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  • [INTERVIEW] Cédric Klapisch et Audrey Tautou
    revanche elle passe au second plan dans Casse tête chinois j ai tenu deux semaines à me dire qu on pourrait raconter la vie de leur couple avec enfants puis j ai craqué c était évidemment plus intéressant qu ils se séparent qu il y ait des problèmes auxquels se confronter ATTENTION SPOILER L idée du retour de flamme avec Martine est venue dès le début de l écriture de Casse tête chinois CK Assez tôt oui J en étais donc à ce stade où je me disais la même chose que le personnage de l éditeur dans le film raconter l histoire d un couple heureux c est assez horrible en fait Dans la vie on aime bien ça mais dans un roman ou un film c est vraiment un calvaire Je savais intuitivement que ce que le film devait raconter c est le comment d une crise de la quarantaine mais aussi les possibilités d un enthousiasme qui aiderait à surmonter cette crise L enjeu c était ça fabriquer de l enthousiasme Je trouvais que l idée que Xavier finisse avec une Américaine allait contre ça ça supposait encore un nouveau personnage et c était refaire une chose que j avais déjà faite dans les films précédents Je trouvais ça plus troublant plus imprévisible et donc plus enthousiasmant de le faire revenir avec Martine FIN DU SPOILER Que répondez vous aux attaques qui résument votre trilogie à une accumulation de clichés d éléments formatés CK Il y a un truc bizarre qui se passe en France et c est à peu près ce que Martine dit à l éditeur à la fin on a un problème avec le plaisir Personne n irait dire ça à un Spielberg ou à un Tarantino par exemple AT Le plaisir chez nous c est suspect CK Oui c est très troublant Je ne me pose jamais cette question quand je regarde un Indiana Jones Oui il y a dans mes scénarios des tas d éléments que l on peut identifier comme faits pour le public Je fais bel et bien des films pour le public Quand je fais des films à happy end à musique entraînante il y a un geste vers le public Mais je ne me dis jamais que je fais quelque chose de formaté Au contraire j en viens presque à me dire qu il n est pas évident d oser faire ça Quand j écris une scène où un personnage court retrouver un autre sur telle musique je me dis que vraiment je suis en pleine imagerie romantic comedy ou feel good movie je réfléchis quelques secondes et je me dis que oui j assume Oui c est ce dont j ai envie ce que j ai envie de donner au spectateur J ai vraiment mis du temps à accepter de faire ça Quand j ai fait L Auberge espagnole avec cette scène où toute la coloc doit empêcher le copain de Wendy de la surprendre au lit avec un autre j avais conscience d être en plein procédé de vaudeville de comédie à la Feydeau avec des tas d éléments qui s entremêlent l amant dans le placard etc J utilise donc ces mécanismes ces recettes qu on peut dire formatées mais j essaie d y amener de la modernité de l invention Bref je ne l aurais peut être pas fait il y a dix ans mais je le dis aujourd hui haut et fort je veux partager quelque chose avec le public Et je suis contre l idée très française qu il faut faire des films sans compromis et que si le public crache sur le film c est presque tant mieux J entends ce discours chez beaucoup de mes collègues et ce n est pas le mien Vos approches des villes que vous filmez sont intéressantes Paris qu on pense toujours comme avant tout minérale était très végétale dans les deux premiers volets Ici New York ville à priori aérienne est filmée de manière très terre à terre avec des tas de zones en travaux Ground Zero etc CK New York c est vrai que c est une ville de contrastes à tous les niveaux Très tôt j ai vu l idée qu on en a d une ville très organisée où les rues sont numérotées bien comme il faut Mais en fait quand on y va réellement on découvre que c est la ville la plus délirante au monde celle qui mélange les gens les plus différents etc C est pour moi une ville très humaine qui laisse beaucoup de place à la créativité la plus folle loin de l idée d un écrasement de l homme par les gratte ciels etc Bizarrement je dirais même qu elle est à échelle humaine Comment était ce d y travailler CK Ça n a évidemment pas été simple Pour le coup ça a été un vrai casse tête chinois et il a fallu composer avec énormément de contraintes AT Je crois en plus que tu as une méthode de travail qui fait que tu restes ouvert à ce que l instant peut t apporter que tu ne t interdis pas d être surpris que tu restes ouvert aux propositions Or la rigueur voire la rigidité des tournages new yorkais allait vraiment à l encontre de ça Là bas le réalisateur n a même pas le droit de s adresser aux figurants Ce n est que le second assistant qui doit le faire sans quoi les figurants changent de statut et doivent être payés dix fois plus En sachant qu une règle pareille existe imaginez les milliers d autres qui contraignent un tournage là bas CK L important c est que ça ne se voit pas à l arrivée Ces temps ci où j ai l occasion de discuter avec le public à l issue des avant premières je suis frappé par le contraste entre la légèreté avec laquelle il est reçu comme un film très

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  • [INTERVIEW] Yolande Moreau
    certains jouent depuis des décennies Je leur ai parlé du film et quand je leur ai dit qu il s agirait de jouer des personnages déficients mentaux ça a jeté un sacré froid Ils m ont répondu Nous quand on monte sur scène c est pour jouer on laisse nos problèmes aux vestiaires Je leur ai expliqué que j étais comédienne et que à moi on ne m aurait pas demandé de jouer dans La Vie d Adèle par exemple je n ai pas le physique pour rires Je leur expliquais qu on fait avec ce qu on est qu être comédien c est savoir être juste avec l autre au moment du clap et que ce talent là ils l avaient Ce qui a permis qu ils ne se sentent jamais lésés c est que tout était très écrit jusqu aux moindres détails d un scène de gros bazar comme celle du réfectoire où ils réclament tous Du cul Du cul Le film donne l impression que les personnages plutôt que d avoir été très écrits et construits au préalable de la recherche d acteurs sont indissociables de ceux ci Pippo Delbono et Candy Ming Je trouve que si l on se dit ça c est tant mieux Ça veut dire que les gens qui les incarnent sont très justes Pour moi c est ça être un bon comédien on ne vous voit pas faire on ne vous voit pas interpréter c est un mot que je n aime pas trop On vous voit incarner c est différent et je préfère Très vite d ailleurs les deux acteurs m ont rassurée sur ça sur leur capacité à me donner ça Miss Ming je l avais vue dans le film de Kervern et Delépine où elle n avait qu une petite apparition Louise Michel 2008 ndlr Comme on n avait pas de scène ensemble je ne l avais pas rencontrée sur le tournage Alors quand j ai découvert le film j ai demandé C est qui cette fille Elle avait une puissance intérieure elle savait tenir remplir les silences ce que tous les comédiens ne savent pas faire Elle est juste très instinctivement Il manque à vos personnages des clefs pour établir des rapports normaux avec les autres Comment travaille t on ces manques tout en se préservant du misérabilisme Ces fêlures elles sont toutes petites Presque tout le monde pourrait les avoir Henri surtout ne vit pas si mal il est intégré socialement Il a juste oublié à un moment donné qu on pouvait être plus vivant que ça Mais rien de tout ce que je montre dans mon film n est d une grande désespérance tout est toujours sur le fil Ce que je montre c est une petite désespérance grise Rosette elle vit mieux que lui quelque part Mais elle a une autre forme de souffrance la dureté de la vie en groupe le rêve d un foyer d être comme tout le monde Je crois que

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  • [ENTRETIEN] Katell Quilléveré (Suzanne)
    n en sont pas Ils sont d authentiques passants marseillais qui ne réalisent pas qu on tourne un film Il y a dans le film une grande influence de la photographie américaine notamment celle des coloristes des années 1970 comme Stephen Shore et William Egglestone Ce sont eux qui ont donné ses lettres de noblesse à la photographie couleur puisqu avant la vraie photo d art était en noir et blanc Ils ont eu une vraie esthétique documentaire près du quotidien parfois trivial des individus en s intéressant aux objets des gens tout en étant très exigeants artistiquement Le plan que vous mentionnez renvoie à cette logique esthétique qui intègre le social dans l image sans faire du tout un film social Cette frontière entre le documentaire et l esthétique me parle beaucoup Je crois qu on peut avoir deux démarches quand on fait un film synthétique et analytique soit on filme une synthèse du monde soit on part du principe inverse s ouvrir au monde pour lui faire parcourir un chemin vers soi Moi c est ce sens là le second que j aime Donc il y a des plans qui sont parfois des incursions quasi documentaires dans la fiction Je choisis dans la scène dont vous parlez d être en hauteur pour filmer cette rue de Marseille afin de capter quelque chose qui va m échapper de l ordre du réel brut Mais c est aussi très maîtrisé je donne aux acteurs des indications claires de déplacements Avec Un Poison violent j ai regretté d être trop dans la maîtrise presque trop scolaire Je trouve maintenant que plus on maîtrise plus on fait et plus on est capable de lâcher prise ce qui implique la possibilité de rajouter des éléments qu on n avait pas prévus La pluie se met à tomber Tant mieux Il faut l intégrer précisément parce qu on sait déjà ce qu on cherche Cette ouverture c est une force Vous choisissez une narration extrêmement elliptique qui amène une certaine sécheresse narrative Pourtant le film reste bouleversant Comment avez vous géré cette ambivalence entre sécheresse narrative et pathos Je suis très contente que vous disiez ça car c est exactement ce que j ai cherché à faire Pasolini disait que dans un film il fallait qu il y ait de la collision des contradictions Si tout converge c est du chloroforme Donc j ai cherché le contraste notamment entre le mode de récit qui en effet est sec et la chair des scènes qui elle est très humaine très pleine Je voulais de la radicalité et de la modernité dans mon film tout en gardant de l empathie et de l amour pour les personnages qui est pour moi la chose la plus importante au cinéma Concernant l émotion je me demandais sans cesse comment garder de la place pour que le spectateur puisse libérer ses émotions et que le film ne devienne pas trop pesant Pour me laisser de la marge pour orchestrer ça pendant le tournage j ai mis en place une méthode pour chaque scène forte je demandais aux acteurs de me proposer cinq solutions émotionnelles de jeu que je pourrais choisir au montage Le vrai moment de maturité dans un film c est le montage Il n y a qu à ce moment qu on comprend son film où est ce qu il est fort où est ce qu il est touchant J avais la chance d avoir des acteurs très bons des stradivarius qui m ont permis de doser et d être dans la nuance parce que voulais que le film soit extrêmement pudique Je viens d une famille où l on exprime peu ses émotions et ce que je cherche au cinéma reflète cette dualité là j ai tendance à retenir d une part et à rechercher l émotion d autre part L émotion résulte aussi d une absence de jugement psychologique de votre part qui nous laisse beaucoup de place pour nous questionner sur l héroïne Suzanne reste un personnage romanesque toujours en fuite dont les décisions nous échappent souvent Tout à fait Le cinéma n est pas l endroit de la moralité pas du tout La société oui Le cinéma a la possibilité de se placer ailleurs au delà du jugement dans l humanisme comme le font les films de Renoir Le cinéma est plutôt le refoulé de la société il nous permet d être dans la tête de chaque individu au lieu d être dans un rapport au collectif Le film humanise Suzanne personnage qui serait immédiatement jugé dans la société L abandon d enfant par une mère est un énorme tabou je raconte comment il est possible d aimer son enfant et de l abandonner A partir de là j ai creusé Parce que ce qui reste c est l amour fondamental celui qui l aide à survivre qu il soit procuré par telle ou telle personne Oui parce que le temps passe mais Suzanne malgré tout continue d aimer Dans le rôle du père François Damiens est éclatant On a peu l habitude de le voir aussi tendre affectueux enrichi et bel homme Je suis ravie que vous disiez ça car avant toute chose je trouve François très bel homme Et je voulais le montrer C est une personne qui a énormément de charme avec sa carrure à l américaine La cadette Maria Adèle Haenel est plus grande que son aînée Suzanne mais ce n est pas qu un détail physique Les corps nous disent quelque chose de leur relation C est sûr Un corps au cinéma raconte autant de chose qu un visage Quand j ai vu Adèle avec qui je voulais travailler depuis longtemps j avais bien sûr déjà retenu Sara pour le rôle titre Le choix d en faire des soeurs n allait pas forcément de soi mais je trouvais intéressant que la plus petite soit la plus grande Ça raconte dès le départ quelque chose de leur relation avec

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  • [INTERVIEW] Emmanuel Mouret et Virginie Ledoyen
    prêt à tout de Dolorès qui dit à l autre qu elle n est pas assez forte pour aimer et l amour gentleman d Aurore qui a en tête toutes les conséquences de son amour et ne peut s empêcher de les prendre en compte Virginie Ledoyen Petit à petit et d une manière perverse Dolorès devient la conscience de Jean et d Aurore elle finit par se poser en juge moral de leurs actes Elle est presque une narratrice au sein du film elle distribue les cartes et ça c est excitant à jouer Je pense que c est presque un personnage fou au sens pathologique parce qu il semble privé de toute culpabilité Le moment où elle dit à Jean qu elle est désolée est passionnant c est aussi vrai que c est faux c est aussi sincère que c est malhonnête Dolorès est à la fois sincère dans sa perversité et sincère dans l amour qu elle porte à Jean La musique devient presque un personnage du film tant elle porte le récit à sa manière E M A ce niveau là je me suis dit qu il fallait jouer à fond la carte du mélodrame ne pas être dans la demi mesure être franc dans l effet C est beaucoup de musique pour un film français il y a 50min mises en musique sur 95min On va dire que ça serait moyen pour un film américain L idée c était de considérer la musique comme une sorte de voix off sentimentale qui exprimerait ce que ne sauraient dire les mots Cette distance ou cette pudeur que j ai parfois au niveau de la mise en scène et c est aussi un choix de ne pas cadrer les larmes de près d épouser la retenue des personnages eux mêmes je voulais que la musique viennent la compenser sur le plan de l émotion Comment certains mélodrames ou maîtres du genre en particulier ont ils pu vous influencer pour ce film J aime beaucoup John M Stahl pour son économie de moyens d ailleurs il y a très peu de musique chez lui Et chez Douglas Sirk qui a d ailleurs remaké des films de Stahl Le Secret magnifique 1954 et Mirage de la Vie 1959 ndlr c est cette insolence des effets qui me plaît Il n en a jamais peur Aujourd hui néanmoins on est dans des moyens de production qui sont très loin de ceux dont bénéficiaient ces films là Ce qu on peut en tirer ce sont donc plutôt des éléments liés à la narration une manière de se positionner par rapport à ses personnages cette retenue dont je parlais J ai aussi pu m inspirer ce qu avaient fait Truffaut et son chef opérateur William Lubtchansky sur le film La Femme d à côté 1981 dont Une autre Vie reprend certaines idées narratives ou visuelles notamment l idée de personnages filmés de loin dans une situation très dramatique ndlr ou Woody Allen avec

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  • [INTERVIEW] Hicham Lasri
    parce qu il était dur à financer que parce que j étais miné par le doute en permanence Cette fois ci je voulais enchaîner vite parce que j ai réalisé qu un deuxième film c est encore plus compliqué à faire C est énormément de pression peur de décevoir ceux auxquels on a plu peur de stagner etc Je voulais me surprendre moi même Le plus important c était de bouger vite de jouer contre mes propres réflexes formalistes ceux de quelqu un qui va faire treize storyboards avant d aller tourner Je voulais aussi intégrer au projet la nouvelle écriture aujourd hui n importe qui peut tourner une vidéo et la balancer sur le net Automatiquement la personne devient de fait réalisateur J étais intéressé par ça par le côté aléatoire que ça peut avoir par le fait que ça capte des choses intéressantes et parfois non par la liberté qu on y trouve dans le filmage etc Je sais bien que ce n est pas très nouveau on me parlait ce matin du phénomène REC mais cette nouvelle façon de capturer les choses me fascine Ce côté à l arrache qui incorpore délibérément des défauts formels semble en fait très travaillé Il y a notamment cette séquence impressionnante où la caméra est volée à l un des personnages le fait qu elle soit secouée durant la course poursuite qui s ensuit n entrave jamais tout à fait la lisibilité de l action Comment avez vous travaillé ces moments là Dès le départ il était essentiel à mes yeux de préciser pour chaque moment du film qui filme et pourquoi et de chercher une manière de filmer telle scène qui permette de comprendre l espace je suis un grand fan de John McTiernan Cette question de l espace est essentielle si on est incapable de comprendre les enjeux d une scène dans l espace combien de mètres tel personnage doit parcourir pour atteindre ceci ou cela dans quelle pièce il se trouve par rapport à tel autre etc on est perdu et rien ne fonctionne Pour moi la base de l écriture c est donc vraiment le travail de l espace et la lisibilité C est d autant plus important ici que l histoire que je raconte n est pas simple et que j embarque le public dans un wild ride Je cherchais à chaque fois le gimmick qui permettrait que ça fonctionne quand on court on est dans des espaces un peu clos pour qu on ait des repères spatiaux qui permettent de saisir qu on est à l envers etc Certains de ces partis pris effrayaient un peu mon équipe même si c était moi qui tenais la caméra Hicham Lasri est bien crédité comme cadreur du film ndlr ce pouvait parfois être dangereux Une anecdote à ce propos quand on tournait ce passage où la caméra est volée et que l acteur me suivait en courant et en criant Au voleur des clients assis au café

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  • [INTERVIEW] Hélène Cattet & Bruno Forzani
    que le film serait un peu le pendant masculin d Amer D ailleurs on remarque que sur l affiche du film vos deux noms sont inversés BF Oui pour nous c est un peu un diptyque ce sont deux films complémentaires il y a un pendant féminin et un pendant masculin sur la même thématique c est un peu le ying et le yang A Hélène Cattet Tu ne trouves pas HC Tout à fait BF Et oui c est bien pour cela qu on a fait l inversion des noms et même si l on avait écrit L étrange Couleur en premier on s est rendu compte que c est aussi un film sur le désir sur les fantasmes et finalement ça complétait Amer Est ce ce côté masculin qui explique que vous soyez allés plus loin dans la violence On peut penser qu Amer est plus sensuel et si ici on retrouve le coté sensoriel L étrange Couleur est plus frontal par moments plus direct BF C est ça c est le côté Il montre Hélène Cattet Elle est bourrine comme pas possible rires Je pense qu il y a aussi la narration qui est différente Ici on part du whodunit et on le déconstruit c est davantage sujet à des séquences de meurtre alors qu Amer c est plus le portrait d une fille à trois moments de sa vie c était quelque chose de plus latent c était plus au niveau du sensoriel Et là c est la structure qui amène ce genre de scènes Vous soulignez vous mêmes le fait que vos films abordent la thématique du fantasme mais il y a beaucoup de contraires puisqu avec ce fantasme on trouve une forme de répulsion Il y a toujours l érotisme d un côté et la violence d un autre HC Oui ça justement on l a tiré du giallo BF Pour nous ce jeu sur l attirance et la répulsion est une manière de parler de l amour de fantasme de manière métaphorique onirique C est une manière forte destinée à immerger le spectateur Après dans la vie de tous les jours ce ne sont pas forcément des pulsions qu on associe mais dans le cadre de la fiction j ai l impression que pour le coté immersif c est intéressant Est ce que cela relevait de votre désir de faire de votre film une forme de réalité augmentée Je pense notamment aux plans rapprochés qui nous ouvrent le regard sur le moindre grain de peau de même que le rapport aux bruits BF Oui c est du sur réalisme c est ça Dans la manière de filmer les personnages d aborder toutes les textures le son c est très intime et c est quelque chose qui est très réaliste mais qui va au delà de la réalité Dans Amer la narration s organisait en grandes parties séparées par des ellipses Ici elle est plus complexe puisque tout est désordonné HC Oui on l

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  • [INTERVIEW] Alexandre Bustillo
    conscient que ça reste du cinéma On n a pas non plus de dilemme moral sur le fait de filmer une femme enceinte qui se fait éventrer en plan séquence Dans A l intérieur tout le scénario était construit sous la forme d un jusqu au boutisme assumé pour aboutir à cette scène finale d éventration du personnage d Alysson Paradis On cherche aussi la beauté dans l horreur et je pense que le plan final d A l intérieur en est un bel exemple ce que l on y voit à l écran est immonde mais on a choisi d y intégrer une esthétique et une vraie recherche picturale de manière à ce que le plan dégage une certaine poésie On veut que nos scènes gore aient avant tout un pouvoir narratif et ne soient pas limitées à du gore pour du gore Et sur ce terrain là il existe des films violents qui me posent un vrai problème parce qu ils me semblent faits uniquement pour choquer sans la moindre raison narrative notamment A Serbian Film qui ne fait qu enchaîner les scènes les plus immondes sans justification précise Le personnage joué par Francis Renaud est protecteur envers son fils tout comme l est celui d Alysson Paradis avec son enfant dans A l intérieur Est ce que le thème de la maternité constitue un sujet important pour toi et Julien et est ce que vous pensez continuer à l explorer dans vos futurs projets Pour te dire la vérité on a l impression d avoir fait le tour du sujet Mais c est clairement un thème qui nous touche sans doute aussi parce que nous sommes pères de deux enfants chacun Avoir un enfant c est un électrochoc dont on a du mal à se relever tu passes tout à coup de l insouciance à la prise de conscience ultime Nos films tournent effectivement autour de ça Par ailleurs en tant que parent je pense que la véritable horreur réside dans le fait de s attaquer à ce qui t est le plus cher à savoir tes enfants Aujourd hui il n y a plus que ça qui puisse me faire peur au cinéma Preuve en est que le film qui m a le plus terrifié récemment c est Prisoners qui développe une situation qui représente à mes yeux le cauchemar ultime Après je considère que notre cinéma n est absolument pas un cinéma sérieux A l intérieur n a jamais été conceptualisé pour choquer les gens ou paraître malsain on l a conçu au contraire comme un film de petit branleur à destination des fans de cinoche gore Et surtout a contrario d un film comme Prisoners qui est constamment ancré dans du pur réalisme on cherche à s en écarter au travers de codes plus fantasques comme les vampires de Livide ou le boogeyman d Aux yeux des vivants Je voulais revenir sur le choix du casting dans tes films qui semble refléter un désir

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  • [INTERVIEW] Pascal Laugier
    de vue de manière très ouverte en disant notamment que le décor de l hôpital des enfants représentait les alvéoles qui ramènent aux insectes et que tout fonctionne par duplicité jusqu à une fin où les doubles se rejoignent Et rien que là dessus ça en fait un film absolument fascinant Le Locataire Roman Polanski 1976 De la même manière peux tu nous indiquer pourquoi tu as choisi Le Locataire de Roman Polanski Voilà un film qui a un historique très compliqué et paradoxal D abord il faut que je précise que c est l un des films qui m a donné envie de faire du cinéma qui me hante toujours que je revois tous les deux ou trois ans que je redécouvre à chaque vision que je trouve toujours aussi génial C est surtout un film qui réussit tout ce qu il entreprend et qui avant tout invalide totalement le débat du cinéma de genre en France Polanski ne se pose jamais cette question quand il fait ce film en 1976 voilà un type qui n est pas français qui fait juste un film fantastique qui se passe à Paris avec Bernard Fresson la troupe du Splendid Shelley Winters Melvyn Douglas Eva Ionesco tout fonctionne à merveille et du coup pour ce qui est du genre la question est réglée L objectif est juste de faire un bon film pas de faire un bon film de genre Et c est le cas Après sur le contenu du film c est surtout un portrait de cette France giscardienne asphyxiée de ce Paris dégueulasse Et même un Paris intolérant car c est aussi clairement un film sur l exclusion Complètement C est un des plus beaux films sur ce que c est que d être un immigré qui débarque en France qui est toujours obligé de courber l échine d être obséquieux avec tout le monde pour espérer avoir un petit logement pourri d autant qu à Paris c est déjà un enfer pour se loger Ce film a gardé quelque chose de très moderne Et si ce film continue de me fasciner c est parce qu il essaie de mettre en commun des choses qui sont totalement contradictoires un film qui serait à la fois très drôle très flippant très émouvant très outré très grotesque C est d ailleurs ce qui faisait un peu la patte du Roman Polanski de l époque Je pense surtout à sa comédie barrée Quoi ou encore au Bal des vampires qui contenait une vraie substance parodique C est vrai mais Le bal des vampires était plus homogène C est vraiment une œuvre burlesque même si elle fait aussi parfois peur Le locataire est beaucoup plus fou dans son mélange des tonalités De toute façon cette espèce de syncrétisme au niveau des sensibilités d une œuvre de cinéma est ce qui m épate le plus chez Polanski parce que je n arrive toujours pas à savoir comment il arrive à obtenir ce genre d harmonie Pour moi Le locataire est son film le plus funambule on sent qu il risque tout sur ce film qu il peut à tout moment perdre l équilibre surtout quand il passe de la farce grotesque au pur mélodrame en passant par le portrait clinique d un schizophrène et la vision sociologique du Paris de l époque et au final tout est d une cohérence absolue Même en ce qui concerne l écriture on sent que Gérard Brach est au sommet de son art Franchement plus je vois le film moins je comprends comment Polanski arrive à faire ça On peut même y voir un film charnière dans sa filmographie puisque la suite sera marquée par des films plus populaires et policés comme Tess par exemple C est surtout le film du retour en France pour lui il se sauve en France après Chinatown et une affaire judiciaire qui lui a causé pas mal d emmerdes En gros c est Où je vais Je suis né à Paris je parle le français donc je vais à Paris Et il a fait ce film dans des conditions incroyables le film a été fait en huit mois tourné à fond la caisse avec beaucoup d argent en provenance de la Paramount alors même que Polanski avait refusé le film quelques années plus tôt après que Répulsion soit sorti en salles il trouvait le script trop similaire Au final la seule vraie tristesse que je ressens vis à vis du film provient du fait que Polanski a fini par le renier totalement Ce qui fait à mes yeux la force du film est exactement la raison pour laquelle Polanski ne s est toujours pas réconcilié avec le film Lorsque je suis arrivé à Paris j en avais discuté avec Roland Topor qui avait écrit le roman original et qui adorait le film et il m avait indiqué que ce rejet venait du fait que le film n avait pas marché en salles Du coup Polanski estimait avoir raté ce mélange d éléments contradictoires uniquement parce que le public de l époque n y avait pas adhéré Et ça j avoue ne pas comprendre On dirait que pour lui il fallait faire peur faire rire ou émouvoir mais surtout pas tout ça à la fois Ça c est le côté très antipathique de Polanski Je pense même que c est quelqu un de difficile à aimer Ces garçons qui venaient du Brésil Franklin J Schaffner 1978 Le troisième film de ta sélection est un film pour le moins rare et surprenant Il faut dire que j ai une immense passion pour Franklin J Schaffner Et encore aujourd hui je suis stupéfait de constater à quel point ce cinéaste est moins connu que ne le sont ses films Patton Papillon et La planète des singes sont des films que tout le monde a vus mais quand tu demandes à quelqu un de te donner le nom de leur réalisateur il est incapable de te répondre Pourtant Papillon est un film qui passait une fois par an sur FR3 quand j étais jeune tout le monde l a vu c est un film d enfance qui te marque lorsque tu le découvres En fait je me suis rendu compte que Schaffner était quelqu un de très discret et qui reste encore aujourd hui très oublié alors qu il a été multi nominé aux Oscars notamment avec Patton qui a tout raflé lors de sa sortie Aux Etats Unis il n existe que deux bouquins sur lui et qui en réalité ressemblent plus à des filmographies commentées On trouve très peu d infos sur Schaffner On sait juste que c est un militaire qu il a fait vingt ans dans la Navy qu il a beaucoup travaillé à la télévision qu il a fait pas mal de documentaires et qu il a fini par devenir réalisateur de quinze longs métrages allant du chef d œuvre au ratage La dernière partie de sa carrière est je trouve moins glorieuse que tout ce qui précède et Ces garçons qui venaient du Brésil est à mon sens son dernier grand film J ai d abord choisi ce film parce qu il est rare et qu on peut presque le voir comme un petit secret de cinéphile Je sais que beaucoup de monde ne l a pas vu et j avais donc très envie de le faire découvrir à d autres C est un film complètement outré et très curieux Il y a d ailleurs un point commun entre les trois films de cette Carte Blanche ce sont tous des films bizarres Ce sont clairement des films de systèmes très bien financés et remplis de stars et en même temps ils sont un peu dégénérés pour ne pas dire instables Quand on voit le film de Schaffner il est très facile de trouver le film complètement ridicule et pourtant il reste à la fois très sérieux et très grand guignolesque Je pense surtout au dernier acte du film qui est d une violence incroyable et qu il est impossible d oublier Mais le scénario est aussi une curiosité à part entière Pour la petite histoire il a été écrit par Ira Levin qui avait déjà scénarisé Rosemary s baby et The Stepford Wives qui est un grand auteur de science fiction et de fantastique et que l on pourrait rapprocher de Michael Crichton Or si je te raconte le sujet du film tu vas tout de suite penser que c est impossible de faire un film pareil avec Laurence Olivier Gregory Peck et James Mason En plus ces trois là sont tous en train de cabotiner comme des enfoirés et c est hyper jouissif Ils s amusent beaucoup à faire le film alors qu en même temps le film parle de thèmes qui te glacent le sang C est un film super bizarre qui n a d ailleurs pas marché à sa sortie et qui en tout cas ne pourrait plus exister aujourd hui En un sens je dirais qu il justifie la déviance fondamentale de nos cinéphilies respectives à savoir le fait que l on soit autant fan des grands classiques et qu à côté de ça on prenne autant de plaisir à voir des choses très bizarres des films foireux de très grands cinéastes des films merveilleux réalisés par des types qui ont disparu après avoir fait un seul chef d œuvre etc On aime aussi le cinéma pour ces marges Sauf qu à l époque et c est ça qui était formidable tu ne passais pas pour un marginal quand tu faisais ce genre de film Il y a aussi un autre point commun entre ces films outre le fait qu il y a un an d écart entre eux ils intègrent tous une période précise du cinéma à savoir les années 70 Quel est ton regard sur cette période C est une période que j adore évidemment parce que c est celle de mon enfance Une époque déterminante qui m a défini en tant que cinéphile et en tant que personne En fait durant cette période c était un peu la balance entre les films dans lesquels je grandissais et le cinéma classique qui passait à la télé du genre Charlie Chaplin John Ford ou James Whale Ma cinéphilie c est ça un va et vient constant entre ces deux espaces Après étant né en 1971 je n ai pas tout de suite eu accès à certains films Par exemple je n ai pas vu Taxi Driver à sa sortie je l ai découvert lors d une ressortie quelques années plus tard Et quand je suis tombé un jour sur une photo de Gregory Peck avec un doberman couvert de sang je savais que j allais devoir attendre longtemps avant de pouvoir visionner le film de Schaffner J ai découvert ce film très tard je l ai attendu pendant longtemps en fantasmant comme un malade sur ce que ça pouvait être C est aussi là que je me rends compte à quel point l absence d Internet était autrefois un sacré avantage Sur la frustration de ne pas pouvoir voir un film tu te construisais des madeleines de Proust qui te nourrissaient profondément Alors qu aujourd hui tout cela est rendu impossible par toutes les infos et les photos qui pullulent sur le Web Tu as l impression d avoir vu le film sans même l avoir vu Et du coup quand tu as découvert le film quelle a été ta réaction Satisfaction vis à vis du fantasme que tu t étais défini ou déception en raison d attentes qui n ont pas été validées J étais très satisfait Mais à la réflexion je pense que c est un film qui ne te déçoit pas quand tu le vois justement qu il est très étrange très tordu avec un côté très sérial Du coup tu peux avoir un ressenti très particulier qui transcende ce que tu pouvais en attendre à la base Ton adolescence a été marquée en grande partie par une culture de cinéma dit de genre et après l échec en salles de Saint Ange tu déclarais avoir découvert les films de nombreux cinéastes notamment Maurice Pialat et Agnès Varda que tu avais d ailleurs cité dans ton texte de présentation de ta Carte Blanche Je dirais plutôt que ce sont des cinéastes que j avais laissés de côté en grande partie parce qu ils représentaient le cinéma de mes parents C est une culture avec laquelle je me suis effectivement réconcilié mais à quinze ans j appartenais à une génération qui s intéressait à autre chose C était très difficile ou très douteux à cet âge d épouser les goûts culturels de tes parents sans rechigner Aujourd hui ça semble normal de voir un enfant et ses parents aller voir ensemble les Rolling Stones au Parc des Princes alors que pour moi c est juste hallucinant J ai du mal à imaginer ça Concrètement j ai aimé ce cinéma déviant parce qu il était contre culturel parce qu il était contre cette espèce de culture épouvantablement académique de l époque Il m a fallu attendre un moment avant de me rendre compte qu il y avait quand même des choses magnifiques là dedans Des types comme Sautet et Pialat sont des cinéastes que j arrive mieux à comprendre aujourd hui Le cinéma qu ils ont fait est un cinéma qui me passionne songeur Si tu veux on peut dire que je suis un geek contrarié Aujourd hui je me méfie de la mono maniaquerie d un certain nombre de nos amis geeks qui s enferment systématiquement dans les mêmes postures qui ont tendance à toujours préférer les mauvais films aux bons films etc Quand on est geek je pense qu il faut toujours tenter de se soigner d élargir sa bulle d avoir conscience qu il y a autre chose tout autour En observant les trois films de ta sélection j ai pu constater un lien intrinsèque avec les trois films que tu as réalisés à savoir qu il est assez difficile de les qualifier comme films de genre A mes yeux ils en ont l apparence mais à un moment donné ils dévient de cette trajectoire pour devenir autres Qu en penses tu Je ne saurais pas te dire si c est lié à ma cinéphilie Il y a plein de choses que j adore voir en tant que cinéphile mais que je serais incapable de voir en tant que cinéaste Très récemment je parlais avec quelqu un des films de Julien Maury et Alexandre Bustillo c est vraiment aux antipodes de ce que je fais et en même temps je suis super client de ce qu ils proposent dans Livide par exemple C est un film qui m émeut qui brinquebale de tous les côtés et j adore ça Mais je me sens incapable de faire un film comme ça Mais quand tu regardes les films que tu as réalisés est ce que tu vois un fil directeur sur la mise en scène ou les thématiques ou s agit il plus d expériences qui découlent de ta sensibilité de cinéphile et de cinéaste au moment où tu les réalises Je ne saurais pas te dire Pour l instant j écris mes scénarios tout seul à défaut d avoir trouvé un coauteur ce qui est très difficile parce que je ne me sens pas du tout scénariste Je fais des efforts mais je suis plutôt sans cesse sur des chantiers en gros j essaie de réparer des trucs que je trouve insuffisants dans mes films précédents Après quant à savoir comment les idées viennent je n en sais rien Des fois j ai une idée qui vient subitement elle ne me lâche plus et elle mûrit peu à peu Par exemple en ce moment je travaille sur une nouvelle idée de scénario depuis déjà quatorze mois Ce que j essaie en tout cas c est de faire en sorte que mes films n aient pas les mêmes défauts Pour moi ils en ont tous ils sont bourrés de défauts mais je vise à peaufiner toujours plus jusqu à aboutir à quelque chose d imparable Et surtout j essaie de me détacher du genre A vrai dire je suis très ambivalent aujourd hui par rapport à cette notion de niche ou de chapelle d un côté je me sens tout à fait proche de cette communauté de cinéphiles qui d ailleurs nous réunit encore aujourd hui aux Hallucinations Collectives et en même temps l esprit de chapelle a tendance à m asphyxier Je pense d ailleurs que nous les fans de genre si ce mot a encore un sens nous nous réduisons nous mêmes à notre propre caricature et en fin de compte nous donnons beaucoup le bâton pour se faire battre justement par nos ennemis intellectuels qui nous prennent de haut depuis si longtemps Tu vois les mecs des Inrocks tous ces gens là Ce sont toujours mes ennemis Plus je les rencontre plus je dialogue avec eux plus je continue à me persuader que l on ne se comprendra jamais En même temps ton cinéma arrive à créer des passerelles qui échappent à cette crainte d un cinéma uniquement fait pour une niche de geeks Tant mieux si tu le vois comme ça mais en ce qui me concerne je ne pense pas y être arrivé c est même le moins qu on puisse dire Mais en même temps si tu commences à penser à ça en faisant des films tu es mort Il y a avant tout la nécessité de raconter quelque chose qui t es cher qui te touche Après tu sais pour le reste je n ai fait que trois films je ne pense pas qu il faille commencer à analyser à chercher la cohérence de mes thèmes etc Cela dit ça me fait tout de même très plaisir

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