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  • Dossier : Ray Donovan, saison 2
    DVD qu il avait écrit le scénario en pensant au film noir Ainsi la série tenait autant du teen drama que de ce genre Cette veine n est pas totalement étrangère à Ray Donovan qui en reprend discrètement quelques codes et densifie son atmosphère au fil des épisodes augmentant la tension des antithèses qui la composent ne serait ce que dans la palette des couleurs La cohérence est donc claire entre la thématique on retrouve les topoï du justicier du vengeur de la femme fatale qui attire le héros le menant à sa perte et l esthétique Et comme le souligne Amanda Ann Klein dans un chapitre du livre cité plus haut ce serait une erreur de cantonner le genre à des ruelles sombres glauques et éloignées des suburbs La chercheuse de citer Assurance sur la mort et Boulevard du crépuscule qui y prennent source De la banlieue dorée à la crasse dissimulée d une ville viciée il n y a qu un pas notre société en prend pour son grade Cette opposition entre lumière et obscurité a aussi lieu via la narration Le cadre est assez vite planté une ville dorée des palmiers du soleil à outrance et des soirées autour d une piscine tout ceci dans une société corrompue où chaque famille est rongée par les secrets Les apparences font face à une vérité qui devra toujours être dissimulée Leitmotiv de la série le faux semblant et le mensonge seront toujours les mots d ordre Jusqu à la saison 2 la police semble d ailleurs totalement absente Les forces de l ordre qui seraient synonyme de transparence de mise à jour des agissemements nocturnes ou plus généralement les services publics des ambulances aux pompiers sont gommés de la ville Les personnages blessés sont rarement secourus par des urgentistes et l on ne pénètre jamais dans l enceinte des urgences Bref ici ce sont les truands ou rappeurs milliardaires qui font la loi et qui organisent la société C est à la fois la moelle de la série et son charme la raison pour laquelle elle sait nous attirer Ray réprouve le système mais en est un des principaux exécutants paradoxe qui nous interpelle et sera expliqué à la lueur de son passé L ambiguïté de son personnage est le principal intérêt de la série qui se meut dans la mode du anti héros Pari réussi ici puisque le personnage éponyme ne manque pas de relief Dès lors on se soucie guère de la profondeur des personnages secondaires ou de l évolution quasi inexistante du père de Ray on tient notre vengeur en costard cravatte homme à femmes énigmatique aussi dangereux qu attirant Suite à l explosion de l appartement de Mickey on aperçoit tout de même les forces de l ordre les extincteurs et ambulanciers qui souhaitent emmener Connor avec eux Ray s y oppose car l ordre c est lui mais il se fait arrêter signe qu il perd du terrain et que les valeurs initiales sont bouleversées Le suspense est à son comble la figure du anti héros est pour la première fois mise en danger ce qui instaure un certain suspense chez le spectateur On commence même à douter du pouvoir de Ray mais la fin de saison rétablira sa toute puissance Précisément quand ce pouvoir vacille un personnage fait son apparition correspondant à la figure du chevalier blanc c est le premier inspecteur de police franc et intègre que l on rencontre On avait en effet découvert cette saison un agent du FBI avide de pouvoir et corrompu finalement plus amoral que Ray Donovan et son patron CHEVALIER NOIR VS CHEVALIER BLANC S il est plein de bonnes intentions et que son honnêteté nous surprend tant elle fait figure d exception dans cet univers chaotique on doit bien dire que le jeune policier fait pâle mine face au charisme de Ray Il propose à Abby de venir vivre avec lui et de délaisser son mari ses magouilles lui promettant de tout faire pour la protéger du monde mafieux qui les guette Et pourtant en tant que spectateur on ne souhaite pas que les enfants adoptent une vie normale que la justice suive son cours et que la famille de Ray le rejoigne épousant une vie paisible de banlieue Le regard final de Ray se meut en catharsis pour nous pour résumer tout sombre on sombre Finalement le drama nous permet d assouvir des pulsions inavouées Nos idéaux de démocratie de justice et de vérité s effacent sans honte car nous sommes dans la fiction On souhaite un monde où il est possible de tout contrôler ce que Ray permet On souhaite que plus aucune menace ne plane sur ses enfants et par dessus tout on a soif de vengeance Aurait on adhéré à l arrestation de Cookie Brown Certainement bien moins qu à son meurtre et surtout l ingéniosité de Ray à le rayer de la ville nous laisse cois Quand le sang de Cookie coule la jouissance est totale pour nous mais aussi pour Abby la femme de Ray En filigrane de sa relation avec l inspecteur de police l aspiration à une vie normale lisse et proprette Néanmois face à une déferlante de violence son admiration pour les qualités humaines de son amant la retourneront contre lui et lui feront rejoindre le côté de Ray qu elle n avait finalement jamais quitté Comme on nous le montre quelques épisodes plus tôt au centre de tir elle aime se protéger elle même son amour des armes en témoigne et elle semble faire l apologie des justiciers autoproclamés Elle demande en effet à son amant de boucler Cookie Brown par le biais d un coup monté de le faire enfermer sans une seule preuve ou tout simplement de le tuer Ces figures antagonistes et antithétiques évoluent donc dans un milieu urbain qui fait résonner en nous l absurdité de l existence par des environnements superficiels mais aussi à travers le développement de la corruption

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  • Série TV : The Kingdom (Lars Von Trier)
    pris au sérieux Sur le podium se trouve indéniablement le chirurgien suédois Stig Helmer Ernst Hugo Järegard arrogant lâche raciste et abject dans chacune de ses actions qui réussirait presque à faire passer le J R de Dallas pour un parangon d honnêteté Sa seule peur est celle des sanctions puisqu il est menacé d un procès après avoir réduit une petite fille à l état de légume à la suite d une erreur médicale et son arrogance le pousse à faire l impossible pour sauvegarder ses propres intérêts qu il s agisse de garer sa BMW sur l emplacement réservé à l ambulance en prenant soin d emporter ses enjoliveurs pour qu on ne les lui vole pas de berner la bureaucratie en volant des rapports compromettants pour lui d intégrer une confrérie stupide dans le seul but de bénéficier d un appui en cas de danger ou même d empoisonner mortellement un subalterne un peu trop curieux Autour de cet ignoble personnage les autres sont tout aussi typés et lézardés Rigmor Ghita Norby une infirmière amoureuse de Helmer qui cache un tempérament de mante religieuse Moesgaard Holger Juul Hansen un chef de service tellement lunaire et incompétent qu il en devient casse burnes Hook Soren Pilmark un interne combinard et légèrement escroc attaché à causer la perte de Helmer Bondo Baard Owe un professeur si obsédé par les tumeurs mieux que ça il les collectionne qu il en arrive à vouloir s en faire greffer une pour ne pas la perdre Mogge Peter Mygind un jeune étudiant en médecine un peu idiot qui collectionne les galères à force de vouloir gagner les faveurs d une infirmière qui le repousse Judith Birgitte Raaberg une femme médecin amoureuse de Hook et sur le point d accoucher d un enfant illégitime Côté patients ce n est pas mieux du début à la fin outre quelques figures végétatives et zinzins sur lesquelles on ne s attarde pas on reste focalisé sur la vieille Sigrid Drusse Kirsten Rolffes femme dotée de dons télépathiques qui semble être la seule à pouvoir dialoguer avec les fantômes de l hôpital A priori positif ce personnage se révèle en fait odieux en particulier avec son fils brancardier Bulder Jens Okking qu elle traite comme un simplet sans cervelle On l aura donc compris avec autant de spécimens tour à tour cyniques et suffisants difficile d installer une réelle empathie dans cette fiction En même temps avec Lars Von Trier aux commandes il n y a rien de surprenant là dedans connu pour mettre ses personnages sur des piédestaux afin de mieux les faire chuter juste après le cinéaste s éclate ici à stigmatiser les pires tares de l espèce humaine presque toujours avec un mélange de cruauté et de loufoquerie oui on rit énormément dans The Kingdom sans que ce tableau d une humanité à la ramasse ne paraisse louable ou idyllique La mise en scène de la série télévisée est au diapason de cette volonté d en découdre avec une vision simpliste de l humanité tant il est vrai que Lars Von Trier joue à loisir sur l instabilité des cadres et les formats d image pour déstabiliser les attentes du public Dès son superbe prégénérique où des images oniriques défilent au ralenti dans une esthétique sépia les fans du cinéaste danois ne mettront pas plus de trois secondes pour reconnaître le procédé esthétique mis en place par Von Trier dans son premier film Element of crime En revanche pour tous ceux qui ont découvert l œuvre du cinéaste sur le tard le spectre du Dogme95 ne manquera certainement pas d apparaître au vu d un tournage caméra vidéo à l épaule et en lumière naturelle qui confère à l image une granularité assez sale et qui donne une sensation de réalisme assez inhabituelle aux scènes les plus extrêmes d où la peur et le malaise que l on ressent viscéralement Tout ceci n est pas non plus un hasard en effet une fois la saison 2 finalisée Von Trier intègrera un collectif de réalisateurs danois dont Thomas Vinterberg afin d élaborer les fameuses règles du Dogme95 En cela on peut voir The Kingdom comme le laboratoire ultra créatif que le cinéaste utilisait alors pour mettre en application ses nouveaux critères artistiques sous couvert d un amateurisme qui laissait croire à un essai mal fichu et jamais maîtrisé chaque plan était alors travaillé en profondeur l usage des jump cuts et des différents formats vidéo permettait au montage de casser les règles de fluidité narrative on est si désorienté qu on a parfois du mal à suivre ce qui se trame et l atmosphère sombre du résultat renforce la dimension cauchemardesque de l ensemble Parler de cauchemar à propos de la série n est d ailleurs pas exagéré si la juxtaposition des épisodes respecte la logique feuilletonnesque du processus des indices disséminés de façon progressive pour aboutir à une terrible révélation Lars Von Trier réussit l exploit d amplifier cette idée tout en la prenant à contre pied l empilement des indices ne servant en définitive qu à susciter la perte du public dans un univers dont il ne peut maîtriser tous les codes le cliffhanger final qui clôt définitivement la série y est aussi pour quelque chose Comprenons par là qu à force de naviguer en plein cauchemar on perd vite le sens des réalités Même la finalité de la série elle même n est pas facile à cibler non plus entre la sitcom déjantée le feuilleton hallucinatoire qui ausculte l état moral du Danemark contemporain et la grosse blague potache sur l immixtion du surnaturel dans le quotidien pas facile d isoler The Kingdom ni même de le ranger dans une case précise Et c est tant mieux à force de contrebalancer les règles de la fiction télévisuelle la série échappe à toute codification rassurante et se contente alors de rester branchée sur le mécanisme narratif diabolique mis en place par son créateur Du

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  • Review : Ni no Kuni : La vengeance de la sorcière céleste
    été autant porteur de sens La raison en est simple quel que soit l acte effectué par le joueur l aventure peut se prévaloir de lui donner un sens de le doubler d une symbolique rarissime chez ce média Jusqu alors considérées inconsciemment des mécaniques de gameplay bien connues en viennent à se parer d une signification thématique immédiate D une anecdotique victoire sur un boss au simple fait de laisser un coéquipier derrière soi Ni no Kuni nous invite à repenser certains de nos agissements sinon en brisant momentanément la suspension d incrédulité en tout cas en nous demandant de prendre du recul sur la situation en cours pour mieux cerner ce qu ils impliquent en terme de métaphore ou d allégorie Et si l on pourra toujours regretter que le scénario n exploite pas toujours au mieux ce parti pris au moins le fait il avec une subtilité n interdisant jamais de vivre tout cela au premier degré Plus qu un niveau de lecture supplémentaire il offre au jeu une dimension psychologique une ampleur et un supplément d âme surprenants à bien des égards UN ASPECT BÊTA Hélas cette subtilité tranche avec un aspect didactique encombrant là aussi la plus insignifiante de nos actions Et ce n est pas le moindre des euphémismes entre des tartines de dialogues insupportables qui ne cherchent jamais à dissimuler leur répétitivité sur ce point les quêtes consacrées aux vertus deviennent rapidement pénibles un didactisme affolant où les personnages te décrivent les enjeux t expliquent les enjeux et mais c est vraiment parce que c est toi te réexpliquent les enjeux Les joueurs allergiques au dirigisme en seront pour leurs frais Régler quelques options pour y remédier ne sert finalement que de palliatif face à des missions dont la structure pour le moins galvaudée peut être remise en question Deux cas de figure en l état le joueur laisse l étoile affichée sur la carte pour lui permettre de se rendre directement à l endroit voulu Ou celui ci la supprime se prêtant alors au jeu de scénaristes passionnés par les allers et retours au sein d un même environnement On retrouve là la pate typique de Level 5 celle du genre à te pondre un Dragon quest VIII où chaque quête était constituée de sous quêtes qui était constituée de sous sous quêtes qui Prenons l un des premiers gros objectifs que Ni no Kuni nous propose la recherche d une baguette magique qui nous serait offerte par le roi de la première ville dans laquelle nous débarquons Un énoncé simple répété une dizaine de fois au cas où mais tout de même simple La démarche à effectuer en revanche Celle qui nous est imposée Mmmm Visiter la ville trouver des vêtements constater qu il est impossible de voir le roi parce que son poisson rouge s est échappé chercher ce putain de poisson rouge retourner voir le roi qui a malheureusement perdu son enthousiasme repartir en ville chercher une personne qui

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  • Review : Ori and the blind forest (Moon Studios)
    les contrastes et l identité des environnements traversés volcan grotte marais le jeu opte pour une charte graphique lui conférant une personnalité dans laquelle se fondent ses emprunts artistiques les plus évidents Mieux c est dans son obsession du mouvement que l univers du jeu trouve le caractère organique qui manque à tant des derniers metroidvania en date Dust an Elysian Tail en premier lieu auquel il fut largement comparé Le monde d Ori est un monde vivant conformément aux croyances animistes qui l habitent dès son postulat de départ Un point fondamental qui témoigne du jusqu au boutisme de cette production Moon Studios et de l écart qui la sépare du tout venant Et il y a cette atmosphère fabuleuse sur laquelle reposent certaines fondations du jeu Le ton est donné dès le prologue dans cette séquence bouleversante n évoquant rien de moins que la séquence Married life de Là haut ou le dernier tiers du Tombeau des lucioles Mais encore une fois Ori and the blind forest outrepasse ses influences ici par sa compréhension du langage cinématographique qu il s approprie au gré du contrôle de notre avatar L émotion naît alors autant des échelles de plans et de la forte symbolique d un travelling évoquant tout à la fois le temps qui passe les souvenirs et la mort que d un dessin qui s efface ou de l incarnation d un personnage mourrant Le tout porté par l impeccable composition d un Gareth Coker dont on n hésitera pas à suivre les futures pérégrinations SUPER LIGHT BOY Nous parlions d influences celles ci sont également légion quand il s agit de parler de gameplay Chacune des séquences des compétences ou l utilisation des items forcent le name dropping Des classiques du metroidvania ou du jeu de plateformes au récent Child of light Ori and the blind forest a des airs de jeu somme Plateformes donc puzzle game portails téléporteurs utilisation de la gravité fuite d un niveau à l aide du vent ou en scrolling horizontal Le jeu apparaît comme une compilation de tout ce qui s est fait de mieux dans le genre en dépit d apports d ordre stratégique l obligation d utiliser une cellule d énergie pour sauvegarder Des mécaniques de jeu tantôt classiques tantôt malignes et jouissives renvoyer les tirs ennemis ou s en servir comme propulseur pour atteindre des zones inaccessibles et dont l efficacité naît de la maîtrise totale de Moon Studios sur leur sujet Le titre est d une précision d une intuitivité et d une réactivité diaboliques à la Super Meat Boy laissant le seul joueur responsable de ses échecs exception faite de projectiles ennemis parfois peu visibles En résulte un sentiment de satisfaction proportionnel à l exigence d un jeu qui demande un minimum d habileté moins du fait d ennemis résistants mais aux patterns basiques qu à l égard de la précision demandée à certains moments clé Fort d une difficulté extrêmement bien dosée le jeu regorge

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  • Review : Rayman Legends (Ubisoft Montpellier)
    à l un de ne pas apporter la même chose que l autre Seulement de comparer deux partis pris pour comprendre là où se joue la notion de difficulté et de saisir en quoi Legends peut s avérer frustrant Car après tout un juste milieu est possible Rayman origins l incarne d ailleurs très bien Super meat boy n aura pas volé sa réputation Le chef d oeuvre n ayons pas peur des mots développé par la Team Meat est probablement le jeu de plate formes le plus abouti de sa génération et ce en dépit de mécaniques aussi vieilles que le genre qu il investit Ultra exigeant il pourrait pourtant se révéler tout aussi accessible que Rayman legends À la particularité près qu il faudra bien moins de temps au joueur novice pour pleinement maîtriser ce dernier Cela semble évident et cet aspect sera clairement jugé rédhibitoire par quiconque n aura pas osé tenter une partie de SMB Le constat en choquera d ailleurs plus d un tant Rayman affiche ouvertement sa volonté de plaire au plus grand nombre à travers des phases de gameplay bien moins tordues que celles proposées par SMB Et pourtant Super meat boy prend avant tout sa difficulté dans la richesse de son univers et par extension de son gameplay les sauts sont à hauteur variable selon la pression effectuée sur le bouton le personnage peut faire du wall jump sur un seul et même mur le joueur doit assimiler les comportements des multiples ennemis ou armes diverses pouvant aussi bien vous hacher menu que vous aider à progresser dans le niveau franchir une plate forme peut se faire de multiples manières mais demande souvent une précision de tous les instants négocier la vitesse du personnage se révèle indispensable les niveaux sont tous relativement courts et doivent être finis d un seul coup Sans même évoquer le fait que l inertie du personnage soit difficile à appréhender de par les multiples situations qu il va rencontrer Ainsi tout cela assimile moins Super meat boy à un die and retry qui imposerait une connaissance absolue d un niveau qu à un jeu de plates formes hardcore où l apprentissage se fait essentiellement par l échec Et oui il est donc en cela fondamentalement un jeu extrêmement difficile Néanmoins le jeu trouve son accessibilité et l addiction qu il provoque dans son concept même Car Super meat boy est un jeu qui force le joueur à prendre des risques En lui proposant notamment un level design pensé aussi bien horizontalement que verticalement il lui offre une multiplicité de choix quant à la marche à suivre et l invite à éliminer les plus inappropriés De même celui ci n est jamais sanctionné par un game over frustrant et punitif La seule conséquence est de refaire le niveau depuis le début Mais de le refaire différemment et sans temps mort vis à vis de son précédent essai tout en ayant peut être suscité l enthousiasme du fait d

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  • Courte-Focale.fr : Interview - Lionel Steketee
    Etats Unis trop souvent tendance à penser que l aspect visuel d une comédie est sans importance Pour Case Départ j ai essayé de faire attention à cet aspect de la production Cela va de la couleur des murs sombres pour mieux faire ressortir les personnages blancs à la présence de fumée et drapeaux au marché pour étoffer le décor des amorces floues souvent présentes pour enrichir le cadre etc Comme je l ai dit précédemment j ai tourné ce film comme s il s agissait d un drame L humour vient des deux personnages pas de l univers dans lequel ils sont envoyés Des comédies comme celles d Alex De La Iglesia bénéficient pourtant d un important travail visuel Vous dites également que les comédies françaises ont tendance à délaisser cet aspect Est ce selon vous une question de culture cinématographique de rapport personnel au Cinéma ou tout simplement d une absence d intérêt vis à vis de la technique Un réalisateur tel que Xavier Beauvois qui ne travaille pas la comédie certes déclare par exemple que celle ci s apprend en vingt minutes Vingt minutes Amusant On demandait à Oscar Wilde combien de temps il a mis pour écrire sont dernier livre il répondit 34 ans et 2 jours La technique ne sert à rien sans l expérience Mais il ne s agit pas ici de technique mais de grammaire cinématographique de goûts et de couleurs de partis pris artistiques Certes en comédie les grands mettent leurs pattes Capra Chaplin Kubrick frères Coen leur style mais j ai bien peur que pour des raisons de budget d intérêt de culture ou tout simplement de travail un bon nombre de réalisateurs pense qu à partir du moment où il s agit d une comédie l aspect visuel est moins important Attention je ne prétends certainement pas avoir réalisé une œuvre d art loin s en faut Je dis simplement que ce n est pas parce qu on fait une comédie qu il faut que ce soit laid En tout cas j ai essayé d éviter ça pour ce film Par contre il est inutile de faire preuve d une grande dextérité technique ou visuelle pour une scène de dialogue de comédie face à face à moins que la caméra apporte du rire en plus du dit dialogue Dans le cadre de votre mise en scène avez vous été influencé par d autres comédies On peut notamment penser au Ridicule de Patrice Leconte Ridicule bien entendu pour le maquillage et les costumes mais aussi et surtout d autres films plus sérieux comme Barry Lyndon décors costumes maquillage Amistad décors lumière Elisabeth lumière La Couleur Pourpre cadrages Soy Cuba décors cadrages Vanity Fair lumière optimisation des moyens et j en passe Mes influences viennent bien entendu aussi des réalisateurs avec qui j ai travaillé comme premier assistant pendant vingt ans Qu en est il concrètement De votre apprentissage à leurs côtés qu est ce qui vous a le plus servi sur

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  • Courte-Focale.fr : Interview - Ursula Meier
    Dardenne Je reconnais qu on peut retrouver dans mes films un peu de l énergie de Rosetta par exemple mais je ne pense pas avoir la même approche du monde et notamment sur ce plan de la représentation picturale mais j adore les frères Dardenne quand même Les personnages de L Enfant d en haut c est moins un contexte social qu eux mêmes qui se mettent dans la merde même si elle a vécu des choses très difficiles Louise est tout de même un personnage orgueilleux qui pourrait demander de l aide à quelqu un et qui n en demande pas je l imagine bien dire De toute façon c est tous des cons et elle dit à un moment à Simon attention spoiler De toute façon si je t ai gardé c était pour faire chier fin du spoiler On a donc essayé avec ma chef opératrice de prendre le contre point de ces traits trop connus d un certain cinéma social notamment en choisissant cette cabine en plastique rouge orangé qui a un côté enfantin Ce sont des cabines qui existent vraiment et que les enfants prennent là bas pour aller à l école lorsqu ils vivent dans la plaine et étudient en haut c est très étrange Mais ce que j aimais surtout avec ces cabines de télésiège c est qu elles constituent un peu le no man s land du film lorsqu il les prend Simon n est ni en bas ni en haut et c est un lieu où il arrive à dormir où il mange où il se marre C est un espace qui renvoie à la notion d entre deux que l on trouve dans les rapports qu il a avec Louise au tournant du film attention spoiler il n est plus un frère et pas encore tout à fait un fils pour elle Vous avez tourné en HD Déjà à l époque du téléfilm que j avais fait pour Arte Des Epaules solides 2002 j avais tourné avec une petite caméra vidéo et je me posais mille questions sur ce que ça impliquait plastiquement Pour L Enfant d en haut là encore le passage au numérique HD nous a fait beaucoup nous interroger avec Agnès Godard chef opératrice du film ndlr Parmi les cinéastes avec qui j ai pu discuter de ce support je n ai trouvé que Mathieu Amalric qui s interrogeait comme moi Ça impliquait notamment une différence dans l utilisation des couleurs Agnès voulait partir sur trois couleurs associées respectivement aux trois périodes du film Noël février et Pâques A Noël elle avait l idée de travailler avec le bleu je trouvais ça génial parce que ça permettait en quelque sorte de transformer le décor pour glisser vers le domaine du conte et donc justement décoller du réel pour raconter autre chose de plus simple et de plus fort Qu est ce que le film après tout si ce n est l histoire d un enfant qui veut faire Noël comme tout le monde Ce jeu sur les couleurs permettait d amener un peu de féérie un peu de douceur dans le monde du bas C est d ailleurs surtout le bas que l on a essayé de faire décoller du naturalisme plutôt que le haut où il s agit plutôt d épouser le point de vue du personnage sur ce monde différent J aimais bien l idée de commencer le film en haut mais dans une toilette alors qu on est dans l un des plus beaux endroits du monde C est presque uniquement à la fin du film que l on voit enfin les paysages en plan large que le personnage peut enfin en admirer la beauté Sauf qu il est déjà trop tard qu il ne peut même pas arriver à en jouir parce qu il est seul au monde Le décor est censé être un paradis pour un enfant mais lui l essentiel il ne l a pas Vous parlez d influences du conte L idée de choisir des enfants comme protagonistes de vos deux films est elle liée à cela Je ne dirais pas qu il y avait avant tout l idée des enfants Il y avait surtout l envie de retravailler avec Kacey Mottet Klein de continuer avec le petit acteur de Home Parce que sur ce premier film ensemble on avait fait un travail énorme non pas tellement sur le scénario mais un travail destiné à faire de lui un comédien C était quelque chose d assez empirique où je lui faisais par exemple entendre comment il disait des choses dans la vie de tous les jours pour pouvoir les lui faire redire comme ça lorsqu il jouait pour casser le côté récitation qu ont les enfants quand ils jouent un script C était l idée de lui faire garder sa spontanéité tout en lui donnant des outils Sur ce nouveau film en revanche j ai vraiment travaillé avec lui comme avec un comédien professionnel Est ce qu il y avait des limites dans la direction du jeune acteur pour les scènes ambiguës comme celle où Simon propose de l argent à Louise pour avoir le droit de dormir avec elle De toute manière mes films tournent toujours autour de la notion de limite donc c est vrai qu il y a des répercutions évidentes sur ma direction d acteurs j ai tendance à pousser très très loin Pour autant je n ai jamais eu de problèmes avec mes comédiens et je les aime Je ne comprends pas ces cinéastes qui disent ne pas aimer les comédiens Comment pourrait on tourner un film avec des acteurs que l on n aime pas Je pense qu il y a avant tout beaucoup de confiance dans ma relation avec les comédiens Je ne sais plus quel réalisateur disait qu au fond la direction d acteurs c est savoir pousser pousser mais au bout du compte rattraper la personne dans ses bras Il y

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  • Courte-Focale.fr : Interview - Christian Petzold
    faut trouver la solution à partir d indices Tiens c est la RDA A mon avis les films historiques qui utilisent ces emblèmes fonctionnent comme ça Et moi je ne veux pas entrer dans l Histoire avec des signes Je veux plutôt considérer l Histoire comme un espace habité par des gens qu on se doit d écouter et de respecter non de déchiffrer Donc le but était de rendre l Histoire actuelle Il est grand temps qu on critique les grands sujets du cinéma allemand des vingt dernières années qui sont devenus esclaves de l impérialisme Il s agit du IIIe Reich et de la RDA Sur ces sujets là on a produit des images absolument casse couilles Je pense qu il faut ouvrir une autre porte vers ces sujets Cela ne veut pas dire que je veuille faire du cinéma historique à tout prix mais je ne veux pas le laisser en pâture à d autres Comme dans Yella 2009 ou dans Jerichow 2009 la protagoniste est ici une femme forte qui cherche à s évader malgré sa position momentanée de faiblesse En quoi cela vous intéresse t il J aime ces personnages qui ont un but et qui sont empêchés de l atteindre Ils sont obligés de se transformer Ce processus de transformation est éminemment cinématographique le cinéma montre le devenir et non pas l être Le cinéma montre toujours la transition d un moment à un autre et j aime beaucoup ça Et pourquoi des personnages de femmes Parce que je n en suis pas une Ça facilite et complexifie en même temps mon travail Il n y a dès lors rien de biographique sur lequel je puisse travailler c est plutôt quelque chose d étranger à moi Grâce à Nina Hoss héroïne de cinq de ses films dont Barbara ndlr ou Julia Hummer héroïne de ses films Contrôle d Identité et Gespenster ndlr j apprends des choses sur la vie et je quitte ma position d un réalisateur qui sait tout Jean Luc Godard a dit une fois lorsqu il visionnait des rushes d un film avec Isabelle Huppert que celle ci incarnait pendant les vingt quatre images par seconde trois vérités différentes Ces vérités les hommes ne les ont pas Il y a dans tous vos films quelque chose de fantomatique Le titre Gespenster 2005 veut littéralement dire Fantômes l héroïne de Yella s avère en être un et dans les autres films c est l atmosphère qui a quelque chose de mortifère Cela remonte en fait à mon premier long métrage Contrôle d Identité 2002 où le couple d ex activistes de la Fraction Armée Rouge et leur fille étaient en fuite permanente à travers l Europe et perdaient en quelque sorte leur identité en perdant un contact sensoriel avec le monde qui les entoure Il y avait cette adolescente de quinze ans jouée par Julia Hummer qui voulait avoir le temps de sentir les choses de goûter les choses de pouvoir vivre

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