu surprenant compte tenu du fait que Michael Eisner tenait à privilégier le cinéma traditionnel dans le développement dans la société ayant même pensé à fermer la branche animation Katzenberg lui tenait à celle ci Au point peut être de se laisser aller à des interventions un peu hâtives peu confiant dans la réussite de Disney dans le cinéma traditionnel et affirmant au New York Times en 1987 Nous allons connaître un des plus gros revers de tous les temps Refrain connu En 1985 Katzenberg conseilla à Roy Disney d engager quelqu un pour l aider dans ses fonctions Ainsi débarqua Peter Schneider nommé en tant que vice président du secteur animation Lui même fera reposer son travail sur la délégation et sur la mise en valeur des capacités créatrices de ses employés et de leur force de proposition Une équipe très solidaire finira par se créer autour d un Schneider qui encourageait les débats et n hésitait pas à modifier chaque aspect qu il ne considérait pas pertinent Peter Schneider Roy E Disney et Jeffrey Katzenberg Engagé dans la production de Qui veut la peau de Roger Rabbit à une époque où son animation n était pas au niveau Disney suivit Robert Zemeckis dans sa volonté d engager Richard Williams à la tête des parties animées du film Grâce à sa renommée ce sont plein de jeunes animateurs talentueux qui ont rejoint l équipe installée à Londres pour participer au projet Les animateurs de Burbank lésés furent toutefois rejoints par la suite par partie de ces nouveaux arrivants Ils travaillèrent dans un premier temps sur Oliver et compagnie qui fut un succès et créa la surprise en s imposant devant Le petit dinosaure et la vallée des merveilles sorti le même jour de Don Bluth Petit à petit Disney retrouvait une certaine aura et l importance de succès tels que Roger Rabbit ou Good morning Vietnam contribuait à renforcer une image de marque et à retrouver une compétitivité jusque là fragilisée Disney se tourne maintenant vers le futur par le biais de collaborations qui s avéreraient judicieuses les compositeurs Alan Menken et Howard Ashman pour ne citer qu eux ou en investissant dans de nouvelles technologies Roy Disney se tourne notamment vers une tout jeune société d animation en images de synthèse collaboration de laquelle naîtra le système CAPS utilisé pour la première fois dans Bernard et Bianca au pays des kangourous Tels furent les prémices d un partenariat basé sur le long terme avec cette petite compagnie appelée à devenir très très grande Il s agissait de Pixar Malgré l échec du film au box office CAPS fut réemployé avec succès dans d autres œuvres du studio La belle et la bête en premier lieu dont une scène passée depuis à la postérité Fort d une mécanique financière positive depuis quelques années Disney multiplie les bénéfices et les réinjecte dans la production de films Un long métrage d animation par an est conséquemment prévu par Disney et Katzenberg Eisner voulait apporter de l énergie à un rythme de production qu il jugeait plutôt tranquille à l époque où Miller gérait la société il était courant que les pauses déjeuner durent plusieurs heures et qu une partie de golf termine la journée de travail Un cercle vertueux qui aboutira à un nouvel âge d or pour le studio celui entamé avec La petite sirène en 1989 Outre le succès en salles c est un Oscar celui de la meilleure chanson Under the sea qui viendra récompenser le chaos engendré par Roy suite à sa démission six ans plus tôt En 1991 sortit La belle et la bête plus gros succès critique de l histoire des studios Disney depuis Blanche neige et les sept nains Au delà de ses qualités artistiques le film est particulièrement représentatif de cet âge d or il obtient les golden globes de la meilleure comédie ou film musical de la meilleure musique originale et de la meilleure chanson Beauty and the beast et est le premier film d animation de l histoire à être nommé à l Oscar du meilleur film S il obtiendra ceux de la meilleure musique et de la meilleure chanson c est Le silence des agneaux qui remportera la statuette suprême Dans une réaction en chaîne bénéfique les récompenses motivèrent les artistes qui se dépassaient toujours plus La belle et la bête fut suivi par Aladdin premier film d animation à franchir le cap des 200 millions de dollars de recettes aux Etats Unis Dans Waking sleeping beauty Schneider se souvient Ces films redevinrent le cœur et l âme de la Walt Disney Company Toute la société les exploita merchandising diffusions télé émissions spéciales personnages et attractions dans les parcs Une période très grisante On était infaillibles tout se changeait en or Chaque film était plus important encore que le précédent Et l apothéose vint avec Le roi Lion Un triomphe planétaire un succès critique et public une réussite artistique totale Mais aussi et peut être surtout la fin d une époque I JUST CAN T WAIT TO BE KING Lors de son passage à la Walt Disney Company il n était pas rare que Jeffrey Katzenberg s empare de celluloïds et de décors des archives Disney pour sa collection personnelle Lorsqu un jour Peter Schneider s en rendit compte Katzenberg de se justifier par le fait que Walt Disney faisait la même chose Naturellement Schneider n approuvait pas la comparaison mais l accusé répliqua par un très humble Je suis le Walt Disney d aujourd hui Une anecdote comme une autre qui fait partie des nombreuses choses que Michael Eisner reprochait à son poulain Mes plus gros problèmes avec Jeffrey venaient de la façon dont il se conduisait et de la façon dont il se concentrait sur ses propres priorités se rappelle le PDG Katzenberg avait commencé à mettre le feu aux poudres dans ses relations avec Eisner à l époque de Roger Rabbit S opposant à la fureur du président face à son incapacité à contrôler les hausses continuelles du budget du film Katzenberg lui avouait ne pas vouloir se substituer aux jugements de Spielberg et Zemeckis respectivement producteur et réalisateur du film à qui il vouait un profond respect Je fais ce que je peux si ça ne te plaît pas alors je ne suis pas la bonne personne pour ce boulot Mais la première véritable rupture entre les deux hommes eut lieu lors de la première projection en interne de La belle et la bête le 10 novembre 1991 Katzenberg fut surpris à l annonce de la construction de nouveaux bâtiments dédiés à l animation Eisner ne l avait pas mis au courant témoignant sinon d une rancœur de ce dernier envers Katzenberg en tout cas d une rupture dans l entente cordiale jusqu ici plutôt bien entretenue Celui ci occupait une place de plus en plus importante dans les médias ce qui commençait à créer des tensions entre lui Eisner et Disney Schneider résume C est la question rituelle depuis la mort de Walt Qui est le prochain Walt Disney Il faut aux médias une personnalité charismatique et il nous la faut pour vendre nos produits Et Katzenberg de se démarquer Je m exposais je vendais ces films Plus ils avaient de succès plus on venait vers moi et plus je pouvais les promouvoir À l époque on pensait que je faisais ça pour ma carrière Michael entra en compétition avec moi Mon exposition le mettait mal à l aise et ça exaspérait Roy Il faut savoir qu au début des années 90 si l animosité d Eisner à l égard de Katzenberg n allait pas vraiment en s améliorant Jeffrey était quelqu un d extrêmement fidèle et ne supportait pas entre autres que l on critique son patron Sûr de lui mais aussi naïf rétrospectivement il donne en tout cas cette impression Katzenberg continuait de s attirer toujours plus les foudres d Eisner mais aussi de Roy Disney avec qui le partenariat commençait aussi à osciller À l occasion d une discussion franche avec Peter Schneider celui ci lui exposa à l écrit à sa demande les choses qu on lui reprochait Arrogance domination excessive rejet des suggestions Une liste émanant aussi bien de Roy que des animateurs qui nous mène à une anecdote tout à fait représentative de la nature des relations entre le chef et ses employés Jusqu à en avoir les larmes aux yeux Katzenberg demande à chacun de s exprimer sur ce qui le mécontente dans l exercice de sa profession Impossibilité d avoir une vie de famille stress fatigue Katzenberg faisait mine de comprendre Et en fin de compte rien ne changea Lui même ne cachait pas une ambition qui finirait par provoquer un stress très fort chez Eisner Tout bascula définitivement le 3 avril 1994 Nous l avons dit Frank Wells était un grand sportif habitué notamment à gravir littéralement des montagnes Au retour d une journée de ski passée notamment avec son fils et Clint Eastwood Frank Wells fut tué dans l accident de son hélicoptère avec deux autres personnes qui l accompagnaient Quand il apprit la nouvelle le soir même Michael Eisner et son épouse se rendirent chez Luanne Wells la veuve de Frank Eisner déclara Je ne trouve pas les mots pour exprimer le choc et le sentiment de perte que je ressens Jamais quelqu un n a autant symbolisé la force de vie que Frank Wells Sa sagesse son charme son goût pour l expérience et les défis son intelligence pure et exceptionnelle le placent à part et au delà de tout Le monde vient de perdre un grand homme Au delà de l extrême bienséance de circonstance tout ce qu évoquait le PDG au sujet de son numéro 2 était vrai Frank Wells cultivait d ailleurs la maxime L humilité est l ultime vertu en permanence suscitant l admiration de ses équipes Son absence totale d orgueil lorsqu il laissa volontiers la place de PDG à un potentiel rival sa propension à se montrer ouvertement désintéressé par la célébrité son retrait sa discrétion face à la guerre d égos boursouflés qui finirait par parasiter la société Mais essentiellement c est sa gestion des conflits qui a marqué les principaux concernés L homme était insensible à la jalousie se moquait de la concurrence et n avait aucune ambition personnelle œuvrant uniquement pour les intérêts de la Walt Disney Company selon Eisner J ai toujours vu en lui un juge de paix un conseiller matrimonial Michael Eisner C était un vrai médiateur Roy Disney Franck était le conciliateur entre tous ces égos Après sa mort plus d interlocuteur Peter Schneider Très clairement cette disparition allait vite se révéler néfaste à bien des égards Quelques années plus tôt en 1988 Jeffrey Katzenberg s était étonné de constater le montant faramineux d une prime annuelle perçue par Michael Eisner En dépit de succès comme Le clochard de Beverly Hills ou Y a t il quelqu un pour tuer ma femme le cachet de Katzenberg ne dépassait pas lui les 0 dollar Si ces montants avaient une raison d être ils ne convenaient pas à celui qui avait amplement contribué à la bonne santé récente de la compagnie De négociations en négociations le contrat de celui ci parvint à devenir cohérent avec ses exigences à l exception d un seul point Malgré ses demandes ou le soutien de Frank Wells Eisner refusa de signer la succession de Wells par Katzenberg dans le cas où le premier quitterait la société Bien plus tard Eisner promit néanmoins à Katzenberg en privé et donc tout à fait officieusement qu il remplacerait Wells dans ses fonctions si ce dernier venait à partir Telle est en tout cas la version de Katzenberg Eisner se demandant dans son autobiographie en 1998 ce qui avait permis au futur PDG de Dreamworks de croire cela Il n a en tout cas jamais démenti avoir fait cette promesse Jusqu

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  • Dossier Le Roi Lion (2/2) : Et Le Fils Deviendra Le Père
    tels ils paraissent grossiers mais leur utilisation soigneuse et judicieuse assure leur réussite LE ROI EST MORT LONGUE VIE AU ROI De manière assez prévisible le choix du naturalisme déteint sur l histoire Lorsque la production du Roi De La Jungle est lancée le titre changera lorsque les auteurs se rendront compte que ce surnom populaire est mensonger Roger Allers partageait le poste de réalisateur avec George Scribner Ce dernier désire apporter une vision véritablement documentaire Un choix apparemment normal de la part du réalisateur d Oliver Compagnie qui avait décrit les bas fonds de New York dans tout leur misérabilisme L histoire est alors centrée autour d un conflit entre les lions et des babouins Selon Allers l ambiance était terriblement sérieuse et sanglante C était trop pour lui et probablement pour la hiérarchie supérieure Scribner est donc débarqué et remplacé par Rob Minkoff avec ordre de ne pas se focaliser sur ce qui a été fait précédemment Il s agit donc de trouver une nouvelle histoire La nouvelle orientation se fera là encore sous l impulsion de Katzenberg Suite à ce raté il se lâche en réunion sur la conception qu il a de l histoire Un animateur le reprend en déclarant qu il est entrain de refaire Hamlet Et Katzenberg s exclamera que c est exactement ça qu il faut faire Le film se construit alors une intrigue shakespearienne qui creuse un peu plus le fossé entre Le Roi Lion et Bambi On peut même dire qu il s en désolidarise complètement Dans Bambi la nature était à la fois le sujet et l histoire construisant par là une expérience particulièrement sensible Malgré ses thématiques universelles et son contexte Le Roi Lion opte pour un récit à la dynamique plus traditionnelle avec d identifiables attributs manichéens Néanmoins le recours à une intrigue à la Shakespeare reste là encore une belle idée instinctive Son écriture avait réussi à marquer le peuple de son époque et permit à son œuvre de traverser les siècles A travers un sens aiguisé de la dramaturgie et une iconisation de ses personnages il véhiculait des thèmes fondateurs touchant chaque individu Ce désir d universalité ayant motivé la conception du Roi Lion ce choix narratif est des plus évidents D autant plus qu à l instar de Shakespeare qui réinvestissait des personnages et évènements historiques l histoire en conception se rapproche désormais de la légende d Osiris ou de l histoire de Soundiata Keïta Le projet tend alors vers la fresque tragique Le film se trouve là une identité propre au sein des productions Disney malgré le poids de l héritage La sublime séquence d ouverture où les animaux vont célébrer la naissance de Simba peut alors se voir tout autant comme un hommage à Bambi pour son visuel animalier qu à La Belle Au Bois Dormant pour son caractère impérial Que raconte désormais Le Roi Lion L histoire d un royaume gouverné par un roi modèle de sagesse Alors qu il transmet à

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  • Dossier : Nouveau Cinéma Grec
    d une laideur assez catastrophique les visions du personnage principal et que les twists du scénario sont franchement gros en tout cas clairement moins bien amenés que les plus fous de l œuvre almodovarienne On est parfois déçu de trouver chez plusieurs de ces réalisations grecques récentes une influence trop marquée peut être pas assez digérée de cinéastes renommés Les récits polyphoniques et complexes que Guillermo Arriaga dénouait savamment dans les trois premiers films d Alejandro González Iñárritu nous viennent par exemple en tête lorsque l on découvre les partis pris narratifs de Tungsten ou de Wasted Youth Pour autant ces opus là savent bien mieux se démarquer de leur modèle que celui de Koutras ne serait ce que parce que ce qu ils ont à nous montrer de la société grecque d aujourd hui est suffisamment radical et fort pour que la forme même sous influence se mette bien au service d un fond dont elle vient transcender la capacité de fascination Tungsten de Yorgos Georgopoulos 2011 La représentation de la ville demeure une connexion intéressante entre bien des films que l on a vus Deux d entre eux Knifer et Tungsten choisissent de filmer Athènes en noir blanc Le réalisateur du premier ne donne d autre raison que la trop grande laideur de la capitale qui ne mériterait même pas la couleur selon lui Il faut dire que ça n est en rien l Athènes touristique qui est montré vous pouvez toujours attendre pour voir l Acropole dans un film du nouveau cinéma grec bien au contraire ses périphéries populaires sales et déprimées succession de hangars de tôle rouillée et de maisons mal finies Les errances des personnages de ces deux opus mais également de ceux de Homeland Strella et Wasted Youth dans ce décor urbain désolé s imposent presque comme un motif récurrent du nouveau cinéma grec une métaphore de l attente du pays d un futur plus clair et encourageant que celui que le monde lui promet Chômage pauvreté précarité de l emploi cercle vicieux de l endettement et mesures radicales des forces de l ordre contre le moindre écart de conduite constituent immanquablement la toile de fond des œuvres contemporaines et citadines que l on a vues Un marasme social et un horizon bouché qui semblent ne laisser comme possibilité aux personnages que des déambulations éthérées qu un lent enfoncement dans un présent aux lendemains incertains CHAUFFÉS A BLANC Le carton qui ouvre le très bon Tungsten de Yorgos Georgopoulos 2011 offre une image assez forte de l état dans lequel se trouvent bien des personnages dont on a suivi les histoires dans ces quelques films Il y est expliqué que le tungstène est l élément chimique qui a le plus haut point de fusion Et en effet par une narration non linéaire qui multiplie les boucles temporelles de manière toujours pertinente et laisse la violence nichée dans des ellipses pour mieux en décupler paradoxalement l impact le coût des effets spéciaux est également économisé point non négligeable pour un film au budget si minime par un jeu radical sur le clair obscur un noir blanc tellement contrasté qu il en agresse presque les yeux le réalisateur distille un certain malaise et fait monter doucement la température Le rythme plutôt lent et pesant nous fait épouser l épreuve émotionnelle subie par des personnages qui multiplient les échecs sur une journée sans fin Pour les sauver de ce sentiment terrible d avoir été oubliés dans le noir comme le dit un protagoniste suite à un black out qui plonge Athènes dans la pénombre ne restent guère que l espoir d un ailleurs voir les plans récurrents sur le ciel et une conversation sur les avions et les points de suspension sur lesquels le réalisateur clôt son film comme pour dire que la suite dépend de la capacité d action des personnages ou des spectateurs grecs Wasted Youth d Argyris Papadimitropoulos et Jan Vogel 2011 Les échos sont nombreux avec Wasted Youth d Argyris Papadimitropoulos et Jan Vogel 2011 où il s agit cette fois ci de deux itinéraires qui ne se croiseront que très tardivement respectivement ceux d un jeune skateur et d un flic blasé La longueur des blocs centrés sur l un ou sur l autre diminue progressivement pour figurer l imminence du croisement des trajectoires ainsi que le rapprochement dans l espace La tension tient là encore à une admirable maîtrise du rythme la confrontation est de plus en plus dérangeante entre d un côté l insouciance de l adolescent qui rechigne à chercher un job d été ou même à aller voir sa mère malade à l hôpital et de l autre la frustration du policier dont la reconversion en restaurateur s avère impossible faute d un marché suffisant en temps de crise A ce sujet l un des réalisateurs du film explique La crise ne peut que nous inspirer Elle affecte tous les compartiments de notre existence touche de plein fouet la majorité de nos amis elle nous stimule et nous offre des histoires des émotions des bouleversements à n en plus finir Elle constitue en tout cas une épreuve aux allures de dernière étape avant un renouveau un changement radical auquel les réalisateurs nous renvoient sans le mettre en scène comme pour dire qu il ne tient qu au peuple grec et à ceux qui comme lui sont au bout du rouleau là encore la fin du film donne énormément à réfléchir sur les conditions d une révolte ou d un changement de quelque autre nature la trame du film est inspirée de la bavure policière qui a été le point de départ des émeutes de 2008 L appel à l action ou du moins à la dénonciation d une situation désastreuse est bien plus explicite dans Khaima d Athanasios Karanikolas 2010 un documentaire sur un camp de réfugiés afghans à Patras une ville portuaire L idée de départ c est de prendre le contre pied d un reportage TV

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